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24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 12:02

Notes sur le Lévitique – Chapitres 18 à 20


 

Livre du Lévitique – chapitres 18, 19 et 20

Notes sur le Lévitique – chapitres 18 à 20

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh


 

Chapitre 18 à 20

Cette portion du Lévitique nous montre, d’une manière fort remarquable, ce que l’Éternel attendait, en fait de sainteté personnelle et de pureté morale, de la part de ceux qu’il avait bien voulu mettre en rapport avec lui-même ; et en même temps, ces chapitres offrent un tableau des plus humiliantes des énormités dont la nature humaine est capable.

 

« L’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu ». Nous avons ici la base de tout l’édifice de conduite morale que présentent ces chapitres. Les œuvres des Israélites devaient se régler sur le fait que l’Éternel était leur Dieu. Ils étaient appelés à se comporter d’une manière digne d’une si haute et si sainte position. Dieu avait le droit de prescrire le caractère spécial et la ligne de conduite qui convenait à un peuple auquel il avait daigné associer son Nom. De là la répétition de ces expressions : « Je suis l’Éternel ». « Je suis l’Éternel, votre Dieu ». « Moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint ». L’Éternel était leur Dieu, et il était saint, par conséquent ils étaient aussi appelés à être saints. Son nom était impliqué dans leur caractère et dans leur conduite.

 

C’est là le vrai principe de la sainteté pour les enfants de Dieu, dans tous les temps. Ils doivent être gouvernés et caractérisés par la révélation qu’il a faite de lui-même. Leur conduite doit dépendre de ce qu’il est, et non de ce qu’ils sont par eux-mêmes. Cela laisse entièrement de côté le principe exprimé par ces paroles : « Retire-toi, je suis plus saint que toi » ; principe si justement répudié par toute âme délicate. Ce n’est pas la comparaison d’un homme avec un autre, mais un simple exposé de la ligne de conduite que Dieu attend de ceux qui lui appartiennent. « Vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays d’Égypte où vous avez habité, et vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous fais entrer, et vous ne marcherez pas selon leurs coutumes ». Les Égyptiens et les Cananéens étaient plongés dans le mal. Comment Israël devait-il le savoir ? Qui le leur dit ? Et comment pouvaient-ils avoir raison, et tous les autres tort ? Ce sont là des questions intéressantes ; et la réponse est aussi simple que les questions sont importantes. La parole de l’Éternel était la règle par laquelle toutes les questions de bien et de mal devaient être définitivement résolues au jugement de tout membre de l’Israël de Dieu. Ce n’était nullement le jugement d’un Israélite, mis en opposition avec le jugement d’un Égyptien ou d’un Cananéen ; mais c’était le jugement de Dieu avant tout. L’Égypte et Canaan pouvaient avoir leurs pratiques et leurs opinions, mais Israël devait avoir les opinions et les pratiques prescrites dans la parole de Dieu. « Vous pratiquerez mes ordonnances, et vous garderez mes statuts pour y marcher. Moi je suis l’Éternel, votre Dieu. Et vous garderez mes statuts et mes ordonnances, par lesquels, s’il les pratique, un homme vivra. Moi, je suis l’Éternel ».

 

Il est à désirer que mon lecteur ait une intelligence claire, profonde, pleine et pratique de cette vérité. C’est à la parole de Dieu à décider toute question morale et à gouverner chaque conscience. Ses décisions solennelles doivent être sans appel. Quand Dieu parle, tous les cœurs doivent plier. Les hommes peuvent former et soutenir leurs opinions ; ils peuvent adopter et défendre leurs pratiques ; mais l’un des plus beaux traits du caractère de « l’Israël de Dieu », c’est un profond respect et une soumission implicite pour « toute parole qui sort de la bouche du Seigneur ». La manifestation de ce trait précieux les exposera peut-être à être accusés de dogmatisme, de présomption, de suffisance, de la part de ceux qui n’ont jamais sérieusement pesé ce sujet ; mais, en vérité, rien ne ressemble moins au dogmatisme que la simple sujétion à la claire vérité de Dieu ; rien ne ressemble moins à la présomption que le respect pour les enseignements de la Parole ; rien ne ressemble moins à la suffisance que la soumission à l’autorité divine des Saintes Écritures.

Il est vrai qu’il y aura toujours besoin de précautions quant à la manière et au ton dont nous rendons raison de nos convictions et de notre conduite. Il faut qu’il soit, autant que possible, évident que nous sommes entièrement dirigés, non par nos propres opinions, mais par la parole de Dieu. Il y a un grand danger à attacher de l’importance à une opinion, uniquement parce que nous l’avons adoptée. Il faut prendre bien garde à cela. Le moi peut se glisser et déployer sa laideur dans la défense de nos opinions, aussi bien que dans toute autre chose ; mais nous devons le rejeter sous toutes ses formes et, en toutes choses, être gouvernés par : « Ainsi a dit l’Éternel ».

 

D’un autre côté, nous ne devons pas nous attendre à ce que chacun soit prêt à admettre toute l’autorité des statuts et jugements divins. C’est en proportion que l’on marche dans l’intégrité et dans l’énergie de la nature divine, que la parole de Dieu sera reconnue, appréciée et révérée. Un Égyptien ou un Cananéen aurait été tout à fait incapable de comprendre le sens ou d’apprécier la valeur des statuts et des ordonnances qui devaient diriger la conduite du peuple circoncis de Dieu, mais cela n’affectait en rien la question de l’obéissance d’Israël. Ils avaient été amenés dans de certaines relations avec l’Éternel, et ces relations avaient leurs privilèges et leurs responsabilités respectifs. « Je suis l’Éternel votre Dieu ». Ce devait être là la base de leur conduite. Ils devaient marcher d’une manière digne de Celui qui était devenu leur Dieu et qui les avait faits son peuple Ce n’est pas qu’ils fussent en rien meilleurs que les autres peuples. Nullement. Les Égyptiens et les Cananéens auraient pu croire que les Israélites se posaient comme leur étant supérieurs, en refusant d’adopter les coutumes de l’une ou de l’autre nation. Mais non ; la raison de leur ligne de conduite et le principe de leur moralité particulière étaient posés par ces mots : « Je suis l’Éternel votre Dieu ».

 

Dans ce grand fait, d’une importance si pratique, l’Éternel plaçait devant son peuple une base de conduite qui était inébranlable, et une règle de moralité qui était aussi élevée et aussi durable que le trône éternel lui-même. Du moment qu’il entrait en relations avec son peuple, il fallait que leurs mœurs revêtissent un caractère et un ton dignes de lui. Il ne s’agissait plus de ce qu’ils étaient, soit en eux-mêmes, soit relativement à d’autres, mais de ce que Dieu était en comparaison de tous. Cela fait une différence essentielle. Faire du moi le principe d’action ou la règle de la morale, c’est non seulement une présomptueuse folie, mais le sûr moyen de faire descendre un homme sur l’échelle morale. Si j’ai le moi pour objet, je descendrai, nécessairement, chaque jour de plus bas en plus bas ; mais, d’un autre côté, si je place le Seigneur devant moi, je m’élèverai de plus en plus haut, à mesure que, par la puissance du Saint Esprit, je croîtrai en conformité avec ce modèle parfait qui se montre aux yeux de la foi dans les pages sacrées. Je devrai, sans doute, me prosterner dans la poussière, en sentant à quelle immense distance je suis encore du modèle qui m’est proposé ; mais cependant je ne saurais jamais consentir à accepter une règle moins élevée, et je ne serai jamais satisfait jusqu’à ce que je sois rendu conforme, en toutes choses, à Celui qui a été mon Substitut sur la croix, et qui est mon Modèle dans la gloire. (lien : les vraies valeurs)

 

Tel est le grand principe de la section qui nous occupe, — principe d’une importance ineffable pour les chrétiens, au point de vue pratique. Il est inutile d’entrer dans un exposé détaillé de statuts qui s’expliquent eux-mêmes dans les termes les plus clairs. Je ferai seulement remarquer que ces statuts se rangent sous deux classes distinctes : ceux qui montrent jusqu’à quelles honteuses énormités le cœur humain peut se laisser aller, et ceux qui témoignent de l’exquise tendresse et des soins prévenants du Dieu d’Israël.

 

Quant aux premiers, il est évident que l’Esprit de Dieu n’aurait jamais donné des lois dans le but de prévenir des crimes qui n’existent pas. Il ne construit pas une digue là où il n’y a pas d’inondation à craindre ou à combattre. Il n’a pas affaire avec des idées abstraites, mais avec de positives réalités. L’homme est, en effet, capable de commettre chacun des crimes honteux mentionnés dans cette partie fidèle du Livre du Lévitique. S’il ne l’était pas, pourquoi lui serait-il dit de s’en garder ? Un code semblable ne conviendrait nullement aux anges, puisqu’ils sont incapables de commettre de tels péchés, mais il convient à l’homme parce qu’il a, dans sa nature, le germe de ces péchés. C’est profondément humiliant. C’est une nouvelle déclaration de cette vérité, que l’homme est dans une complète ruine. Du sommet de sa tête, à la plante de ses pieds, il n’y a pas même une seule petite place moralement saine, lorsqu’on le considère à la lumière de la présence divine. L’être pour lequel l’Éternel a jugé nécessaire de faire écrire les chapitres 18-28 du Lévitique, doit être un abominable pécheur ; mais cet être c’est l’homme — celui qui écrit et celui qui lit ces lignes. Comme il est donc évident que « ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu ! » (Rom. 8). Grâces à Dieu, le croyant n’est « pas dans la chair, mais dans l’Esprit ». Il a été complètement sorti de son état dans la vieille création, et introduit dans la nouvelle création, où les péchés moraux, dont il est parlé dans nos chapitres, ne sauraient exister. Il a toujours, il est vrai, la vieille nature, mais il a l’heureux privilège de la compter comme une chose morte et de marcher dans la puissance constante de la nouvelle création, où « toutes choses sont de Dieu ». C’est ici la liberté chrétienne — liberté de marcher en tous sens dans cette belle création, où aucune trace de mal ne saurait se trouver ; liberté sacrée de marcher en sainteté et en pureté devant Dieu et les hommes ; liberté de fouler ces sentiers élevés de la sainteté personnelle, sur lesquels les rayons de la face divine versent leur brillant éclat. Voilà, lecteur, ce qu’est la liberté chrétienne. C’est la liberté, non pas de commettre le péché, mais de goûter les douceurs célestes d’une vie de véritable sainteté et d’élévation morale. Puissions-nous apprécier, mieux que nous ne l’avons jamais fait, cette précieuse grâce du ciel — la liberté chrétienne !

Un mot, maintenant, sur la seconde classe de statuts contenus dans notre section, savoir ceux qui témoignent, d’une manière si touchante, de la tendresse et de la sollicitude de Dieu. Prenez les suivants : « Et quand vous ferez la moisson de votre terre, tu n’achèveras pas de moissonner les coins de ton champ et tu ne glaneras pas la glanure de ta moisson. Et tu ne grappilleras pas ta vigne, ni ne recueilleras les grains tombés de ta vigne ; tu les laisseras pour le pauvre et pour l’étranger. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (chap. 19 : 9, 10). Nous retrouverons cette ordonnance au chapitre 23 ; mais là, nous la verrons sous son point de vue dispensationnel. Ici, nous la contemplons au moral, manifestant la grâce précieuse du Dieu d’Israël. Il pensait au « pauvre et à l’étranger », et il voulait que son peuple y pensât également. Quand les gerbes dorées étaient récoltées et les grappes mûres recueillies, l’Israël de Dieu devait se souvenir « du pauvre et de l’étranger » parce que l’Éternel était le Dieu d’Israël. Le moissonneur et le vendangeur ne devaient pas être dominés par un esprit d’avare cupidité, qui aurait dépouillé les coins du champ et les sarments de la vigne, mais plutôt par un esprit de large et sincère bienfaisance, qui laissait une gerbe et des grappes « pour le pauvre et pour l’étranger », afin qu’eux aussi pussent se réjouir de la bonté sans bornes de Celui dont les sentiers distillent la graisse, et sur la main ouverte duquel tous les pauvres peuvent regarder avec confiance.

 

Nous trouvons, dans le livre de Ruth (commentaires), un bel exemple d’un homme qui pratiquait à la lettre cette clémente ordonnance. « Et, au temps du repas, Boaz lui dit (à Ruth) : Approche-toi ici, et mange du pain, et trempe ton morceau dans le vinaigre. Et elle s’assit à côté des moissonneurs, et il lui tendit du grain rôti ; et elle mangea, et fut rassasiée, et en laissa de reste. Et elle se leva pour glaner ; et Boaz commanda à ses jeunes hommes, disant : Qu’elle glane même entre les gerbes, et ne lui en faites pas de reproche ; et vous tirerez aussi pour elle quelques épis des poignées, et vous les laisserez ; et elle les glanera, et vous ne l’en reprendrez pas » (Ruth 2:14-16). Quelle grâce touchante ! Il est bon, pour nos pauvres cœurs égoïstes, d’être mis en contact avec de tels principes et de telles pratiques. C’était bien le désir de ce noble Israélite, que « l’étrangère » trouvât abondance de grain, et cela, plutôt comme le fruit de son travail en glanant que comme résultat de sa bienfaisance à lui. C’était vraiment de la délicatesse. C’était la mettre en rapport immédiat avec le Dieu d’Israël, et la faire dépendre de Celui qui avait pourvu aux besoins du « glaneur ». Boaz accomplissait cette loi de miséricorde, dont Ruth recueillait les avantages. La même grâce qui avait donné le champ à Boaz, donnait les glanures à la jeune étrangère. Ils étaient, l’un et l’autre, les débiteurs de la grâce. Elle était l’heureux objet de la bonté de l’Éternel. Il était le très honoré administrateur de la belle institution de l’Éternel. Tout était dans l’ordre moral le plus admirable. La créature était bénie et Dieu était glorifié. Qui ne reconnaîtra qu’il est bon pour nous de pouvoir respirer une semblable atmosphère ?

 

Voyons, maintenant, une autre des lois de notre section : « Tu n’opprimeras pas ton prochain, et tu ne le pilleras pas. Le salaire de ton homme à gages ne passera pas la nuit chez toi jusqu’au matin » (chap. 19:13). Quelle tendre sollicitude nous trouvons ici ! Le Seigneur Tout-Puissant qui habite l’Éternité peut prendre connaissance des pensées et des sentiments qui s’élèvent dans le cœur d’un pauvre ouvrier. Il tient compte des espérances d’un tel homme à l’égard du fruit de sa journée de travail. Il est naturel qu’il attende son salaire. Le cœur de l’ouvrier y compte ; le repas de la famille en dépend ! Oh ! qu’on ne le lui retienne pas ! Ne renvoyez pas l’ouvrier chez lui le cœur oppressé, pour assombrir aussi le cœur de sa femme et de ses enfants. En tous cas, donnez-lui donc ce pour quoi il a travaillé, ce à quoi il a droit, et à quoi son cœur tient. Il est mari, il est père, et il a supporté le faix et la chaleur du jour pour que sa femme et ses enfants n’aillent pas se coucher à jeun. Ne le désappointez pas. Donnez-lui ce qui lui est dû. C’est ainsi que notre Dieu fait attention même aux battements du cœur du travailleur, et pourvoit à ce que son attente ne soit point trompée. Quelle grâce ! quel amour tendre, attentif et touchant ! La seule contemplation de telles lois suffit pour nous pousser à la bienveillance. Quelqu’un pourrait-il lire ces passages et ne pas être touché ? Quelqu’un pourrait-il les lire et renvoyer légèrement un pauvre ouvrier, sans savoir si lui et sa famille ont de quoi satisfaire leur faim ?

 

Rien ne saurait être plus pénible à un cœur tendre, que le manque de considération affectueuse envers les pauvres, qui se rencontre si souvent chez les riches. Ces derniers peuvent s’asseoir, pour prendre leurs somptueux repas, après avoir repoussé de leur porte quelque pauvre laborieux qui était venu demander le juste paiement de son honnête travail. Ils ne pensent pas au cœur blessé que cet homme remporte dans sa famille, pour raconter aux siens son mécompte et le leur. Oh ! c’est terrible. Une telle manière de faire est abominable aux yeux de Dieu et de tous ceux qui se sont, en quelque mesure, abreuvés de sa grâce. Si nous voulons savoir ce que Dieu en pense, nous n’avons qu’à prêter l’oreille à ces accents de sainte indignation : « Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs et duquel ils ont été frustrés par vous, crie, et les cris de ceux qui ont moissonné sont parvenus aux oreilles du Seigneur Sabaoth » (Jacq. 5:4). « Le Seigneur Sabaoth » entend le cri de l’ouvrier affligé et déçu dans son attente. Son tendre amour se manifeste dans les institutions de son gouvernement moral, et lors même que le cœur ne serait pas fondu par la grâce de ces institutions, leur justice devrait, au moins, diriger la conduite. Dieu ne veut pas souffrir que les droits des pauvres soient cruellement jetés de côté par ceux qui sont endurcis par l’influence des richesses, au point d’être insensibles aux appels de la compassion, étant eux-mêmes tellement au-dessus du besoin, qu’ils sont incapables de sympathiser avec ceux qui doivent passer leurs jours au milieu de travaux fatigants et dans la pauvreté. Les pauvres sont l’objet spécial de la sollicitude de Dieu. Il s’occupe d’eux maintes et maintes fois, dans les statuts de son administration morale, et voici ce qui est dit expressément de Celui qui prendra, avant qu’il soit longtemps, les rênes du gouvernement dans sa gloire manifestée : « Il délivrera le pauvre qui crie à lui, et l’affligé qui n’a pas de secours. Il aura compassion du misérable et du pauvre, et il sauvera les âmes des pauvres, Il rachètera leur âme de l’oppression et de la violence, et leur sang sera précieux à ses yeux » (Ps. 72:12-14).


Puissions-nous retirer quelque profit de la considération de ces vérités précieuses et profondément pratiques ! Puissent nos cœurs en être touchés et notre conduite influencée ! Nous vivons dans un monde sans cœur, et il y a en nous beaucoup d’égoïsme. Nous ne sommes pas assez sensibles aux besoins des autres. Nous sommes enclins à négliger les pauvres au milieu de notre abondance. Nous oublions souvent que ceux-là mêmes dont le travail contribue à notre bien-être vivent, peut-être, dans la plus grande pauvreté. Pensons à ces choses. Prenons garde « de broyer la face des pauvres » (Ésa. 3:15). Si les lois et les ordonnances de l’économie mosaïque enseignaient aux Juifs à nourrir des sentiments affectueux envers les pauvres, et à traiter les fils du travail avec affection et bienveillance, combien plus la morale, bien plus élevée et plus spirituelle, de la dispensation évangélique devrait-elle produire, dans le cœur et dans la vie de chaque chrétien, des sentiments de large bienfaisance envers l’indigence sous toutes ses formes.

 

Il est vrai qu’il faut beaucoup de prudence et de précaution, de peur que nous ne fassions sortir un homme de la position honorable qui lui fut assignée et qui lui convient — position de dépendance du fruit précieux et positif d’un honnête travail. Ce serait un tort grave, au lieu d’un bienfait. L’exemple de Boaz devrait nous servir à cet égard. Il permit à Ruth de glaner, mais il prit soin que son travail lui fût profitable. C’est là un principe très utile et très simple. Dieu veut que l’homme travaille, d’une manière ou d’une autre, et nous allons contre sa volonté lorsque nous faisons sortir un de nos semblables de la dépendance des résultats de son travail, pour le mettre dans celle des résultats d’une fausse bienveillance. La première est aussi honorable et élevée que la seconde est démoralisante et méprisable. Il n’y a pas de pain aussi doux que celui qui est noblement gagné ; mais il faudrait que ceux qui gagnent leur pain en eussent suffisamment. Un homme nourrit et soigne ses chevaux ; à combien plus forte raison devra-t-il faire de même pour son semblable, qui travaille pour lui depuis le lundi matin jusqu’au samedi soir !


Mais, dira quelqu’un : « Il y a deux côtés à cette question ». Sans doute, et il est vrai qu’on rencontre, parmi les pauvres, beaucoup de choses qui tendent à endurcir le cœur et à fermer la main ; mais une chose est certaine — c’est qu’il vaut mieux être trompé quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, que de refuser sa compassion à un seul malheureux qui en serait digne. Notre Père céleste fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. Les mêmes rayons, qui réjouissent le cœur de quelque serviteur dévoué de Christ, sont versés aussi sur le sentier de quelque impie pécheur ; et la même ondée, qui tombe sur le champ d’un vrai croyant, enrichit aussi les sillons de quelque infidèle blasphémateur. Voici quel doit être notre modèle : « Vous, soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matt. 5:48). Ce n’est qu’en plaçant le Seigneur devant nous, et en marchant dans la force de sa grâce, que nous pouvons cheminer, de jour en jour, et rencontrer, avec un cœur compatissant et une main ouverte, toutes les formes de la misère humaine. Ce n’est que quand nous nous abreuvons nous-mêmes à la fontaine inépuisable de l’amour et de la bonté divine, que nous pouvons continuer à soulager les besoins de nos semblables, sans nous laisser rebuter par les fréquentes manifestations de la dépravation humaine. Nos pauvres petites sources seraient bientôt taries, si elles n’étaient maintenues, en rapport non interrompu, avec la source toujours jaillissante.

 

Le statut, qui se présente ensuite à notre examen, témoigne encore, d’une manière touchante, de la tendre sollicitude du Dieu d’Israël. « Tu ne maudiras pas le sourd, et tu ne mettras pas d’achoppement devant l’aveugle ; mais tu craindras ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel » (vers. 14). Une barrière est élevée ici, pour arrêter les flots d’impatience qu’une nature indisciplinée ne manquerait pas d’éprouver pour l’infirmité de la surdité. Comme nous pouvons bien comprendre cela ! L’homme naturel n’aime pas à être appelé à répéter ses paroles, comme le demande l’infirmité du sourd. L’Éternel avait pensé à cela et y avait pourvu. Et par quel moyen ? « Tu craindras ton Dieu ». Quand ta patience sera mise à l’épreuve par une personne sourde, souviens-toi du Seigneur, et regarde à lui pour avoir la grâce de pouvoir surmonter ton tempérament.


La seconde partie de ce verset révèle un humiliant degré de méchanceté dans la nature humaine. Mettre une pierre d’achoppement sur le chemin de l’aveugle est presque la cruauté la plus lâche qu’on puisse imaginer, et pourtant l’homme en est capable ; sans cela il ne serait pas exhorté de cette sorte. Sans doute que ceci, de même que beaucoup d’autres statuts, est susceptible d’une application spirituelle, mais cela n’ôte rien au sens littéral du principe exposé. L’homme est capable de mettre une pierre d’achoppement devant un de ses semblables, affligé de cécité. Tel est l’homme ! Assurément, le Seigneur savait ce qui était en l’homme, quand il écrivit les statuts et les jugements du Livre du Lévitique.


Je laisserai mon lecteur méditer seul sur la fin de notre section. Il verra que chaque ordonnance enseigne une double leçon — leçon sur les mauvaises tendances de notre nature, et aussi leçon sur la tendre sollicitude de l’Éternel (*).

 

(*) Les versets 16 et 17 demandent une attention spéciale : « Tu n’iras point çà et là médisant parmi ton peuple ». C’est une recommandation qui convient aux enfants de Dieu de tous les temps. Un médisant fait un mal incalculable. On a dit, avec raison, qu’il fait tort à trois personnes — à lui-même, à celui qui écoute et à celui dont il dit du mal. C’est ce qu’il fait d’une manière directe ; et, quant aux conséquences indirectes, qui pourra les énumérer ? Gardons-nous soigneusement de cet affreux péché. Ne laissons jamais une médisance s’échapper de nos lèvres, et ne nous arrêtons jamais pour écouter un médisant. Puissions-nous toujours savoir repousser avec un visage sévère la langue qui médit en secret, comme le vent du nord enfante les averses (Prov. 25:23).

Au verset 17, nous voyons ce qui doit prendre la place de la médisance : « Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain et tu ne porteras pas de péché à cause de lui ». Au lieu de dire du mal de mon prochain à un autre, je suis appelé à aller à lui directement et à le reprendre, s’il y a lieu. C’est la méthode divine. La méthode de Satan est d’aller médisant.

 

Lectures et méditations proposées :

Le SUBSTITUT — Psaumes 5122 - 32 (H. Rossier — Courtes méditations — n°37)

LA POSITION, LA MARCHE ET LA FOI (André GIBERT)

Qu’est-ce que le monde et comment un chrétien doit-il y vivre ? (J.N. Darby)

Vivre à Contre courant. Comment rester pur dans le monde d’aujourd’hui ?

LA GRÂCE (André Gibert)

Les Riches dans l’évangile de Luc (Vogelsang Michael)

Quelques pensées sur Luc 16:19-31

Deux instruments dans la main de l’Éternel : La veuve de Sarepta et la Sunamite 1 Rois 17:9-24 et 2 Rois 4:8-37 (Philippe Laügt)

LA CRAINTE DE DIEU (Henri Rossier)

ENCOURAGEMENT À LA CRAINTE DE DIEU (Paul Fuzier)

La joie de craindre Dieu

- La crainte de l’Éternel sera votre trésor. Ésaïe 33:6

- Bienheureux l’homme qui craint l’Éternel. Psaume 112:1

- La crainte de l’Éternel est une fontaine de vie. Proverbes 14:27


 

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Published by lesalutparlafoi - dans Notes sur le Lévitique
6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 19:58

Notes sur le Lévitique – Chapitre 17


 

Livre du Lévitique – chapitre 17

Notes sur le Lévitique – chapitre 17

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh


 

Chapitre 17

Le lecteur trouvera dans ce chapitre deux idées spéciales, savoir : d’abord, que la vie appartient à l’Éternel, et secondement, que la puissance de l’expiation est dans le sang. L’Éternel attachait une importance particulière à ces deux choses. Il voulait qu’elles fussent gravées dans l’esprit de chaque membre de l’assemblée.

 

« L’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d’Israël, et dis-leur : C’est ici ce que l’Éternel a commandé, disant : Quiconque de la maison d’Israël aura égorgé un bœuf ou un mouton ou une chèvre, dans le camp, ou qui l’aura égorgé hors du camp, et ne l’aura pas amené à l’entrée de la tente d’assignation, pour le présenter comme offrande à l’Éternel devant le tabernacle de l’Éternel, le sang sera imputé à cet homme-là : il a versé du sang ; cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple ». C’était une affaire des plus solennelles ; et nous pouvons demander ce qu’impliquait l’offrande d’un sacrifice, d’une manière différente de celle qui est ici prescrite ? Ce n’était rien moins que dépouiller l’Éternel de ses droits, et offrir à Satan ce qui était dû à Dieu. Un homme pouvait dire : « Ne puis-je pas offrir un sacrifice dans un lieu aussi bien que dans un autre ? » La réponse est : « La vie appartient à Dieu, et les droits qu’il y a doivent être reconnus à l’endroit qu’il a désigné — devant le tabernacle de l’Éternel ». C’était le seul lieu de rencontre entre Dieu et l’homme. Sacrifier ailleurs prouvait que le cœur ne voulait pas de Dieu.

 

La morale de ceci est bien simple. Il est une place que Dieu a déterminée pour y rencontrer le pécheur, et c’est la croix — l’antitype de l’autel d’airain. C’est là et là seulement, que les droits de Dieu sur la vie ont été dûment reconnus : Rejeter ce point de rencontre, c’est attirer le jugement sur soi-même — c’est fouler aux pieds les justes droits de Dieu, et s’arroger un droit de vie que tous ont perdu. C’est ce qu’il importe de reconnaître.


« Et le sacrificateur fera aspersion du sang sur l’autel de l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation, et en fera fumer la graisse en odeur agréable à l’Éternel ». Le sang et la graisse appartenaient à Dieu. C’est ce que Jésus a pleinement reconnu. Il livra sa vie à Dieu (lire ÉSAÏE 53), à qui toutes ses forces cachées étaient également consacrées. Il marcha volontairement à l’autel, et là il laissa sa précieuse vie ; et la bonne odeur de son excellence intrinsèque monta vers le trône de Dieu. Bien-aimé Sauveur ! il est doux de nous souvenir de toi à chaque pas.

 

Le second point, auquel nous avons fait allusion plus haut, est clairement indiqué au verset 11: « Car l’âme de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme ». La connexion entre ces deux points est des plus intéressantes. Quand l’homme prend sa place, comme ne possédant aucun titre quelconque à la vie — quand il reconnaît pleinement les droits que Dieu a sur lui, alors le divin message est : « Je vous ai donné la vie, afin de faire propitiation pour vos âmes ». Oui, la propitiation est le don de Dieu à l’homme ; et, qu’on y fasse bien attention, cette propitiation est dans le sang, et seulement dans le sang. « C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme ». Ce n’est pas le sang et quelque autre chose. La parole est, on ne peut plus, explicite. Elle attribue la propitiation au sang, exclusivement. « Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22). Ce fut la mort de Christ qui déchira le voile. C’est « par le sang de Jésus » que nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints ». « Nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés » (Éph. 1:7 ; Col. 1:14). « Ayant fait la paix par le sang de sa croix ». « Vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ ». « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7). « Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau » (Apoc. 7). « Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau » (Apoc. 12).

 

Je voudrais appeler la sérieuse attention de mes lecteurs sur la précieuse et vitale doctrine du sang. Je désire qu’ils la considèrent à sa véritable place. Le sang de Christ est la base de tout. C’est le principe de la justice de Dieu en justifiant un pécheur impie, qui croit au nom du Fils de Dieu, et c’est le principe de la confiance du pécheur pour s’approcher d’un Dieu saint, dont les yeux sont trop purs pour voir le mal. Dieu serait juste en condamnant le pécheur ; mais, par la mort de Christ, il peut être juste et justifier ceux qui croient — un Dieu juste et Sauveur. La justice est un attribut appartenant à l’essence de Dieu — en harmonie avec son caractère révélé. En sorte que n’eût été la croix, cet esprit conséquent en Dieu eût nécessairement exigé la mort et le jugement du pécheur ; mais, à la croix, cette mort et ce jugement ont été portés par le Répondant du pécheur, en sorte que Dieu, quoique saint et juste, est parfaitement conséquent, tout en justifiant un pécheur par la foi : Tout cela au moyen du sang de Jésus — rien de moins — rien de plus — rien d’autre. « C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme ». C’est décisif. C’est le plan tout simple de Dieu pour la justification. Le plan de l’homme est beaucoup plus compliqué, beaucoup moins accessible ; non seulement, il est compliqué et difficile, mais il attribue la justice à quelque chose de tout à fait différent de ce que nous trouvons dans la Parole. Depuis le troisième chapitre de la Genèse, jusqu’à la fin de l’Apocalypse, nous voyons le sang de Christ présenté comme le seul fondement de la justice. C’est par le sang, et rien que par le sang, que nous obtenons le pardon, la paix, la vie, la justice. Le livre du Lévitique tout entier, et particulièrement le chapitre dont nous venons de nous occuper, est un commentaire sur la doctrine du sang. Il semble étrange de devoir insister sur un fait si évident pour tout lecteur simple et impartial des Écritures. Mais il en est ainsi : nos cœurs sont portés à s’écarter du simple témoignage de la Parole. Nous sommes prompts à adopter des opinions, sans toujours les examiner calmement à la lumière des témoignages divins. De cette manière nous tombons dans la confusion, dans les ténèbres et l’erreur.

 

Apprenons à donner au sang de Christ la place qui lui est due. Il est si précieux aux yeux de Dieu, qu’il ne souffre pas que rien y soit ajouté ou mélangé. « Car l’âme de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme ».

 

Lectures et méditations proposées :

Maintenons la valeur expiatoire du sacrifice de Christ

RACHETÉ POUR L’ÉTERNITÉ (Jacob G. Fijnvandraat)

Un Sauveur proche (Briem J. d’après des pensées de J.G. Bellet)

Rechercher et Goûter la Proximité avec Dieu (Seauve Gérard)


 

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Published by lesalutparlafoi - dans Notes sur le Lévitique
24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 10:00

Notes sur le Lévitique – Chapitre 16

 

Livre du Lévitique – chapitre 16

Notes sur le Lévitique – chapitre 16

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitre 16

Ce chapitre développe quelques-uns des principes les plus importants dont un esprit régénéré puisse s’occuper. Il présente la doctrine de l’expiation avec une force et une plénitude inouïes. Bref, nous devons compter le chapitre 16 du Lévitique au nombre des portions les plus précieuses et les plus importantes de l’Inspiration, si toutefois il est permis de faire des distinctions là où tout est divin.

 

En considérant ce chapitre historiquement, il nous offre un récit des transactions du grand jour des expiations en Israël, par lesquelles les relations de l’Éternel avec l’assemblée étaient établies et maintenues, et tous les péchés, les fautes et les infirmités du peuple parfaitement expiés, en sorte que l’Éternel Dieu pouvait habiter parmi eux. Le sang qui était répandu en ce jour solennel formait la base du trône de l’Éternel au milieu de la congrégation. En vertu de ce sang, un Dieu saint pouvait avoir sa demeure au milieu du peuple, malgré toutes leurs impuretés. « Le dixième jour du septième mois » était un jour unique en Israël. Il n’y avait pas un autre jour semblable dans toute l’année. Les sacrifices de cette journée étaient le fondement des voies de Dieu en grâce, en miséricorde, en patience et en long support.


Nous apprenons, en outre, dans cette portion de l’histoire inspirée, « que le chemin des lieux saints n’avait pas encore été manifesté ». Dieu était caché derrière un voile, et l’homme était tenu à distance. « Et l’Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, lorsque, s’étant approchés de l’Éternel, ils moururent ; et l’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron, ton frère, qu’il n’entre pas en tout temps dans le lieu saint, au-dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, afin qu’il ne meure pas ; car j’apparais dans la nuée sur le propitiatoire ».

 

Le chemin n’était pas ouvert pour que l’homme pût s’approcher, en tout temps, de la présence divine ; il n’y avait non plus, dans toute la série des cérémonies mosaïques, aucun moyen quelconque qui pourvût à ce qu’il pût y demeurer constamment. Dieu était enfermé au dedans loin de l’homme, et l’homme était tenu en dehors loin de Dieu ; et « le sang des taureaux et des boucs » ne pouvait ouvrir un lieu de rapprochement permanent. Il fallait pour cela un sacrifice d’un ordre plus élevé et d’un sang plus précieux. « Car la loi, ayant l’ombre des biens à venir, non l’image même des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices que l’on offre continuellement chaque année, rendre parfaits ceux qui s’approchent. Autrement n’eussent-ils pas cessé d’être offerts, puisque ceux qui rendent le culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de péchés ? Mais il y a dans ces sacrifices, chaque année, un acte remémoratif de péchés. Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Héb. 10:1-4). Ni la sacrificature lévitique, ni les sacrifices lévitiques ne pouvaient amener à la perfection. L’insuffisance était gravée sur ces derniers, l’infirmité sur la première, l’imperfection sur l’une et sur les autres. Un homme imparfait ne pouvait pas être un sacrificateur parfait et un sacrifice imparfait ne pouvait pas rendre une conscience parfaite. Aaron n’était ni compétent ni qualifié pour prendre place au-dedans du voile, et les sacrifices qu’il offrait ne pouvaient pas déchirer ce voile.

 

En voilà assez sur le point de vue historique de notre chapitre. Considérons-le maintenant au point de vue typique.

 

« Aaron entrera de cette manière dans le lieu saint : avec un jeune taureau pour sacrifice pour le "péché, "et un bélier pour "holocauste" » (vers. 3). Nous avons encore ici les deux grands aspects de l’œuvre expiatoire de Christ, comme ce qui sauvegarde parfaitement la gloire divine et répond parfaitement aux plus grands besoins de l’homme. Il n’est pas fait mention, dans tous les services de ce jour unique et solennel, d’une offrande de "gâteau "ni d’un sacrifice de "prospérités. "La vie humaine parfaite du Seigneur n’est pas figurée ici, et la communion de l’âme avec Dieu, en conséquence de son œuvre accomplie, ne s’y trouve pas développée. En un mot, le seul sujet de ce chapitre, c’est « l’expiation », et cela d’une double manière, d’abord comme satisfaisant à tous les droits de Dieu — droits de sa nature — de son caractère — de son trône ; et ensuite, comme répondant parfaitement à toute la coulpe de l’homme et à tous ses besoins. Nous devons avoir ces deux points présents à l’esprit, si nous voulons nous former une idée claire de la vérité présentée dans ce chapitre, ou de la doctrine du grand jour des expiations. « C’est de cette manière qu’Aaron entrera dans le lieu saint », avec l’expiation, qui sauvegardait la gloire de Dieu à tous égards, soit relativement à ses conseils d’amour rédempteur envers l’Église, envers Israël et envers la création tout entière, soit relativement à tous les droits de son administration morale, et avec l’expiation qui répondait parfaitement à la condition coupable et misérable de l’homme. Ces deux faces de l’expiation se présenteront constamment à nous dans notre étude de ce précieux chapitre. On ne saurait leur accorder trop d’importance.

 

« Il se revêtira d’une sainte tunique de lin, et des caleçons de lin seront sur sa chair, et il se ceindra d’une ceinture de lin, et il s’enveloppera la tête d’une tiare de lin : ce sont de saints vêtements ; et il lavera sa chair dans l’eau ; puis il s’en vêtira » (vers. 4). Aaron, lavé d’eau pure, et revêtu des vêtements blancs de lin, nous offre un type remarquable et touchant de Christ entreprenant l’œuvre de la rédemption. Il se montre, "personnellement "et dans tout son "caractère, "pur et sans tache. « Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (Jean 17:19). Il est tout particulièrement précieux d’être appelé à regarder, pour ainsi dire, la personne de notre divin Sacrificateur, dans toute sa sainteté essentielle. Le Saint Esprit prend plaisir à tout ce qui montre Christ aux yeux de son peuple ; et, sous quelque aspect que nous le contemplions, nous voyons en lui le même parfait, pur, glorieux et incomparable Jésus, « un porte-bannière entre dix mille », et « toute sa personne est désirable ». Il n’avait pas besoin de "faire "ou de "porter "quoi que ce soit, pour être pur et sans tache. Il n’avait besoin ni d’eau ni de fin lin. Il était, d’une manière intrinsèque et pratique, « le Saint de Dieu ». Ce que Aaron "faisait "et ce qu’il "portait "— le lavage et le revêtement de ses habits, ne sont que de faibles ombres de ce que Christ "est. "La loi n’avait que « l’ombre » et non « l’image même des biens à venir ». Béni soit Dieu, nous n’avons pas seulement l’ombre, mais l’éternelle et divine réalité — Christ lui-même.

 

« Et il prendra de l’assemblée des fils d’Israël deux boucs pour un sacrifice pour le péché, et un bélier pour un holocauste. Et Aaron présentera le taureau du sacrifice pour le péché, qui est pour lui-même, et fera propitiation pour lui-même et pour sa maison » (vers. 5, 6). Aaron et sa maison représentent l’Église, non pas comme « le corps », mais comme une maison sacerdotale. Ce n’est pas l’Église comme nous la voyons présentée dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, mais plutôt comme nous la trouvons dans la première épître de Pierre, en ce passage bien connu : « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une "maison spirituelle", une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). De même dans l’épître aux Hébreux : « Mais Christ, comme Fils, sur sa maison ; et "nous sommes sa maison", si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance » (Héb. 3:6). Nous devons nous rappeler qu’il n’y a, dans l’Ancien Testament, aucune révélation du mystère de l’Église. Il y a des types et des figures, mais il n’y a aucune révélation positive. Ce mystère des Juifs et des gentils formant « un seul corps », « un homme nouveau », uni à un Christ glorifié dans le ciel, ne pouvait évidemment pas être révélé avant que Christ eût pris sa place en haut. Paul fut, tout spécialement, l’administrateur de ce mystère, ainsi qu’il nous le dit au chapitre 3:1-12, de l’épître aux Éphésiens, passage que je recommande à la sérieuse attention du lecteur chrétien.

 

« Et il prendra les deux boucs, et les placera devant l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation. Et Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Éternel et un sort pour azazel. Et Aaron présentera le bouc sur lequel le sort sera tombé pour l’Éternel, et en fera un sacrifice pour le péché. Et le bouc sur lequel le sort sera tombé pour azazel, sera placé vivant devant l’Éternel, afin de faire propitiation sur lui, pour l’envoyer au désert pour être azazel » (vers. 7 à 10). Nous avons, dans ces deux boucs, les deux faces, déjà mentionnées, de l’expiation. « Le sort de l’Éternel » tombait sur l’un, et le sort du peuple tombait sur l’autre. Dans le cas du premier, il n’était pas question des personnes ou des péchés qui devaient être pardonnés, ni des conseils de grâce de Dieu envers ses élus. Ces choses, je n’ai pas même besoin de le dire, sont d’une importance infinie, mais elles ne sont pas comprises dans le cas « du bouc sur lequel tombait le sort pour l’Éternel ». Ce dernier représente la mort de Christ, comme ce en quoi Dieu a été parfaitement glorifié, relativement au péché en général. Cette grande vérité est pleinement illustrée par l’expression remarquable : « Le sort pour l’Éternel ». Dieu a une part spéciale dans la mort de Christ — une part tout à fait distincte — une part qui demeurerait éternellement bonne, alors même qu’aucun pécheur ne serait jamais sauvé. Pour concevoir la force de cette assertion, il faut se rappeler combien Dieu a été déshonoré dans ce monde. Sa vérité a été dédaignée ; son autorité a été méprisée ; sa majesté a été méconnue ; sa loi a été transgressée ; ses droits ont été oubliés ; son nom a été blasphémé ; son caractère a été défiguré.

 

Or, la mort de Christ a pourvu à tout cela. Elle a parfaitement glorifié Dieu, dans le lieu même où toutes ces choses se sont commises. Elle a parfaitement réhabilité la majesté, la vérité, la sainteté, le caractère de Dieu. Elle a divinement satisfait à toutes les exigences de son trône. Elle a expié le "péché". Elle a fourni un remède divin pour tout le mal que le péché a introduit dans l’univers. Elle procure une base sur laquelle Dieu peut agir en grâce, en miséricorde et en amour envers chacun. Elle donne une garantie pour l’expulsion et la perdition éternelles du prince de ce monde. Elle forme le fondement impérissable du gouvernement moral de Dieu. En vertu de la croix, Dieu peut agir selon sa propre souveraineté. Dieu peut déployer les gloires incomparables de son caractère et les attributs adorables de sa nature. Dans l’exercice d’une justice inflexible, il aurait pu destiner la famille humaine au lac de feu avec le diable et ses anges. Mais, dans ce cas, où seraient son amour, sa grâce, sa miséricorde, sa longanimité, sa compassion, sa patience, sa parfaite bonté ?

 

Et, d’un autre côté, si ces précieux attributs eussent été exercés en l’absence de l’expiation, où seraient la justice, la vérité, la majesté, la sainteté, les droits, oui, la gloire morale tout entière de Dieu ? Comment « la grâce et la vérité » auraient-elles pu « se rencontrer » ? ou « la justice et la paix s’entrebaiser » ? Comment « la vérité » aurait-elle pu « germer de la terre », ou « la justice regarder des cieux » ? Impossible. Rien, sauf l’expiation de notre Seigneur Jésus Christ, ne pouvait glorifier Dieu pleinement ; mais elle l’a glorifié. Elle a réfléchi toute la gloire du caractère divin, comme elle n’aurait jamais pu l’être au milieu des plus vives splendeurs d’une création innocente. En perspective et en souvenir de ce sacrifice, Dieu use de patience envers ce monde depuis bientôt six mille ans. En vertu de ce sacrifice, les méchants les plus impies d’entre les fils des hommes vivent, se meuvent et existent ; mangent, boivent et dorment. Le morceau même que le blasphémateur infidèle porte à sa bouche, il le doit au sacrifice qu’il ne connaît pas, mais qu’il tourne impiement en ridicule. Le soleil et les pluies qui fécondent les champs de l’athée lui arrivent en vertu du sacrifice de Christ. Oui, le souffle même que l’infidèle et l’athée emploient à blasphémer la parole de Dieu, ou à nier son existence, ils le doivent au sacrifice de Christ. Si ce n’était à cause de ce précieux sacrifice, au lieu de blasphémer sur la terre, ils se rouleraient dans l’enfer. (Une parole d’avertissement : Le jugement des morts - Le grand trône blanc et le Juge).

 

Que mon lecteur ne s’y méprenne pas, je ne parle pas ici du pardon ou du salut des individus. Ce dernier est une tout autre chose et se rattache, ainsi que le sait tout vrai chrétien, à la confession du nom de Jésus et à la ferme croyance que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts (Rom. 10). C’est bien évident et parfaitement compris ; mais ce n’est en aucune manière impliqué dans le point de vue de l’expiation, dont nous nous occupons maintenant et qui est si parfaitement figuré par « le bouc sur lequel tombait le sort pour l’Éternel ». Dieu pardonnant au pécheur et l’acceptant est une chose ; le support dont il use envers cet homme et les bénédictions temporelles dont il le comble, sont une tout autre chose. L’une et l’autre ont lieu en vertu de la croix, mais sous une face et par une application totalement différentes, de cette croix.

 

Cette distinction est loin d’être sans importance. Au contraire, elle est si importante que, quand on la perd de vue, il s’ensuit de la confusion quant à la doctrine complète de l’expiation. Et ce n’est pas tout. Une claire intelligence des voies de Dieu en gouvernement, soit dans le passé, soit dans le présent, soit dans l’avenir, dépendra toujours de ce point profondément intéressant. Et enfin, on y trouvera la clef d’un grand nombre de passages qui offrent des difficultés considérables à beaucoup de chrétiens. Je citerai deux ou trois de ces passages, comme exemples.

 

« Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29) ; à quoi se rattache un passage analogue dans la première épître de Jean, où il est parlé du Seigneur Jésus Christ comme « la propitiation pour le monde entier (*) » (1 Jean 2:2). Dans ces deux passages, il est parlé du Seigneur Jésus, comme de Celui qui a parfaitement glorifié Dieu relativement au « "péché" » et au « "monde" » dans l’acceptation la plus étendue de ces mots. On le voit ici comme le grand antitype du « bouc sur lequel tombait le sort pour l’Éternel ». Cela nous donne une vue des plus précieuses sur l’expiation faite par Christ, laquelle est trop souvent négligée ou peu comprise. Quand la question d’"individus "et de pardon des "péchés "est soulevée en rapport avec ces passages de l’Écriture ou d’autres semblables, l’esprit ne manque pas d’être embarrassé par d’insurmontables difficultés.

 

(*) Il ne s’agit pas ici des « péchés du monde entier », comme plusieurs versions le disent à tort. La doctrine enseignée est simplement ceci : dans la première partie du verset, Christ est présenté comme la propitiation pour les "péchés" de son peuple ; mais dans la seconde, il n’est pas question de "péchés" ou de "personnes", mais du "péché" et du "monde" en général. Au fait, le verset entier présente Christ comme l’antitype des deux boucs, comme celui qui a porté les péchés de son peuple, et aussi comme celui qui a parfaitement glorifié Dieu relativement au péché en général, et a trouvé un moyen pour agir en grâce envers le monde entier, et pour la délivrance et la bénédiction finales de toute la création.

 

Il en est de même à l’égard de tous ces passages, dans lesquels est présentée la grâce de Dieu envers le monde en général. Ils sont fondés sur ce point de vue spécial de l’expiation, dont nous nous occupons surtout ici : « Allez dans tout le monde, et prêchez l’Évangile à toute la création » (Marc 16:15). « Dieu a tant aimé le "monde, "qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât "le monde, "mais afin que le monde fût sauvé par lui » (Jean 3:16, 17). « J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour "tous les hommes… "pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ; car cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur, qui veut que "tous les hommes "soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité ; car Dieu est un, et le Médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même "en rançon pour tous", témoignage qui devait être rendu en son propre temps » (1 Tim. 2:1-6). « Car "la grâce de Dieu "qui apporte le salut est apparue à "tous les hommes" » (Tite 2:11). « Mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par "la grâce de Dieu", il goûtât la mort "pour tout" » (Héb. 2:9). « Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’"aucun" périsse, mais que "tous" viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9).

 

Il n’est nul besoin de chercher à changer le sens si clair des passages ci-dessus. Ils sont un témoignage évident et non équivoque de la grâce divine envers tous, sans la moindre allusion à la responsabilité de l’homme, d’un côté, ou aux conseils éternels de Dieu, de l’autre. Ces vérités sont tout aussi clairement, tout aussi pleinement, tout aussi incontestablement, l’une que l’autre, enseignées dans la Parole. L’homme est responsable, et Dieu est souverain. Tous ceux qui se soumettent aux Écritures admettent cela. Mais, en même temps, il est de la dernière importance de reconnaître toute l’étendue de la grâce de Dieu et de la croix de Christ. Cela glorifie Dieu et laisse l’homme "entièrement "sans excuse. On raisonne en mettant en avant les décrets de Dieu et l’incapacité où est l’homme de croire sans l’intervention divine. Ces arguments prouvent que l’on ne se soucie pas de Dieu ; car si l’on sentait le besoin de Dieu, il est assez près pour être trouvé de ceux qui le cherchent. La grâce de Dieu et l’expiation de Christ sont aussi vastes qu’on peut le désirer. « "Chacun » — "« "quiconque" » et « "tous" » sont les termes dont Dieu lui-même se sert, et je voudrais savoir qui donc est exclu ? Si Dieu envoie un message de salut à un homme, assurément il le lui destine ; et que peut-il y avoir de plus impie que de rejeter la grâce de Dieu et de le faire menteur, et puis de donner pour excuse d’un pareil acte les desseins mystérieux de Dieu ? Un tel homme ferait mieux de dire franchement : « Le fait est que je ne crois pas la parole de Dieu, et que je ne veux ni de sa grâce ni de son salut ». Ce serait plus droit et cela pourrait se comprendre ; mais couvrir sa haine de Dieu et de sa vérité du manteau d’une théologie fausse, parce qu’elle ne voit qu’une face de la vérité, c’est le plus haut degré de l’impiété. C’est au point de nous faire sentir que le démon n’est jamais plus diabolique, que quand il se montre la Bible à la main.

 

S’il est vrai que les hommes soient empêchés, par les secrets conseils et décrets de Dieu, de recevoir l’Évangile qu’il a commandé de leur annoncer, alors d’après quel principe de justice subiront-ils « le châtiment d’une destruction éternelle » pour n’avoir pas obéi à cet Évangile ? (2 Thes. 1:6-10). Est-il, dans toutes les sombres régions des perdus, une seule âme qui pourra rejeter sur les conseils de Dieu la cause qui fait qu’elle est là ? Oh ! non, Dieu a si amplement pourvu à tout par le sacrifice de Christ, non seulement pour le salut de ceux qui croient, mais aussi pour la présentation de sa grâce envers ceux qui rejettent l’Évangile, qu’il n’y aura aucune excuse. Ce n’est pas parce qu’un homme ne "peut pas, "mais parce qu’il ne "veut pas "croire qu’il « subira le châtiment d’une destruction éternelle ». Il n’y a jamais eu d’erreur plus fatale que celle que commet un homme qui se retranche derrière les décrets de Dieu, tout en refusant, délibérément et avec connaissance de cause, la grâce de Dieu ; et cela est d’autant plus dangereux que l’on y peut voir comme un système appuyé sur les dogmes d’une théologie unilatérale. La grâce de Dieu est libre pour tous ; et si nous demandons : Comment cela ? la réponse est : « Le sort pour l’Éternel » est tombé sur la vraie victime, afin que Dieu pût être parfaitement glorifié quant au péché, sous son aspect le plus étendu, et être libre d’agir en grâce envers tous et de faire « prêcher l’Évangile à toute créature ». Cette grâce et cette prédication doivent avoir une base solide, et cette base se trouve dans l’expiation ; et lors même que l’homme la repousserait, Dieu est glorifié par l’exercice de la grâce et par l’offre du salut, à cause de la base sur laquelle l’une et l’autre reposent. Il" est "glorifié, et il "sera "glorifié pendant toute l’éternité. « Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom. Il vint donc une voix du ciel : Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau… Maintenant est le jugement de ce monde ; maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors. Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (Jean 12:27-32).

 

Jusqu’ici, nous ne nous sommes occupés que d’une chose : « Le bouc sur lequel était tombé le sort pour l’Éternel » ; et un lecteur superficiel pourrait penser que ce qui doit suivre immédiatement, c’est ce qui a rapport au bouc azazel, qui nous donne l’autre grande face de la mort de Christ, ou son application aux péchés du peuple. Mais non ; avant d’en venir là, nous avons une pleine confirmation de cette précieuse vérité qui nous a été offerte, dans le fait que le sang du bouc égorgé, de même que celui du jeune taureau, était aspergé sur et devant le trône de l’Éternel, afin de montrer que toutes les exigences de ce trône étaient satisfaites par le sang de l’expiation, et qu’une ample réponse était donnée à toutes les demandes de l’administration morale de Dieu.

 

« Et Aaron présentera le taureau du sacrifice pour le péché, qui est pour lui-même, et fera propitiation pour lui-même et pour sa maison ; et il égorgera le taureau du sacrifice pour le péché, qui est pour lui-même ; puis il prendra plein un encensoir de charbons du feu, de dessus l’autel qui est devant l’Éternel, et plein ses paumes d’encens de drogues odoriférantes pulvérisées, et il les apportera au-dedans du voile ; et il mettra l’encens sur le feu, devant l’Éternel, pour que la nuée de l’encens couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, afin qu’il ne meure pas ». Nous avons ici une représentation bien claire et bien frappante. Le sang de l’expiation est porté au-dedans du voile, dans le lieu très saint, et là, il en est fait aspersion sur le trône du Dieu d’Israël. La nuée de la présence divine était là ; et afin qu’Aaron pût paraître dans la présence immédiate de la gloire et ne pas mourir, « la nuée de l’encens » s’élève et « couvre le propitiatoire », sur lequel on devait faire aspersion par « sept fois » du sang expiatoire. « L’encens de drogues odoriférantes pulvérisées » exprime la bonne odeur de la Personne de Christ — la suave odeur de son précieux sacrifice.

 

« Et il prendra du sang du taureau, et il en fera aspersion avec son doigt sur le devant du propitiatoire, vers l’orient ; et il fera aspersion du sang avec son doigt, sept fois, devant le propitiatoire. Et il égorgera le bouc du sacrifice pour le péché, qui est pour le peuple, et il apportera son sang au-dedans du voile, et fera avec son sang, comme il a fait avec le sang du taureau : il en fera aspersion sur le propitiatoire et devant le propitiatoire » (vers. 14-15). « Sept » est le nombre parfait, et l’aspersion du sang faite par sept fois devant le propitiatoire nous apprend que, quelle que soit l’application du sacrifice de Christ, aux choses, aux lieux ou aux individus, il est parfaitement apprécié en la présence divine. Le sang qui assure le salut de l’Église — « la maison » du véritable Aaron ; le sang qui assure le salut de « l’assemblée » d’Israël ; le sang qui assure la restauration et la bénédiction finales de toute la créationce sang a été offert devant Dieu, aspergé et accepté, selon toute la perfection, la bonne odeur et la valeur de Christ. Par la puissance de ce sang, Dieu peut accomplir tous ses conseils éternels de grâce. Il peut sauver l’Église, et l’élever aux plus grandes hauteurs de la gloire, en dépit de toute la puissance du péché et de Satan. Il peut ramener les tribus dispersées d’Israël — il peut unir Juda et Éphraïm — il peut accomplir toutes les promesses faites à Abraham, à Isaac et à Jacob. Il peut sauver et bénir des millions innombrables d’entre les gentils. Il peut rétablir et bénir la vaste création. Il peut verser les rayons de sa gloire pour en éclairer l’univers à toujours. Il peut déployer, à la vue des anges, des hommes et des démons, sa gloire personnelle et éternelle — la gloire de son caractère — la gloire de son essence — la gloire de ses œuvres — la gloire de son gouvernement. Tout cela, il peut et il veut le faire ; mais l’unique piédestal sur lequel cet immense édifice de gloire reposera à jamais, c’est le sang de la croix — ce sang précieux, cher lecteur chrétien, qui a parlé de paix, d’une paix divine et éternelle, à votre âme et à votre conscience, en présence de la Sainteté infinie. Le sang, dont il est fait aspersion sur la conscience du croyant, a été aspergé « sept fois » devant le trône de Dieu. Plus nous nous approchons de Dieu, plus nous voyons l’importance et la valeur attachées au sang de Jésus Christ. Si nous regardons l’autel d’airain, nous y trouvons le sang ; si nous regardons la cuve d’airain, nous y trouvons le sang ; si nous regardons l’autel d’or, nous y trouvons le sang ; si nous regardons le voile du tabernacle, nous y trouvons le sang : mais nulle part nous ne trouvons autant de grandes choses relativement au sang qu’au-dedans du voile, devant le trône de l’Éternel, dans l’immédiate présence de la gloire divine.

 

« Et il fera propitiation pour le lieu saint, le purifiant des impuretés des fils d’Israël et de leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; et il fera de même pour la tente d’assignation, qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés ». Nous rencontrons partout la même vérité. Il faut pourvoir aux droits du sanctuaire. Il faut que les parvis de l’Éternel, aussi bien que son trône, rendent témoignage à la valeur du sang. Le tabernacle, au milieu des souillures d’Israël, devait être protégé tout à l’entour par les divines ressources de l’expiation. En toutes choses, l’Éternel prend soin de sa propre gloire. Les sacrificateurs et leur service, le lieu de culte et tout ce qui y était contenu, subsistaient en vertu du sang. Le Saint n’aurait pas pu demeurer un instant au milieu de l’assemblée, n’eût été la puissance du sang. C’était là ce qui lui permettait d’habiter, d’agir et de régner au milieu d’un peuple coupable.

 

« Et personne ne sera dans la tente d’assignation quand il y entrera pour faire propitiation dans le lieu saint, jusqu’à ce qu’il en sorte ; il fera propitiation pour lui-même et pour sa maison, et pour toute la congrégation d’Israël » (vers. 17). Il fallait qu’Aaron offrît un sacrifice pour ses propres péchés, aussi bien que pour les péchés du peuple. Il ne pouvait entrer dans le sanctuaire, qu’en vertu du sang. Nous avons, au verset 17, un type de l’expiation opérée par Christ, dans son application à l’Église et à l’assemblée d’Israël. L’Église entre maintenant « dans les lieux saints par le sang de Jésus » (Héb. 10). Quant à Israël, le voile est encore sur leurs cœurs (2 Cor. 3). Ils sont encore éloignés, quoiqu’il ait été amplement pourvu, à la croix, à leur pardon et à leur rétablissement, lorsqu’ils se tourneront vers le Seigneur. À proprement parler, toute la période actuelle est pour eux le jour des expiations. Le vrai Aaron est entré dans le ciel même, avec son propre sang, afin de paraître en la présence de Dieu pour nous. Bientôt, il en sortira, pour introduire l’assemblée d’Israël dans tous les résultats de son œuvre accomplie. En attendant, sa maison, c’est-à-dire tous les vrais croyants, sont associés avec lui, ayant assurance pour entrer dans le lieu très saint, étant approchés par le sang de Jésus.

 

« Et il sortira vers l’autel qui est devant l’Éternel, et fera propitiation pour lui ; et il prendra du sang du taureau et du sang du bouc, et le mettra sur les cornes de l’autel, tout autour ; et il fera sur lui aspersion du sang avec son doigt, sept fois, et il le purifiera, et le sanctifiera des impuretés des fils d’Israël » (v. 18, 19). Il était donc fait aspersion du sang partout, depuis le trône de Dieu au-dedans du voile, jusqu’à l’autel qui était dans le parvis du tabernacle d’assignation.

 

« Il était donc nécessaire que les images des choses qui sont dans les cieux fussent purifiées par de telles choses, mais que les choses célestes elles-mêmes le fussent par de meilleurs sacrifices que ceux-là. Car le Christ n’est pas entré dans des lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu — ni, non plus, afin de s’offrir lui-même plusieurs fois, ainsi que le souverain sacrificateur entre dans les lieux saints chaque année avec un sang autre que le sien (puisque, dans ce cas, il aurait fallu qu’il souffrît plusieurs fois depuis la fondation du monde) ; mais maintenant, en la consommation des siècles, il a été manifesté "une fois" pour l’abolition du péché par son sacrifice. Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois — et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent » (Héb. 9:23-28).

 

Il n’y a qu’un chemin pour entrer dans le lieu très saint, et c’est un chemin aspergé de sang. C’est inutile de chercher à y entrer par une autre voie quelconque. Les hommes peuvent s’efforcer de s’y frayer une route par leurs œuvres, leurs prières, leur argent ; d’y entrer, en un mot, par le chemin des formes et des ordonnances, ou, peut-être, par un sentier moitié formes et moitié Christ ; mais c’est en vain. Dieu parle d’un chemin, et d’un seul, et ce chemin a été ouvert à travers le voile déchiré du corps du Sauveur. C’est par ce chemin que les millions de sauvés ont tous passé, de siècle en siècle. Les patriarches, les prophètes, les apôtres, les martyrs, les saints de tout âge, depuis Abel jusqu’à nos jours, ont suivi ce chemin béni et ont trouvé par lui un accès sûr et sans réserve. L’unique sacrifice de la croix est divinement suffisant pour tous. Dieu ne demande pas davantage, et il ne peut accepter moins. Y ajouter quoi que ce soit, c’est jeter du déshonneur sur ce en quoi Dieu a déclaré qu’il prenait plaisir ; oui, sur ce en quoi il est infiniment glorifié. En ôter quoi que ce soit, c’est nier la culpabilité et la ruine de l’homme, et faire injure à la justice et à la majesté de l’éternelle Trinité.

 

« Et quand il aura achevé de faire propitiation pour le lieu saint, et pour la tente d’assignation, et pour l’autel, il présentera le bouc vivant. Et Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d’Israël et "toutes" leurs transgressions, selon "tous" leurs péchés ; il les mettra sur la tête du bouc, et l’enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt pour cela ; et le bouc portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée ; et l’homme laissera aller le bouc dans le désert ».

 

Nous avons ici la seconde grande pensée attachée à la mort de Christ, savoir le complet et final pardon du peuple. Si la mort de Christ forme la base de la gloire de Dieu, elle forme aussi la base du pardon parfait des péchés de tous ceux qui mettent leur confiance en elle. Cette dernière application de l’expiation est secondaire et inférieure, Dieu en soit béni ; quoique nos pauvres cœurs soient portés à la considérer comme l’aspect le plus élevé de la croix, ou à y voir tout d’abord et seulement ce qui ôte tous nos péchés. C’est une erreur. La gloire de Dieu est en première ligne ; notre salut en seconde. Le premier, le plus cher objet du cœur de Christ, était le maintien de la gloire de Dieu. Cet objet, il l’a poursuivi du commencement à la fin, sans jamais dévier de son but, et avec une fidélité à toute épreuve. « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » (Jean 10:17). « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ; et incontinent il le glorifiera » (Jean 13:31, 32). « Écoutez-moi, îles, et soyez attentives, peuplades lointaines ! L’Éternel m’a appelé dès le ventre ; dès les entrailles de ma mère il a fait mention de mon nom. Et il a rendu ma bouche semblable à une épée aiguë ; il m’a caché sous l’ombre de sa main, et il a fait de moi une flèche polie ; il m’a caché dans son carquois. Et il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël, en qui "je me glorifierai" » (Ésaïe 49:1-3).

 

La gloire de Dieu était donc l’objet principal du Seigneur Jésus Christ, dans sa vie et dans sa mort, il vécut et mourut pour glorifier le nom de son Père. L’Église perd-elle quelque chose à cela ? Non. Et Israël ? Non. Et les gentils ? Non. Leur salut et leur bénédiction ne pouvaient, en aucune manière, être mieux assurés, qu’en étant subsidiaires de la gloire de Dieu. Écoutez la réponse divine faite au Christ, le véritable Israël, dans le passage sublime qui vient d’être cité. « C’est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre ».

 

Et n’est-ce pas bien précieux de savoir que Dieu est glorifié par l’abolition de nos péchés ? Nous pouvons demander : où sont nos péchés ? Enlevés. Par quoi ? par cet acte de Christ sur la croix, par lequel Dieu a été glorifié éternellement. Il en est ainsi. Les deux boucs du jour des expiations donnent les deux faces d’un seul acte. Dans l’une, nous voyons la gloire de Dieu maintenue, dans l’autre, les péchés mis de côté. L’une est aussi parfaite que l’autre. Nous sommes tout aussi parfaitement pardonnés, que Dieu est parfaitement glorifié, par la mort de Christ. Y a-t-il un seul point par lequel Dieu n’avait pas été glorifié à la croix ? Pas un. Il n’y a, non plus, pas un seul point sur lequel nous ne soyons parfaitement pardonnés. Je dis « nous », car, quoique l’assemblée d’Israël soit au premier plan dans la belle et frappante ordonnance du bouc azazel cependant elle s’applique aussi pleinement à toute âme qui croit au Seigneur Jésus Christ, qui croit qu’elle est aussi parfaitement pardonnée que Dieu est parfaitement glorifié par le sacrifice de la croix. Quelle partie des péchés d’Israël le bouc d’azazel emportait-il ? « "Tous" ». Précieuse parole ! Aucun n’était laissé. Et où les portait-il ? « Dans une terre inhabitée » — une terre où on ne pourrait jamais les trouver, parce qu’il n’y aurait personne pour les chercher. Quel type pourrait être plus parfait ? Serait-il possible d’avoir un tableau plus frappant du sacrifice accompli de Christ, sous ces deux faces ? Impossible. Nous pouvons contempler un tel tableau avec une intense admiration, et tout en le contemplant, nous écrier : « En vérité, c’est le pinceau du Maître ! »

 

Lecteur, arrêtez-vous ici, et répondez : Savez-vous que tous vos péchés sont pardonnés en vertu de la perfection du sacrifice de Christ ? Si vous croyez simplement en Son Nom, ils sont pardonnés. Ils sont tous ôtés, et ôtés pour toujours. Ne dites pas, comme tant d’âmes inquiètes : « Je crains de ne pas réaliser ». D’un bout à l’autre de l’Évangile, vous ne trouverez pas une seule fois ce mot « réaliser ». Nous ne sommes pas sauvés par la réalisation, mais par Christ ; et pour avoir Christ dans toute sa plénitude et sa valeur, il faut croire — « seulement croire ! » Et quel en sera le résultat ? Les adorateurs, « une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de péchés ». Observez cela : « Aucune conscience de péchés ». Ce doit être le résultat, puisque le sacrifice de Christ est parfait — si parfait, que Dieu en est glorifié. Or, il est évident que l’œuvre de Christ n’a pas besoin que vous y ajoutiez votre réalisation pour être rendue parfaite. On pourrait tout aussi bien dire que l’œuvre de la création ne fut pas complète, jusqu’à ce qu’Adam la réalisât dans le jardin d’Éden. Il est vrai qu’il réalisa quelque chose, mais quoi ? Une œuvre parfaite. Qu’il en soit ainsi de votre âme en ce moment, s’il n’en a jamais été ainsi auparavant. Puissiez-vous, maintenant et toujours, vous reposer en toute simplicité sur Celui qui, « par une seule offrande… a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés ! » Et comment sont-ils sanctifiés ? Est-ce par la réalisation ? Nullement. Comment donc ? « "Par la foi" » (Actes 26:18).

 

Ayant essayé — hélas ! bien faiblement — de développer la doctrine de ce merveilleux chapitre, selon les lumières que Dieu m’a données à cet égard, il est encore un point sur lequel je désire appeler l’attention de mon lecteur, avant de terminer cette section. Il est contenu dans la citation suivante : « Et ceci sera pour vous un statut perpétuel : au septième mois, le dixième jour du mois, vous affligerez vos âmes, et vous ne ferez aucune œuvre, tant l’Israélite de naissance que l’étranger qui séjourne au milieu de vous ; car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. "Ce sera pour vous un "sabbat de repos", et vous "affligerez vos âmes" ; c’est un statut perpétuel » (vers. 29-31).

 

Cela aura bientôt son complet accomplissement dans le résidu sauvé d’Israël ; ainsi que le prédit le prophète Zacharie : « Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications ; et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé, et ils se lamenteront sur lui ; comme on se lamente sur un fils unique, et il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né. "En ce jour-là", il y aura une "grande lamentation "à Jérusalem, comme la lamentation de Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon… "En ce jour-là", "une source sera ouverte "pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l’impureté… Et il arrivera, "en ce jour-là"," "qu’il n’y aura pas de lumière, les luminaires seront obscurcis ; mais ce sera un jour connu de l’Éternel — pas jour et pas nuit ; et au temps du soir il y aura de la lumière. Et il arrivera, "en ce jour-là", que des eaux vives sortiront de Jérusalem, la moitié vers la mer orientale, et la moitié vers la mer d’occident ; cela aura lieu été et hiver. "Et l’Éternel sera roi sur toute la terre. En ce jour-là", il y aura un Éternel, et son nom sera un… "En ce jour-là", il y aura sur les clochettes des chevaux : Sainteté à l’Éternel… et il n’y aura plus de Cananéen dans la maison de l’Éternel des armées, "en ce jour-là" » (Zac. 12-14) [commentaire].

 

Quelle journée ce sera ! Il n’est pas étonnant qu’il en soit si fréquemment parlé dans le brillant passage ci-dessus. Ce sera un beau « sabbat de repos » quand le résidu, menant deuil, et dans l’esprit de la vraie pénitence, se rassemblera autour de la source ouverte et entrera dans le résultat complet et final du grand jour des expiations. Ils « affligeront leurs âmes », sans doute ; car comment pourraient-ils faire autrement, quand ils fixeront leur regard repentant « sur Celui qu’ils ont percé ? » Mais quel sabbat ils auront ! Jérusalem aura une coupe débordante de salut, après sa longue et triste nuit de douleur. Ses désolations précédentes seront oubliées, et ses enfants, rétablis dans leurs anciennes demeures, détacheront leurs harpes des saules, et chanteront de nouveau les doux cantiques de Sion à l’ombre paisible de leurs vignes et de leurs figuiers.

 

Béni soit Dieu, ce temps est proche. Chaque soleil couchant nous amène plus près de cet heureux sabbat. Il est dit : « Voici, je viens bientôt », et autour de nous, tout semble nous dire que « les jours se sont approchés, et l’accomplissement de chaque vision » (Ézé. 12:23). Puissions-nous être « sobres, et veiller pour prier ! » Puissions-nous nous conserver purs du monde, et ainsi, dans l’esprit de nos entendements, les affections de nos cœurs et l’expérience de nos âmes, être prêts pour la rencontre du céleste Époux ! Pour le moment notre place est en dehors du camp. Grâces à Dieu de ce qu’il en est ainsi ! Ce serait une inexprimable perte que d’être dans le camp. La même croix qui nous a amenés en dedans du voile, nous a jetés hors du camp. Christ y fut aussi chassé, et là nous sommes avec lui : mais il a été reçu dans le ciel, et nous y sommes avec lui. N’est-ce pas une grâce que d’être en dehors de tout ce qui a rejeté notre Seigneur et Maître ? Assurément ; et plus nous connaissons Jésus, plus nous connaissons ce présent siècle mauvais, plus aussi nous serons reconnaissants de trouver notre place en dehors de tout, avec Lui.

 

Lectures et méditations proposées :

Régénération selon Tite 3:5

RÉGÉNÉRATION (Pierre ROSSEL)

Le lavage de la régénérationTite 3:5

Lavage de la régénération (Arend Remmers)

DEUX LAVAGES (Monard Jacques-André)

Cours biblique - Explications de mots et expressions - Parle, car ton serviteur écoute — 1 Samuel 3 v 10

Sur l’abolition du péché (J. N. Darby)


 

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14 août 2024 3 14 /08 /août /2024 16:15

Notes sur le Lévitique – Chapitre 15


 

Livre du Lévitique – chapitre 15

Notes sur le Lévitique – chapitre 15

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh


 

Chapitre 15

Ce chapitre traite d’une classe de souillures cérémonielles d’une nature beaucoup moins grave que la lèpre. Cette dernière semblerait être présentée comme l’expression de l’énergie profonde du mal de notre nature, tandis que le chapitre 15 énumère un certain nombre de choses, qui sont simplement des infirmités inévitables, mais qui, comme provenant, en quelque mesure, de la nature humaine, souillaient, et réclamaient les ressources de la grâce divine. La présence de Dieu dans l’assemblée exigeait un haut degré de sainteté et de pureté morale. Chaque mouvement de la nature devait être combattu. Les choses mêmes qui, chez l’homme, pouvaient paraître des infirmités inévitables, avaient une influence souillante, et requéraient une purification, parce que l’Éternel était dans le camp. Rien de nuisible, rien d’inconvenant, rien d’indécent, ne devait être souffert dans le voisinage pur et sacré de la présence du Dieu d’Israël. Les nations incirconcises à l’entour n’auraient rien compris à de si saintes ordonnances ; mais l’Éternel voulait qu’Israël fût saint, parce qu’il était le Dieu d’Israël. S’ils devaient être distingués et privilégiés au point de jouir de la présence d’un Dieu saint, il fallait qu’ils fussent un peuple saint.

 

Rien n’est plus propre à exciter l’admiration de l’âme que la sollicitude jalouse de l’Éternel pour toutes les habitudes et pratiques de son peuple. Il les gardait chez eux et au dehors, endormis ou éveillés, de jour et de nuit. Il veillait à leur nourriture, il veillait à leurs vêtements, il veillait aux plus petits détails de leurs affaires particulières. Si quelque légère tache paraissait sur la personne, il fallait, à l’instant, l’examiner soigneusement. En un mot, rien n’était négligé de ce qui pouvait en quelque manière affecter le bien-être ou la pureté de ceux auxquels l’Éternel s’était associé, et au milieu desquels il habitait. Il prenait intérêt à leurs affaires les plus triviales. Il veillait soigneusement à tout ce qui les concernait, soit publiquement, soit socialement, soit individuellement.

 

Pour un incirconcis, cela aurait été un fardeau insupportable. Avoir un Dieu d’une sainteté infinie sur son chemin le jour, et autour de son lit, pendant la nuit, aurait été pour lui, une contrainte intolérable ; mais, pour celui qui aimait véritablement la sainteté, pour celui qui aimait Dieu, rien ne pouvait être plus délicieux. Un tel homme se réjouit dans la douce assurance que Dieu est toujours près ; et il prend son plaisir dans la sainteté qui est, à la fois, demandée et garantie par la présence de Dieu.


Lecteur, en est-il ainsi de vous ? Aimez-vous la présence divine et la sainteté que cette présence réclame ? Vous permettez-vous quoi que ce soit d’incompatible avec la sainteté de la présence de Dieu ? Vos pensées, vos sentiments et vos actions sont-ils en harmonie avec la pureté et l’élévation du sanctuaire ? En lisant ce chapitre 15 du Lévitique, rappelez-vous qu’il a été écrit pour votre instruction. Vous devez le lire par l’Esprit car, pour vous, il a une application spirituelle. Le lire d’une autre manière, c’est en tordre le sens à votre propre destruction ou, pour me servir d’une phrase cérémonielle, c’est « cuire un chevreau dans le lait de sa mère ».

 

Demandez-vous peut-être : « Quelle instruction puis-je retirer de cette partie de l’Écriture ? Quelle application puis-je m’en faire ? » En premier lieu, je vous le demanderai, n’admettez-vous pas qu’elle a été écrite pour votre instruction ? J’espère que vous n’en doutez pas, vu que l’apôtre inspiré déclare si expressément que « toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction » (Rom. 15:4). Plusieurs semblent oublier cette importante déclaration, du moins pour ce qui concerne le livre du Lévitique. Ils ne peuvent croire qu’ils aient à apprendre quoi que ce soit des rites et des cérémonies d’un temps qui n’est plus, et particulièrement de rites et de cérémonies tels que ceux que rapporte ce chapitre 15. Mais, quand nous nous rappelons que c’est le Saint Esprit qui a fait écrire ce chapitre, que chaque paragraphe, chaque verset, chaque ligne en « est divinement inspiré et utile », cela devrait nous pousser à en chercher le sens. Assurément l’enfant de Dieu doit lire ce que Dieu a écrit. Sans doute qu’il faut une puissance spirituelle pour savoir "comment", et une sagesse spirituelle pour savoir "quand "on doit lire un tel chapitre ; mais cela peut se dire aussi d’un chapitre quelconque. Une chose est certaine, c’est que si nous étions suffisamment spirituels, suffisamment célestes, suffisamment distraits de notre nature et élevés au-dessus de la terre, nous ne déduirions que des idées et des principes purement spirituels de ce chapitre et d’autres chapitres analogues. Si un ange du ciel lisait ces portions de l’Écriture, comment les envisagerait-il ? Seulement dans une lumière spirituelle et céleste ; seulement comme contenant la plus pure et la plus haute moralité. Et pourquoi n’en ferions-nous pas de même ? Je crois que nous n’avons pas l’idée du mépris positif que nous jetons sur le Volume sacré, en souffrant qu’une portion en soit si entièrement négligée que le livre du Lévitique l’a été. Si ce livre ne devait pas être lu, il n’aurait assurément pas dû être écrit. S’il n’est pas « utile », assurément il n’aurait pas dû trouver place dans le canon de l’inspiration divine ; mais, puisqu’il a plu « au Dieu seul sage » de dicter (*) ce livre, assurément ses enfants devraient se plaire à le lire.

 

(*) On peut bien dire « dicter », quand il s’agit du Lévitique, puisque, d’un bout à l’autre, sauf un ou deux chapitres historiques (9 et 10:1-7), nous lisons ces mots avant chaque subdivision : « L’Éternel parla à Moïse, en disant » : ce qui en fait la portion la plus directement inspirée de Dieu, de toutes les Écritures (Trad.).

 

Sans doute, une sagesse spirituelle, un saint discernement, et ce sens moral exquis que la communion avec Dieu peut seule donner — tout cela serait nécessaire pour pouvoir juger quand un tel chapitre doit être lu. Nous serions fortement portés à douter du jugement et du tact d’un homme qui se lèverait pour lire le chapitre 15 du Lévitique, au milieu d’une assemblée ordinaire. Mais pourquoi ? Est-ce parce qu’il n’est pas « divinement inspiré », et comme tel, « utile » ? Nullement ; mais parce que la plupart des auditeurs ne seraient pas assez spirituels pour en comprendre les pures et saintes leçons.

 

Qu’est-ce donc que nous devons apprendre de ce chapitre ? D’abord, il nous enseigne à veiller, avec une sainte jalousie, sur tout ce qui provient de la nature humaine. Tout mouvement, toute émanation de notre nature souille. La nature humaine, déchue, est une source impure, et tout ce qui en procède est souillé. Elle ne peut produire quoi que ce soit de pur, de saint ou de bon. C’est une leçon fréquemment inculquée dans le livre du Lévitique, et particulièrement enseignée dans ce chapitre.

 

Mais, bénie soit la grâce qui a pourvu si amplement aux souillures de la chair ! Les moyens dont elle y pourvoit sont présentés sous deux formes distinctes dans la parole de Dieu tout entière, et spécialement dans la portion de cette Parole dont nous nous occupons ; ce sont « l’eau et le sang ». L’un et l’autre se rattachent à la mort de Christ. Le sang qui expie et l’eau qui purifie coulèrent du côté percé d’un Christ crucifié (comp. Jean 19:34 avec 1 Jean 5:6). « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7). Et la parole de Dieu purifie nos habitudes, notre conduite et nos voies (Ps. 119:9 ; Éph. 5:26). Ainsi nous sommes maintenus dans un état propre à la communion et au culte, quoique passant à travers un monde où tout est souillé, et portant en nous une nature dont chaque mouvement laisse une tache derrière lui.

 

Nous avons déjà remarqué que notre chapitre traite d’une classe de souillures cérémonielles, d’un caractère moins grave que la lèpre. C’est ce qui explique pourquoi l’expiation est figurée ici, non par un veau ou un agneau, mais par le moindre degré des sacrifices, savoir, par « deux tourterelles ». Mais, d’un autre côté, la vertu purifiante de la Parole est constamment rappelée par l’acte cérémoniel de laver. « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole ». « Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât en la purifiant par le lavage d’eau par la parole ». L’eau occupait une place fort importante dans le système lévitique de purification, et, comme type de la Parole, rien ne saurait être plus intéressant et plus instructif.

 

Nous pouvons donc recueillir de précieuses données du chapitre 15 du Lévitique. Nous y apprenons, d’une manière frappante, l’extrême sainteté de la présence divine. Pas une souillure, pas une tache ne peuvent être tolérées un seul instant dans cette région trois fois sainte. « Et vous séparerez les fils d’Israël de leurs impuretés, et ils ne mourront pas dans leurs impuretés, en souillant mon tabernacle qui est au milieu d’eux » (vers. 31).


Nous y apprenons encore que la nature humaine est une source intarissable de souillures. Elle est désespérément souillée : et, non seulement elle est souillée, mais elle souille. Éveillée ou endormie, assise, debout ou couchée, notre nature est souillée et souille. Son attouchement même communique la souillure. C’est une leçon profondément humiliante pour l’orgueilleuse humanité, mais il en est ainsi. Le Lévitique tient un miroir fidèle devant notre nature. Il ne laisse à la « chair » rien en quoi elle puisse se glorifier. Les hommes peuvent se vanter de leur civilisation, de leur sens moral, de leur dignité. Qu’ils étudient le troisième livre de Moïse, et là ils verront ce que tout cela vaut réellement au jugement de Dieu.

 

Enfin nous y apprenons, de nouveau, la valeur expiatoire du sang de Christ et la vertu purifiante et sanctifiante de la précieuse parole de Dieu. Lorsque nous pensons à la pureté irréprochable du sanctuaire, que nous réfléchissons à la souillure incurable de notre nature, et que nous demandons : « Comment pouvons-nous "y" entrer et "y" demeurer ? » la réponse se trouve dans « le sang et l’eau » qui coulèrent du côté d’un Christ crucifié (lien) — d’un Christ qui livra sa vie à la mort pour nous, afin que nous vécussions par lui. « Il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, et l’eau, et le sang » et, béni soit Dieu, « les trois sont d’accord pour un même témoignage » (lien). L’Esprit ne nous apporte pas un message différent de celui que nous trouvons dans la Parole ; et la Parole et l’Esprit, de concert, nous déclarent le prix infini et l’efficace du sang (lien).


Ne pouvons-nous donc pas dire que le chapitre 15 du Lévitique a été « écrit pour notre instruction ? » N’a-t-il pas sa place bien distincte et utile dans le divin canon ? Assurément. Il y aurait une lacune s’il eût été omis. Nous apprenons là ce que nous ne pouvions apprendre de la même manière, nulle part ailleurs. Il est vrai que toutes les Écritures nous enseignent la sainteté de Dieu, l’impureté de notre nature, l’efficace du sang, la valeur de la Parole ; mais le chapitre que nous venons d’étudier présente, ces grandes vérités à notre esprit, et les grave sur nos cœurs d’une manière qui lui est tout à fait particulière.

 

Puisse "chaque portion "du Volume de notre Père être précieuse à nos cœurs ! Puisse "chacun "de ses témoignages nous être « plus doux que le miel et que ce qui distille des rayons de miel » ! et puisse « chacun de ses justes jugements » avoir dans nos âmes la place qui lui est due !

 

Lectures et méditations proposées :

Comment connaître et appliquer la Parole de Dieu - « Jésus… lui dit : … j’ai quelque chose à te dire » (Luc 7:40) - (Seauve Gérard)

DEUX LAVAGES (Monard Jacques-André)

Régénération selon Tite 3:5

RÉGÉNÉRATION (Pierre ROSSEL)

Le lavage de la régénérationTite 3:5

Lavage de la régénération (Arend Remmers)

La nouvelle nature et la vieille nature (Frank Binford HOLE)

LA NOUVELLE NAISSANCE Les DEUX NATURES et la MARCHE par L’ESPRIT


 

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13 avril 2024 6 13 /04 /avril /2024 09:46

Notes sur le Lévitique – Chapitres 13 et 14

 

Livre du Lévitique – chapitres 13 et 14

Notes sur le Lévitiquechapitres 13 et 14

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitres 13 et 14

De toutes les fonctions que, d’après la loi de Moïse, le sacrificateur avait à remplir, aucune n’exigeait une attention plus patiente, une plus stricte adhésion au Guide divin, que la constatation et le traitement convenable de la lèpre. Ce fait doit être évident pour quiconque étudie avec quelque peu d’attention l’importante partie de notre Livre à laquelle nous sommes arrivés.

 

Deux choses exigeaient la sollicitude vigilante du sacrificateur, savoir, la pureté de l’Assemblée et la grâce qui ne pouvait admettre l’exclusion d’un membre quelconque, à moins de motifs bien clairement déterminés. La sainteté ne pouvait permettre qu’un homme quelconque, qui devait être exclu, demeurât dans la congrégation ; et, d’un autre côté, la grâce ne voulait pas que qui que ce soit fût dehors, qui devait être dedans. C’est pourquoi le sacrificateur avait le plus urgent besoin de vigilance, de calme, de sagesse, de patience, de tendresse et d’une grande expérience. Certaines choses pouvaient paraître de peu d’importance, tout en étant réellement très graves, et d’autres pouvaient ressembler à la lèpre, sans l’être le moins du monde. Il fallait la plus grande attention et le plus grand sang-froid. Un jugement précipité, une conclusion trop prompte, pouvaient entraîner les plus sérieuses conséquences, soit pour l’assemblée, soit pour quelqu’un de ses membres.

 

C’est ce qui explique la fréquente répétition d’expressions, telles que les suivantes : « Le sacrificateur verra » ; — « le sacrificateur fera enfermer pendant "sept jours "celui qui a la plaie ; et le sacrificateur le verra le septième jour » ; — « le sacrificateur le fera enfermer pendant "sept autres jours. "Et le sacrificateur le "verra pour la seconde fois "le septième jour ». On ne devait juger ou décider d’aucun cas avec précipitation. On ne devait former aucune opinion par ouï-dire. L’examen personnel, le discernement sacerdotal, la calme réflexion, la stricte adhésion à la parole écrite, savoir au Guide saint et infaillible, toutes ces choses étaient formellement exigées du sacrificateur, s’il voulait se former un jugement sain sur chaque cas. Il ne devait pas se laisser guider par ses propres pensées, ses propres sentiments, sa propre sagesse en quoi que ce soit. Il avait d’amples directions dans la Parole, pourvu qu’il s’y soumît. Chaque détail, chaque trait, chaque mouvement, chaque variation, chaque nuance et chaque symptôme particulier — tout était prévu, avec une prévoyance divine, en sorte que le sacrificateur n’avait qu’à bien connaître la Parole et à s’y conformer en tous points, pour éviter des milliers d’erreurs.

 

En voilà assez quant au sacrificateur et à ses saintes responsabilités.

 

Considérons maintenant la maladie de la lèpre, développée dans un individu, dans un vêtement ou dans une maison.

 

Au point de vue physique, rien ne pouvait être plus dégoûtant que cette maladie ; et comme elle était tout à fait incurable quand il s’agissait d’un homme, elle offre une peinture des plus vives et des plus effrayantes du péché — du péché en nous — du péché dans nos circonstances — du péché dans une assemblée. Quelle leçon pour l’âme, qu’une maladie aussi affreuse et humiliante soit employée pour figurer le mal moral, soit dans un membre de l’assemblée de Dieu, soit dans les circonstances d’un de ses membres, soit dans l’assemblée elle-même !

 

1. Et d’abord, quant à la lèpre dans un individu, ou en d’autres termes, quant à l’action du mal moral ou à ce qui pouvait paraître mal chez quelque membre de l’assemblée, c’est une affaire de grave et sérieuse importance — une affaire qui demande la plus grande vigilance et toute la sollicitude de la part de tous ceux qui ont à cœur le bien des âmes et la gloire de Dieu, laquelle est intéressée au bien-être et à la pureté de son assemblée comme corps et de chacun de ses membres en particulier.

 

Il importe de remarquer que, tandis que les principes généraux de la lèpre et de sa purification s’appliquent, dans un sens secondaire, à tout pécheur, cependant, dans la portion de l’Écriture qui nous occupe, le sujet est présenté en rapport avec ceux qui étaient le peuple reconnu de Dieu. L’individu que l’on voit ici soumis à l’examen du sacrificateur est un membre de l’assemblée de Dieu. Il est bon de comprendre cela. L’Assemblée de Dieu doit être conservée pure, parce que c’est son habitation. Aucun lépreux ne peut demeurer dans l’enceinte sacrée de la demeure de l’Éternel.

 

Mais alors, remarquez le soin, la vigilance, la patience parfaite, recommandés au sacrificateur ; de peur que quelque chose, qui n’était pas la lèpre, ne fût traité comme lèpre, ou que quelque chose, qui était réellement la lèpre, ne fût toléré. Maintes affections pouvaient paraître « dans la peau » — la place de la manifestation — « comme une plaie de lèpre », lesquelles, après une patiente investigation du sacrificateur, se trouvaient n’être que superficielles. C’est à quoi il fallait soigneusement avoir égard. Quelque bouton pouvait apparaître à la surface, lequel, quoique demandant les soins de celui qui agissait pour Dieu, n’était pas réellement une souillure. Et pourtant ce qui paraissait n’être qu’un bouton superficiel pouvait devenir quelque chose de plus profond que la peau, quelque chose sous la surface, quelque chose affectant les éléments cachés de la constitution. Tout cela exigeait la plus grande sollicitude de la part du sacrificateur (voyez vers. 2-11). Une petite négligence, un léger oubli pouvaient amener des conséquences désastreuses. Cela pouvait occasionner la souillure de l’assemblée par la présence d’un lépreux réel, ou l’expulsion, pour quelque infirmité superficielle, d’un vrai membre de l’Israël de Dieu.


Il y a dans tout cela un riche fonds d’instructions pour le peuple de Dieu. Il y a une différence entre les infirmités personnelles et la positive énergie du mal, — entre les défauts et les imperfections de la conduite et l’activité du péché dans les membres. Sans doute, il importe de veiller sur nos infirmités ; car si nous ne sommes pas sur nos gardes à leur égard et si nous ne les jugeons pas, elles peuvent devenir la source d’un mal positif (vers. 14-28). Tout ce qui est de notre nature doit être jugé et refoulé. Nous ne devons avoir aucune indulgence pour les infirmités personnelles qui sont "en nous-mêmes", quoique nous devions en avoir beaucoup pour celles qui sont "chez les autres. "Prenons, pour exemple, un caractère irritable. Chez moi, je dois le juger ; chez un autre, je dois l’excuser. Semblable à « la tumeur blanche », dans le cas de l’Israélite (vers. 19-20), il peut devenir la source d’une vraie souillure — la cause d’une exclusion de l’assemblée. Toute faiblesse, quel qu’en soit le caractère, doit être surveillée, de peur qu’elle ne devienne une occasion de péché. Une tête chauve n’était pas de la lèpre, mais la lèpre pouvait s’y déclarer et, par conséquent, il fallait y prendre garde. Il peut y avoir mille choses qui ne sont pas coupables, en elles-mêmes, mais qui peuvent devenir une occasion de péché, si l’on n’y fait pas une grande attention. Et il ne s’agit pas seulement de ce qui, à notre avis, peut être nommé taches, défauts et infirmités personnelles, mais même ce dont nos cœurs pourraient être disposés à se glorifier. L’humour, la vivacité d’esprit, la gaîté peuvent devenir la source et le centre de la souillure. Chacun a quelque chose dont il doit se garder, — quelque chose qui fait qu’il doit toujours se tenir comme sur un observatoire. Que nous sommes heureux de pouvoir compter sur un cœur de Père, au sujet de toutes ces choses ! Nous avons le précieux privilège de pouvoir entrer, en tout temps, en la présence de l’amour infatigable, toujours accessible, qui ne repousse jamais et ne fait pas de reproches, pour exprimer tout ce que nous avons sur le cœur, obtenir grâce pour être aidés en tous nos besoins et remporter une complète victoire sur tout. Nous n’avons pas sujet d’être découragés aussi longtemps que nous voyons cette inscription sur la porte du trésor de notre Père : « Il donne une plus grande grâce ». Précieuse inscription ! Elle n’a pas de limites. Elle est sans fond et sans bornes.


 

Nous allons voir maintenant ce qu’on faisait dans chacun des cas où la plaie de la lèpre était indubitablement reconnue. Le Dieu d’Israël pouvait supporter les infirmités, les défauts et les taches ; mais du moment que le cas devenait un cas de souillure, qu’elle fût à la tête, à la barbe, au front ou en quelque autre partie, elle ne pouvait être tolérée dans la sainte assemblée. « Et le lépreux en qui sera la plaie aura ses vêtements déchirés et sa tête découverte, et il se couvrira la barbe, et il criera : Impur ! Impur ! Tout le temps que la plaie sera en lui, il sera impur ; il est impur ; il habitera seul, son habitation sera hors du camp » (vers. 45, 46). Voilà quelle était la condition du lépreux — l’occupation du lépreux — la place du lépreux. Les vêtements déchirés, la tête nue, la barbe couverte, criant : Impur ! Impur ! et demeurant hors du camp, dans la solitude du désert vaste et affreux. Que pouvait-il y avoir de plus humiliant, de plus accablant que cela ? « Il habitera seul ». Il était indigne de la communion et de la société de ses semblables. Il était exclu du seul endroit, dans le monde entier, où la présence de l’Éternel était connue et goûtée.


Lecteur, voyez dans le pauvre et solitaire lépreux le type frappant de celui en qui le péché travaille. C’est vraiment là ce que cela signifie. Ce n’est pas, comme nous le verrons bientôt, un pécheur perdu, faible, coupable et condamné, dont le péché et la misère sont entièrement découverts et qui, par conséquent, est un sujet bien qualifié pour l’amour de Dieu et pour le sang de Christ. Non, nous voyons, dans le lépreux mis à part, un homme en qui le péché agit avec efficace — un homme en qui il y a la positive énergie du mal. C’est là ce qui souille et exclut de la jouissance de la présence de Dieu et de la communion des saints. Aussi longtemps que le péché agit, il ne peut y avoir de communion ni avec Dieu, ni avec son peuple. « Il habitera seul ; son habitation sera hors du camp ». Jusques à quand ? Pendant « tout le temps que "la plaie "sera en" "lui ». C’est là une grande vérité pratique. L’énergie du mal est le coup de mort de la communion. Il peut y avoir les apparences extérieures, les pures formes, la froide profession, mais il ne peut y avoir de communion tant que l’énergie du mal est là. N’importe le caractère ou la mesure du mal ; s’il n’avait que le poids d’une plume, si ce n’était qu’une pensée légère, aussi longtemps qu’il continue à agir, il doit empêcher la communion, la suspendre pour un temps. C’est quand il se forme en bouton, quand il monte à la surface, quand il se découvre entièrement, qu’il peut être combattu et tout à fait ôté par la grâce de Dieu et par le sang de l’Agneau.

 

Ceci nous amène à un point des plus intéressants en rapport avec le lépreux — à un point qui doit paraître un vrai paradoxe à tous, sauf à ceux qui comprennent la manière dont Dieu agit envers les pécheurs : « Si la lèpre fait éruption sur la peau, et que la lèpre couvre toute la peau de celui qui a la plaie, de la tête aux pieds, autant qu’en pourra voir le sacrificateur, le sacrificateur le verra : et voici, la lèpre a couvert toute sa chair ; alors il déclarera pur celui qui a la plaie : il est tout entier devenu blanc ; il est pur » (chap. 13:12, 13). Du moment qu’un pécheur est à sa vraie place devant Dieu, la question tout entière est réglée. Dès que son véritable caractère est pleinement manifesté, il n’y a plus de difficulté. Il peut avoir à passer par de pénibles expériences, avant d’en arriver là — expériences résultant de ses refus de prendre sa véritable place — de confesser « toute la vérité » sur ce qu’il est ; mais, dès l’instant qu’il est amené à dire de tout son cœur : « "tel que je suis" », la grâce gratuite de Dieu coule jusqu’à lui. « Quand je me suis tu, mes os ont dépéri, quand je rugissais tout le jour. Car jour et nuit ta main s’appesantissait sur moi ; ma vigueur s’est changée en une sécheresse d’été » (Ps. 32:3, 4). Combien de temps ce pénible état durait-il ? Jusqu’à ce que tout ce qui travaillait à l’intérieur fût venu ouvertement à la surface. « Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas couvert mon iniquité ; j’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (vers. 5).

 

Il est des plus intéressant d’observer la suite des dispensations de Dieu envers le lépreux, depuis l’instant où les soupçons étaient excités par certains symptômes à l’endroit de la manifestation, jusqu’à ce que la maladie couvrît l’homme tout entier, « de la tête aux pieds ». Il n’y avait ni hâte, ni indifférence. Dieu entre toujours en jugement d’un pas lent et mesuré ; mais quand il y entre, il faut qu’il agisse selon les droits de sa nature. Il peut examiner avec patience. Il peut attendre « sept jours », et si la plus légère variation se montre dans les symptômes, il peut attendre « sept autres jours » ; mais du moment qu’il est prouvé que c’est bien positivement l’action de la lèpre, il ne peut plus y avoir de tolérance : « Son habitation sera hors du camp ». Jusques à quand ? Jusqu’à ce que la maladie soit entièrement venue à la surface. Si « la lèpre a couvert "toute "sa chair, alors il le déclarera pur ». C’est ici le point le plus précieux et le plus intéressant. La plus petite tache de lèpre était intolérable aux yeux de Dieu ; et cependant, quand l’homme tout entier en était couvert de la tête aux pieds, il était déclaré net — c’est-à-dire il était un sujet qualifié pour avoir part à la grâce de Dieu et au sang de l’expiation.

 

Il en est toujours de même avec le pécheur. Dieu « a les yeux trop purs pour voir le mal » et ne peut contempler l’oppression (Hab. 1:13) ; et cependant, du moment qu’un pécheur prend sa véritable place, en tant que complètement perdu, coupable et souillé en tant que n’ayant pas même un seul point sur lequel l’œil de l’infinie Sainteté puisse s’arrêter avec plaisir — comme un être si mauvais qu’il ne pourrait être pire — dès cet instant, toute la question est immédiatement, parfaitement, divinement résolue. La grâce de Dieu a affaire avec des pécheurs ; et quand je me reconnais pécheur, je me reconnais comme l’un de ceux que Christ est venu sauver. Plus quelqu’un me prouvera clairement que je suis un pécheur, plus il établira clairement mon droit à l’amour de Dieu et à l’œuvre de Christ. « Car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu » (1 Pierre 3:18). Or, si je suis « injuste », je suis un de ceux pour lesquels Christ est mort, et j’ai droit à tous les bienfaits de sa mort. « Il n’y a pas un homme juste sur la terre » ; et, puisque je suis « sur la terre », il est évident que je suis « injuste », et il est également évident que Christ est mort pour moi, qu’il a souffert pour mes péchés. Donc, puisque Christ est mort pour moi, je possède l’heureux privilège de pouvoir entrer dans la jouissance immédiate des fruits de Son sacrifice. C’est aussi évident que cela peut être, cela ne demande aucun effort quelconque. Je ne suis pas appelé à être, en quoi que ce soit, différent de ce que je suis. Je ne suis pas appelé à sentir, à expérimenter, à réaliser quoi que ce soit. La Parole de Dieu m’assure que Christ est mort pour moi, tel que je suis ; et s’il est mort pour moi, je suis aussi en sûreté qu’il l’est lui-même. Il n’y a rien contre moi. Christ a satisfait à tout. Non seulement il a souffert pour « mes péchés », mais il a « aboli le péché ». Il a aboli tout le système dans lequel j’étais, comme enfant du premier Adam, et il m’a introduit dans une nouvelle position, en association avec lui-même ; et c’est là que je me tiens devant Dieu, délivré de toute imputation de péché et de toute crainte de jugement.

Tel que je suis, sans rien à moi,

Sinon ton sang versé pour moi,

Et ta voix qui m’appelle, à toi

Agneau de Dieu, je viens, je viens ! (cantique)


Comment puis-je savoir que son sang a été versé pour moi ? Par les Écritures. Source bénie, assurée et éternelle de connaissance ! Christ a souffert pour les péchés. J’ai des péchés, Christ est mort, « le juste pour les injustes ». Je suis injuste. Donc, la mort de Christ s’applique à moi, aussi complètement, aussi immédiatement, aussi divinement que si j’étais le seul pécheur sur la terre. Il ne s’agit pas de mon appropriation, de ma réalisation, de mes sentiments. Bien des âmes se tourmentent là-dessus. Que de fois n’entend-on pas des expressions telles que celles-ci : « Oh ! je crois que Christ est mort pour les pécheurs, mais je ne puis pas "réaliser "que mes péchés sont pardonnés. Je ne puis pas m’appliquer, je ne puis m’approprier, je ne puis expérimenter le bienfait de la mort de Christ ». Tout cela est du "moi, "et non pas Christ. C’est le sentiment, et non l’Écriture. Si nous cherchons d’un bout à l’autre du saint volume, nous n’y trouverons pas une syllabe qui dise que nous sommes sauvés par la réalisation, l’expérience ou l’approbation. L’Évangile s’applique à tous ceux qui se reconnaissent perdus. Christ est mort pour les pécheurs. C’est précisément ce que je suis. Donc, il est mort pour moi. Comment est-ce que je le sais ? Est-ce parce que je le sens ? Nullement. Comment donc ? Par la Parole de Dieu. « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures… il a été enseveli et il a été ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (1 Cor 15:3, 4). Ainsi, tout est « selon les Écritures ». Si c’était selon nos sentiments, nous serions bien misérables, car nos sentiments sont rarement les mêmes pendant un jour tout entier ; mais les Écritures sont toujours les mêmes. « Éternel ! ta parole est établie à toujours dans les cieux… Tu as exalté ta parole au-dessus de tout ton nom ».


 

Sans doute, c’est très heureux de réaliser, de sentir et d’expérimenter ; mais si nous mettons ces choses à la place de Christ, nous n’aurons ni ces choses ni le Christ qui les donne. Si je suis occupé de Christ, je serai heureux ; mais si je mets mon bonheur à la place de Christ, je n’aurai ni l’un ni l’autre. C’est la triste condition morale de milliers de gens. Au lieu de se reposer sur l’inébranlable autorité des Écritures, ils regardent toujours à leurs propres cœurs, ce qui fait qu’ils sont toujours incertains, et, par conséquent, toujours malheureux. Un état de doute est un état de torture. Mais comment puis-je sortir de mes doutes ? Tout simplement en croyant à la divine autorité des Écritures. De qui les Écritures rendent-elles témoignage ? De Christ (Jean 5). Elles déclarent que Christ est mort pour nos péchés, et qu’il a été ressuscité pour notre justification (Rom. 4). Cela règle tout. La même parole qui me dit que je suis injuste, me dit aussi que Christ est mort pour moi. Rien ne peut être plus clair. Si je n’étais pas injuste, la mort de Christ ne serait pas pour moi du tout ; mais, moi étant injuste, elle est ce qu’il me faut et s’applique divinement à moi. Si je suis occupé de quoi que ce soit en moi-même ou touchant moi-même, il est clair que je n’ai pas saisi toute l’application spirituelle de Lév. 13:12, 13. Je ne suis pas venu à l’Agneau de Dieu, « "tel que je suis" ». C’est quand le lépreux est couvert de lèpre de la tête aux pieds qu’il est comme il doit être. C’est alors, et alors seulement, que la grâce peut le rencontrer. « Le sacrificateur le verra : et voici, la lèpre a couvert toute sa chair ; alors il déclarera pur celui qui a la plaie : il est tout entier devenu blanc ; il est pur ». Précieuse vérité ! « Où le péché abondait, la grâce a surabondé ». Aussi longtemps que je pense qu’il y a une seule place qui ne soit pas couverte par l’affreuse maladie, je n’en ai pas fini avec moi-même. C’est quand mon véritable état m’est complètement dévoilé que je comprends réellement ce que veut dire le salut par grâce.

 

Nous comprendrons mieux la force de tout cela, lorsque nous en viendrons à considérer les ordonnances relatives à la purification du lépreux, au chapitre 14 de notre livre. Nous dirons maintenant quelques mots sur la question de la lèpre des vêtements, mentionnée au chapitre 13:47-59.

 

2. Le vêtement ou la peau suggère à l’esprit l’idée des circonstances ou des habitudes d’un homme. C’est un point de vue éminemment pratique. Nous devons être en garde contre le développement du mal dans nos voies tout autant que contre le mal en nous-mêmes. Nous voyons la même investigation patiente à l’égard d’un vêtement que dans le cas d’une personne. Il n’y a aucune précipitation, comme aussi aucune indifférence. « Le sacrificateur verra la plaie, et il fera enfermer pendant sept jours l’objet où est la plaie ». Il ne doit y avoir ni insouciance, ni négligence. Le mal peut se glisser de mille manières dans nos habitudes et dans nos circonstances ; c’est pourquoi, dès que nous apercevons quoi que ce soit d’une nature suspecte, nous devons le soumettre à une investigation sacerdotale, calme et patiente. Il faut qu’il soit « enfermé pendant sept jours », afin d’avoir amplement le temps de se manifester tout à fait.

 

« Et le septième jour, il verra la plaie : si la plaie s’est étendue dans le vêtement, soit dans la chaîne, soit dans la trame, soit dans la peau, dans un ouvrage quelconque qui a été fait de peau, la plaie est une lèpre rongeante : la chose est impure. Alors on brûlera le vêtement ». La mauvaise habitude doit être abandonnée à l’instant où je la découvre. Si je me trouve dans une mauvaise position, je dois la quitter. L’action de brûler le vêtement exprime le jugement du mal, soit dans les habitudes, soit dans les circonstances d’un homme. Il ne faut pas jouer avec le mal. Dans certains cas, le vêtement devait être « lavé », ce qui exprime l’action de la Parole de Dieu sur les habitudes d’un homme. « Le sacrificateur commandera qu’on lave l’objet où est la plaie, et le fera enfermer pendant "sept autres jours" ». Il faut une attente patiente pour s’assurer des effets de la Parole. « Et le sacrificateur verra, après que la plaie aura été lavée : et voici, la plaie n’a pas changé… tu la brûleras au feu ». Quand il y a quelque chose de radicalement et d’irrémédiablement mauvais dans notre position ou dans nos habitudes, nous n’avons pas autre chose à faire qu’à y renoncer entièrement. « Et si le sacrificateur regarde, et voici, la plaie s’efface après avoir été lavée, alors on l’arrachera du vêtement ». La Parole peut produire assez d’effet pour que ce qui est mauvais dans la conduite d’un homme, ou dans sa position, soit abandonné, et qu’ainsi le mal soit ôté ; mais si malgré tout, le mal continue, il doit être, avec tout ce qui s’y rattache, entièrement condamné et mis de côté.

 

Il y a une mine abondante d’instructions pratiques dans tout ceci. Nous devons prendre bien garde à la position que nous occupons, aux circonstances dans lesquelles nous sommes, aux habitudes que nous contractons, au caractère que nous prenons. Il y a là un besoin tout particulier de vigilance. Tout symptôme suspect doit être soigneusement surveillé, de peur qu’il ne se change plus tard en « lèpre rongeante » ou « faisant éruption », par laquelle, nous-mêmes et beaucoup d’autres, nous serions souillés. Nous pouvons être placés dans une position, à laquelle sont attachées certaines choses mauvaises qui peuvent être abandonnées sans abandonner entièrement la position ; mais nous pouvons nous trouver aussi dans une situation où il est impossible de « demeurer avec Dieu ». Si l’œil est simple, le chemin sera tout tracé. Si le seul désir du cœur est de jouir de la présence divine, nous découvrirons aisément quelles sont les choses qui tendent à nous priver de cette grâce inexprimable.

 

Puissions-nous rechercher une plus grande intimité avec Dieu, et nous garder soigneusement de toute forme de souillure, soit dans nos personnes, soit dans nos habitudes, soit dans nos relations !

 

Nous allons considérer maintenant les belles et significatives ordonnances, relatives à la purification du lépreux, qui nous offrent en type quelques-unes des vérités les plus précieuses de l’Évangile.

 

« L’Éternel parla à Moïse, disant : C’est ici la loi du lépreux, au jour de sa purification : il sera amené au sacrificateur ; et le sacrificateur sortira hors du camp » (chap. 14:1-3). Nous avons déjà vu quelle place le lépreux occupait. Il était hors du camp, à distance de Dieu, de son sanctuaire et de son assemblée. En outre, il demeurait dans une aride solitude, dans une condition de souillure. Il était hors de la portée de tout secours humain et, quant à lui-même, il ne pouvait que communiquer la souillure à tout ce qu’il touchait. Il était donc, évidemment, impossible qu’il pût faire quoi que ce fût pour se purifier. S’il ne pouvait que souiller par son attouchement, comment aurait-il pu se nettoyer lui-même ? Comment aurait-il pu contribuer ou coopérer à sa purification ? Impossible. Comme lépreux souillé, il ne pouvait absolument rien faire pour lui-même ; "tout" devait être fait "pour" lui. Il ne pouvait se frayer un chemin jusqu’à Dieu, mais Dieu pouvait se frayer un chemin jusqu’à lui. Aucun moyen de secours pour lui, ni en lui-même, ni en ses semblables. Il est clair qu’un lépreux ne pouvait en nettoyer un autre ; et il est clair aussi que si un lépreux touchait une personne nette, il la rendait souillée. Sa seule ressource était en Dieu. Il devait être débiteur de la grâce pour toutes choses.

 

C’est pourquoi nous lisons : « Le sacrificateur sortira hors du camp ». Il n’est pas dit : « Le lépreux viendra ». C’était entièrement en dehors de la question ; à quoi eût servi de dire au lépreux d’aller ou de faire ? Il était relégué dans la solitude du désert ; où pouvait-il aller ? Il était tout couvert de souillures incurables ; que pouvait-il faire ? Il pouvait soupirer après la société de ses semblables, et désirer d’être nettoyé ; mais ses soupirs étaient ceux d’un lépreux isolé et sans force. Il pouvait faire des efforts pour se nettoyer, mais ses efforts n’avaient d’autre résultat que de le montrer souillé et de contribuer à propager la souillure. Avant qu’il pût être déclaré « pur », il fallait qu’une œuvre fût opérée pour lui — œuvre qu’il ne pouvait ni faire, ni aider à faire — œuvre qui devait être entièrement accomplie par un autre. Le lépreux devait se « tenir tranquille », et regarder le sacrificateur faisant une œuvre en vertu de laquelle la lèpre pouvait être parfaitement nettoyée. Le sacrificateur faisait "tout". Le lépreux ne faisait "rien".

 

« Le sacrificateur commandera qu’on prenne, pour celui qui doit être purifié, deux oiseaux vivants et purs, et du bois de cèdre, et de l’écarlate, et de l’hysope ; et le sacrificateur commandera qu’on égorge l’un des oiseaux sur un vase de terre, sur de l’eau vive ». Dans le sacrificateur sortant hors du camp — sortant du domicile de Dieu — nous voyons le Seigneur Jésus, descendant du sein du Père, sa demeure éternelle, sur notre terre souillée, où il nous voyait enfoncés dans la lèpre avilissante du péché. Semblable au bon Samaritain, il vint à nous là où nous étions. Il ne vint pas seulement à mi-chemin. Il ne fit pas seulement les neuf dixièmes de la route de notre côté. Il fit tout le chemin. C’était indispensable. Vu les saintes exigences du trône de Dieu, il n’aurait pas pu commander à notre lèpre de nous quitter, s’il était resté dans le sein du Père. Il pouvait créer des mondes par la parole de sa bouche ; mais quand il s’agissait de nettoyer des pécheurs lépreux, il fallait quelque chose de plus. « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique ». Quand il s’agit de former les mondes, Dieu n’eut qu’à parler. Quand il s’agit de sauver les pécheurs, il dut donner son Fils. « En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ; en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous avons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4:9-10).

Mais l’envoi et l’incarnation du Fils étaient loin d’être tout ce qu’il fallait. Si le sacrificateur n’avait fait que sortir hors du camp et regarder la misérable condition du lépreux, cela ne lui aurait pas servi à grand-chose. L’effusion du sang était absolument nécessaire pour que la lèpre pût être ôtée. Il fallait la mort d’une victime sans tache. « Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22). Et remarquez que l’effusion du sang était la base réelle de la purification du lépreux. Ce n’était pas une circonstance accessoire qui, de concert avec d’autres, contribuait à la purification du lépreux. Nullement. Le sacrifice de la vie était le fait principal et de toute importance. Cela accompli, le chemin était ouvert ; toute barrière était enlevée ; Dieu pouvait agir en parfaite grâce avec le lépreux. Il faut soigneusement retenir ce point, si l’on veut bien comprendre la glorieuse doctrine du sang.

 

« Et le sacrificateur commandera qu’on égorge l’un des oiseaux sur un vase de terre, sur de l’eau vive ». Nous avons ici le type reconnu de la mort de Christ « qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache ». « Il a été crucifié en infirmité » (Héb. 9 ; 2 Cor. 13). L’œuvre la plus grande, la plus importante, la plus glorieuse, qui fût jamais opérée dans le vaste univers de Dieu, fut accomplie « en infirmité ». Oh ! mes lecteurs, quelle terrible chose le péché doit être au jugement de Dieu, puisque son Fils unique a dû descendre du ciel et être cloué au bois maudit, en spectacle aux hommes, aux anges et aux démons, pour que vous et moi pussions être sauvés ! Et quel type du péché nous avons en la lèpre ! Qui aurait pensé que cette petite « tumeur blanche », paraissant sur la personne de quelque membre de l’assemblée, fût d’une aussi grave conséquence ? Mais cette petite « tumeur blanche » n’était rien moins que l’énergie du mal, en train de se manifester. C’était l’indice de l’affreux travail du péché dans la nature ; et, avant que cette personne pût être qualifiée pour occuper de nouveau une place dans l’assemblée, ou pour jouir de la communion avec un Dieu saint, le Fils de Dieu a dû quitter les cieux et descendre dans les lieux les plus bas de la terre, afin de faire une complète expiation pour ce qui ne se montrait que sous la forme d’une petite « tumeur blanche ». Souvenons-nous de cela. Le péché est une chose terrible au jugement de Dieu. Il ne saurait tolérer même une seule pensée coupable. Avant qu’une telle pensée pût être pardonnée, Christ a dû mourir sur la croix. Le plus petit péché, si un péché quelconque peut être appelé petit, ne demandait rien moins que la mort du Fils éternel de Dieu. Mais gloire à Dieu ! ce que le péché exigeait, l’amour rédempteur l’a gratuitement donné ; et maintenant Dieu est infiniment plus glorifié par le pardon du péché, qu’il n’aurait pu l’être si Adam eût gardé son innocence originelle. Dieu est plus glorifié par le salut, le pardon, la justification, la conservation et la glorification finale d’hommes pécheurs, qu’il n’aurait pu l’être en maintenant un homme innocent dans la jouissance des bénédictions de la création. Tel est le précieux mystère de la rédemption. Puissent nos cœurs, par la puissance du Saint Esprit, saisir et approfondir ce merveilleux mystère !

 

« Quant à l’oiseau vivant, il le prendra, et le bois de cèdre, et l’écarlate, et l’hysope, et il les trempera, ainsi que l’oiseau vivant dans le sang de l’oiseau égorgé sur l’eau vive ; et il fera aspersion, sept fois, sur celui qui doit être purifié de la lèpre, et il le purifiera ; puis il lâchera dans les champs l’oiseau vivant ». Le sang étant répandu, le sacrificateur peut entrer immédiatement et pleinement dans son œuvre. Jusqu’ici nous lisions : « Le sacrificateur commandera » ; mais maintenant il agit par lui-même. La mort de Christ est la base de son service sacerdotal. Étant entré dans le lieu saint avec son propre sang, il agit comme notre Grand Souverain Sacrificateur, appliquant à notre âme tous les précieux résultats de son œuvre expiatoire, et nous maintenant dans la pleine et divine intégrité de la position, où son sacrifice nous a introduits. « Car tout souverain sacrificateur est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; c’est pourquoi il était nécessaire que celui-ci aussi eût quelque chose à offrir. Si donc il était sur la terre, il ne serait pas sacrificateur » (Héb. 8:3, 4).

 

Nous ne pourrions guère avoir un type plus parfait de la résurrection de Christ, que celui qui nous est présenté dans l’oiseau vivant qu’on lâche dans les champs. Il n’était relâché qu’après la mort de son compagnon ; car les deux oiseaux représentent un seul Christ, à deux moments de son œuvre bénie, savoir, à sa mort et à sa résurrection. Des milliers d’oiseaux relâchés n’auraient servi à rien au lépreux. C’était cet oiseau vivant — s’élevant dans les cieux en portant sur ses ailes la marque significative de l’expiation accomplie — qui proclamait le grand fait que l’œuvre était finie, le terrain déblayé, le fondement posé. Il en est de même relativement à notre Seigneur Jésus Christ. Sa résurrection déclare le glorieux triomphe de la rédemption : « Il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ». « Il a été ressuscité pour notre justification ». C’est là ce qui soulage le cœur oppressé, et met au large la conscience tourmentée. Les Écritures m’assurent que Jésus a été cloué sur la croix, chargé de mes péchés, mais les mêmes Écritures m’assurent aussi qu’il est sorti du tombeau sans aucun de ces péchés sur lui. Et ce n’est pas tout. Les mêmes Écritures m’assurent que tous ceux qui mettent leur confiance en Jésus Christ sont aussi exempts de toute imputation de péché que lui ; qu’il n’y a pas plus de colère ou de condamnation pour eux que pour lui ; qu’ils sont en lui, un avec lui, acceptés en lui ; vivifiés, ressuscités, assis ensemble avec lui. Tel est le bienfaisant témoignage de la Parole de vérité — tel est le témoignage du Dieu qui ne peut mentir (voyez Rom. 6:6-11 ; 8:1-4 ; 2 Cor. 5:21 ; Éph. 2:5, 6 ; Col. 2:10-15 ; 1 Jean 4:17).

 

Mais une autre vérité, des plus importantes, nous est présentée au verset 6 de notre chapitre. Non seulement nous voyons notre entière délivrance de la coulpe et de la condamnation, admirablement représentée par l’oiseau vivant relâché ; mais nous voyons aussi notre entière délivrance de toutes les attractions de la terre et de toutes les influences de la nature. « L’écarlate » est l’expression qui conviendrait aux premières, tandis que « le bois de cèdre et l’hysope » représenteraient bien les secondes. La croix est la fin de toutes les gloires de ce monde. Dieu la présente comme telle, et le croyant la reconnaît comme telle : « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Gal. 6:14).

 

Quant au « bois de cèdre et à l’hysope », ils nous offrent, pour ainsi dire, les deux extrêmes du vaste domaine de la nature. Salomon « parla sur les arbres, depuis le cèdre qui est sur le Liban, jusqu’à l’hysope qui sort du mur » (1 Rois 4:33). Depuis le cèdre majestueux qui couronne les flancs du Liban, jusqu’à l’humble hysope — les deux extrêmes et tout ce qui est entre eux — la nature, dans toutes ses ramifications, tout est amené sous la puissance de la croix ; en sorte que le croyant voit, dans la mort de Christ, la fin de toute sa culpabilité, la fin de toute la gloire terrestre et la fin de tout le système de la nature — la vieille création tout entière. Et de quoi doit-il être occupé ? De Celui qui est l’antitype de cet oiseau vivant, aux plumes teintes de sang, s’élevant vers les cieux ouverts. Objet précieux, glorieux, satisfaisant pour l’âme ! Un Christ ressuscité, monté au ciel, triomphant, glorifié, qui est passé dans les cieux, portant sur sa Personne sacrée les marques de l’expiation accomplie. C’est avec lui que nous avons affaire. Nous sommes enfermés avec lui. Il est l’objet exclusif de l’amour de Dieu. Il est le centre de la joie du ciel, le thème du chant des anges. Nous n’avons besoin d’aucune des gloires de la terre, d’aucune des attractions de la nature. Nous pouvons les voir mises de côté pour toujours, avec nos péchés, par la mort de Christ. Nous pouvons aisément nous passer de la terre et de la nature, puisque nous avons reçu, à leur place, « les richesses insondables de Christ ».

 

« Et il fera aspersion, sept fois, sur celui qui doit être purifié de la lèpre, et il le purifiera ; puis il lâchera dans les champs l’oiseau vivant ». Plus nous étudierons le contenu du chapitre 13, mieux nous verrons combien il était impossible au lépreux de faire quoi que ce soit pour sa purification. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de « se couvrir la barbe », et tout ce qu’il pouvait dire, c’était : « Impur, Impur ! » Il appartenait à Dieu, et à Dieu seul, de décréter et d’accomplir une œuvre par laquelle la lèpre pouvait être parfaitement nettoyée, et, de plus, il appartenait à Dieu, et à lui seul, de déclarer « pur » le lépreux. C’est pourquoi il est écrit : « Le sacrificateur fera aspersion », et « il le déclarera pur ». Il n’est pas dit : « Le lépreux fera aspersion, et se déclarera pur ou s’imaginera être pur ». Cela ne pouvait se faire. Dieu était le Juge — Dieu était le Médecin — Dieu était le Purificateur. Lui seul savait ce qu’était la lèpre, comment elle pouvait être ôtée, et quand le lépreux devait être déclaré pur. Le lépreux aurait pu passer toute sa vie couvert de lèpre, et cependant ignorer complètement quelle était sa maladie. C’était la Parole de Dieu — les Écritures de vérité — le témoignage divin, qui déclaraient toute la vérité quant à la lèpre ; et rien d’autre que cette même autorité ne pouvait déclarer le lépreux net, et cela, seulement sur le ferme et solide principe de la mort et de la résurrection. Il y a une liaison des plus précieuses entre les trois choses du verset 7 ; le sang est aspergé, le lépreux déclaré pur, et l’oiseau vivant relâché. Il n’y a pas un seul mot sur ce que le lépreux devait faire, dire, penser ou sentir. Il suffisait qu’il fût un lépreux ; un lépreux bien manifesté, entièrement jugé, couvert de lèpre de la tête aux pieds. Pour lui, cela était suffisant ; tout le reste était l’affaire de Dieu.

 

Il est de toute importance, pour celui qui cherche anxieusement la paix, de bien saisir la vérité développée dans cette partie de notre sujet. Tant d’âmes sont éprouvées en s’imaginant ou entendant affirmer qu’il s’agit de "sentir, "de "réaliser "et de "s’approprier, "au lieu de voir, comme dans le cas du lépreux, que l’aspersion du sang était aussi indépendante de lui et aussi divine que l’effusion de ce sang. Il n’est pas dit : « Le lépreux s’appliquera, s’appropriera, ou réalisera, et alors il sera purifié ». Nullement. Le plan de la délivrance était divin ; le sacrifice, nécessaire pour cela, était divin ; l’effusion du sang était divine ; l’aspersion du sang était divine ; le résultat était divin ; en un mot, tout était divin.

 

Ce n’est pas que nous devions mépriser la réalisation ou, pour parler plus correctement, la communion, par le Saint Esprit, avec tous les précieux résultats de l’œuvre de Christ pour nous. Loin de là ; nous verrons bientôt quelle place lui est assignée dans l’économie divine. Mais nous ne sommes pas plus sauvés par la réalisation que le lépreux n’était nettoyé par elle. L’Évangile qui nous sauve, c’est que « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures » qu’il a été enseveli et qu’il est ressuscité le troisième jour, « selon les Écritures ». Il n’y a rien là sur la réalisation. Sans doute, on est heureux de réaliser. Quelqu’un qui a été sur le point de se noyer est heureux de réaliser qu’il est dans le bateau de sauvetage ; mais il est évident qu’il est sauvé par le bateau et non par sa réalisation. De même pour le pécheur qui croit au Seigneur Jésus. Il est sauvé par la mort et la résurrection. Est-ce parce qu’il le réalise ? Non, mais parce que Dieu le dit. C’est « selon les Écritures ». Christ est mort et il est ressuscité et, sur ce principe, Dieu déclare le pécheur purifié.

 

Voilà ce qui donne à l’âme une immense paix. J’ai affaire avec le simple témoignage de Dieu, que rien ne saurait ébranler. Ce témoignage a rapport à l’œuvre même de Dieu. C’est lui-même qui a fait tout ce qui était nécessaire, afin que je fusse déclaré net à ses yeux. Mon pardon ne dépend pas plus de ma réalisation que d’aucune « œuvre de justice que j’ai faite » ; et il ne dépend pas plus de mes œuvres de justice que de mes crimes. En un mot, il dépend exclusivement de la mort et de la résurrection de Christ. Comment est-ce que je le sais ? Dieu me le dit. C’est « selon les Écritures ».

 

Il y a peu de choses qui montrent, d’une manière plus frappante, la légalité enracinée de nos cœurs, que cette question, si fréquemment soulevée, de réalisation. Nous "voulons" avoir quelque chose du "moi", et ainsi nous troublons déplorablement notre paix et notre liberté en Christ. C’est surtout pour cette raison que je m’arrête si longtemps sur la belle ordonnance de la purification du lépreux, et particulièrement sur la vérité contenue au chapitre 14:7. C’était le sacrificateur qui faisait l’aspersion du sang, et c’était le sacrificateur qui déclarait que le lépreux était net. Il en est de même dans le cas du pécheur. Dès l’instant qu’il est sur son vrai terrain, le sang de Christ et le témoignage de Dieu s’appliquent d’eux-mêmes sans autre question ou difficulté quelconque. Mais dès l’instant qu’on soulève cette question de réalisation, la paix est troublée, le cœur abattu, l’âme embrouillée. Plus j’en ai entièrement fini avec le moi, plus je m’occupe de Christ, tel qu’il est présenté dans « les Écritures », plus aussi ma paix sera stable. Si le lépreux avait regardé à lui-même, quand le sacrificateur le déclarait net, aurait-il trouvé une raison pour cette déclaration ? Assurément non ! L’aspersion du sang était la base de la déclaration divine, et non quelque chose chez le lépreux ou en rapport avec lui. On ne demandait pas au lépreux comment il se sentait ou ce qu’il pensait. On ne lui demandait pas s’il avait un profond sentiment de la laideur de sa maladie. Il était un lépreux déclaré ; c’était assez. C’était pour lui que le sang était répandu, et ce sang le nettoyait. Comment le savait-il ? Était-ce parce qu’il le sentait ? Non, mais parce que le sacrificateur le lui déclarait, de la part de Dieu, et avec l’autorité de Dieu. Le lépreux était déclaré net sur le même principe que l’oiseau vivant était relâché. Le même sang qui teignait les plumes de cet oiseau vivant, était aspergé sur le lépreux. C’était là un règlement parfait de toute l’affaire, et cela d’une manière tout à fait indépendante du lépreux, des pensées du lépreux, de ses sentiments et de sa réalisation. Tel est le type. Et quand nous passons du type à l’antitype, nous voyons que notre Seigneur Jésus Christ est entré au ciel et a posé sur le trône de Dieu l’éternelle attestation d’une œuvre accomplie, en vertu de laquelle le croyant y entre aussi. C’est une vérité glorieuse, divinement propre à chasser des cœurs inquiets toute espèce de doute, toute crainte, toute angoissante pensée, toute question embarrassante. Un Christ ressuscité est l’objet exclusif de Dieu, et c’est en Lui qu’il voit tout croyant. Puisse toute âme réveillée trouver une paix durable dans cette vérité qui affranchit !

 

« Et celui qui doit être purifié lavera ses vêtements et rasera tout son poil, et se lavera dans l’eau ; et il sera pur. Et après cela, il entrera dans le camp, et il habitera sept jours hors de sa tente » (vers. 8). Le lépreux, ayant été déclaré net, peut commencer à faire ce qu’il n’aurait pas même pu essayer de faire auparavant ; savoir se laver, laver ses vêtements, raser tout son poil ; et, cela étant fait, il peut prendre sa place dans le camp — le lieu ostensible et reconnu des relations publiques avec le Dieu d’Israël, dont la présence dans le camp rendait l’expulsion du lépreux nécessaire. Le sang ayant été appliqué dans sa vertu expiatoire, il y a le lavage d’eau, qui exprime l’action de la Parole sur le caractère, les habitudes, la conduite, pour rendre l’individu moralement et pratiquement propre, non seulement aux yeux de Dieu, mais aussi à ceux de la congrégation, à occuper une place dans l’assemblée publique.

 

Mais il faut observer que l’homme, quoique aspergé de sang et lavé d’eau, et par conséquent avant droit à une place dans l’assemblée publique, n’avait pas la permission d’entrer encore dans sa propre tente. Il ne pouvait pas entrer dans la pleine jouissance de ces privilèges particuliers et personnels, qui appartenaient à sa condition propre et privée dans le camp. En d’autres termes, quoique connaissant la rédemption par l’effusion et l’aspersion du sang, et reconnaissant la Parole comme la règle de toute sa conduite, il avait encore à être amené, par la puissance de l’Esprit, à une communion entière et intelligente de sa place spéciale, de sa portion et de ses privilèges en Christ.

 

Je parle d’après la doctrine du type, et je sens combien il importe de bien comprendre la vérité qu’il renferme. On la néglige trop souvent. Il y a beaucoup d’âmes, qui reconnaissent le sang de Christ comme la seule base de pardon, et la parole de Dieu comme ce qui seul doit purifier et régler leur marche, leurs habitudes et leurs pensées, et qui, néanmoins, sont loin d’être, par la puissance du Saint Esprit, en communion avec la valeur et l’excellence de Celui dont le sang a ôté leurs péchés et dont la Parole doit purifier leur vie pratique. Ils sont dans des relations visibles et actuelles, mais non dans la puissance de la communion personnelle. Il est parfaitement vrai que tous les croyants sont en Christ et que, comme tels, ils ont droit à jouir des vérités les plus élevées. De plus, ils ont le Saint Esprit, comme puissance de la communion. Tout cela est divinement vrai ; mais il n’y a pas chez tous cet entier éloignement de tout ce qui tient à la chair, lequel est absolument essentiel à la puissance de la communion avec Christ, sous toutes les faces de son caractère et de son œuvre. Au fait, cette dernière ne sera pleinement goûtée que « le huitième jour » — jour glorieux de la résurrection, quand nous connaîtrons comme nous avons été connus. Alors, chacun en particulier, et tous ensemble nous entrerons dans la puissance pleine et entière de la communion avec Christ, dans toutes les phases précieuses de sa Personne et des traits de son caractère, développés du verset 10 au verset 20 de notre chapitre. Telle est l’espérance mise devant nous ; mais, dès maintenant même, en proportion que nous réalisons, par la foi et par la puissante énergie de l’Esprit demeurant en nous, la mort de la chair et de tout ce qui y tient, nous pouvons nous nourrir de Christ et en jouir, comme la portion de nos âmes, dans la communion individuelle.

 

« Et il arrivera que, le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête et sa barbe et ses sourcils ; il rasera tout son poil ; et il lavera ses vêtements, et il lavera sa chair dans l’eau, et il sera pur » (vers. 9). Il est clair que le lépreux était tout aussi pur, aux yeux de Dieu, le premier jour, quand il était fait sur lui aspersion du sang par sept fois, c’est-à-dire avec une parfaite efficace, qu’il l’était le septième jour. En quoi donc consistait la différence ? Non dans sa condition ou position actuelle, mais dans sa communion ou intelligence personnelle. Le septième jour, il était appelé à commencer à détruire entièrement tout ce qui tenait à sa nature. Il était appelé à comprendre que non seulement la lèpre de sa chair devait être ôtée, mais encore les ornements de sa chair — tout ce qui était de sa nature — tout ce qui appartenait à son ancienne condition.

 

Autre chose est de savoir, en principe, que Dieu me voit mort, par nature ; et tout autre chose est de me « tenir » comme mort — de me dépouiller, en pratique, du vieil homme et de ses convoitises — de mortifier mes membres qui sont sur la terre. C’est là probablement ce qu’entendent bien des personnes pieuses, quand elles parlent de sanctification progressive. La chose est bonne en elle-même, quoiqu’elles ne la comprennent pas tout à fait comme les Écritures l’exposent. Le lépreux était déclaré pur, dès l’instant où le sang était aspergé sur lui ; et cependant il devait se nettoyer. Comment cela ? Dans le premier cas, il était net au jugement de Dieu ; dans le second, il devait être net en pratique, à son jugement personnel, et dans son caractère public. Il en est de même avec le croyant : Il est, en tant qu’un avec Christ, « lavé, sanctifié et justifié » — « rendu agréable » — « accompli » (1 Cor. 6:11 ; Éph. 1:6 ; Col. 2:10). Tels sont sa position et son état invariables devant Dieu. Il est aussi parfaitement sanctifié que justifié, car Christ est la mesure de l’un et de l’autre, selon la Parole de Dieu. Mais, ensuite, la réalisation de tout cela dans l’âme du croyant, et la manifestation qu’il en fait dans sa marche et dans son témoignage, ouvrent un tout autre champ de pensées. C’est pourquoi il est dit : « Ayant donc ces promesses, bien-aimés, "purifions-nous" nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7:1). C’est parce que Christ nous a purifiés par son sang précieux, que nous sommes appelés à "« nous purifier" » en nous appliquant la Parole, par l’Esprit. « C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus le Christ, non seulement dans la puissance de l’eau, mais dans la puissance de l’eau et du sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité ; car il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont d’accord pour un même témoignage » (1 Jean 5:6-8). Nous avons ici l’expiation par le sang, la purification par la Parole et la puissance par l’Esprit, toutes fondées sur la mort de Christ, et distinctement typifiées par les ordonnances relatives à la purification du lépreux.

 

« Et le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut, et une jeune brebis âgée d’un an, sans défaut, et trois-dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile, en offrande de gâteau, et un log d’huile. Et le sacrificateur qui fait la purification placera l’homme qui doit être purifié, et ces choses, devant l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation ; et le sacrificateur prendra l’un des agneaux, et le présentera comme sacrifice pour le délit, avec le log d’huile, et les tournoiera en offrande tournoyée devant l’Éternel » (vers. 10-12). Toute la série des offrandes est présentée ici, mais c’est la victime pour le délit qui est égorgée la première, parce que le lépreux est considéré comme un véritable transgresseur. C’est vrai dans tous les cas. Ayant tous péché contre Dieu, nous avons besoin de Christ, comme de celui qui a expié nos offenses sur la croix. « Il a porté nos péchés en son corps sur le bois ». Le premier aspect sous lequel Christ se présente au pécheur, c’est comme antitype de l’offrande pour le délit.

 

« Et le sacrificateur prendra du sang du sacrifice pour le délit, et le sacrificateur le mettra sur le lobe de l’oreille droite de celui qui doit être purifié, et sur le pouce de sa main droite, et sur le gros orteil de son pied droit ». « L’oreille » — ce centre coupable, qui avait si souvent été un canal de communication pour la vanité, la folie et même l’impureté — l’oreille devait être purifiée par le sang de l’offrande pour le délit. Par là, toute la culpabilité que j’ai contractée par ce membre est pardonnée selon l’estimation que Dieu fait du sang de Christ. « La main droite », qui avait été si fréquemment étendue pour commettre des actes de vanité, de folie et même d’impureté, doit être nettoyée par le sang de l’offrande pour le délit. Par là, toute la culpabilité que j’ai contractée par ce membre est pardonnée selon l’estimation que Dieu fait du sang de Christ. « Le pied », qui avait si souvent couru dans le chemin de la vanité, de la folie et même de l’impureté, doit maintenant être nettoyé par le sang de l’offrande pour le délit, en sorte que toute la culpabilité que j’ai contractée par ce membre est pardonnée, selon l’estimation que Dieu fait du sang de Christ. Oui, tout, tout, tout est pardonné — tout est effacé — tout est oublié — tout est jeté, comme du plomb, au fond des grandes eaux de l’éternel oubli. Qui est-ce que le ramènera à la surface ? Les anges, les hommes ou les démons pourront-ils plonger dans ces eaux insondées et insondables, pour en retirer ces transgressions du « pied, de la main ou de l’oreille », que l’amour rédempteur y a jetées ? Oh ! non, béni soit Dieu ! elles sont ôtées et ôtées pour jamais. Je suis beaucoup plus heureux que si Adam n’avait jamais péché. Précieuse vérité ! Être lavé dans le sang vaut beaucoup mieux que d’être revêtu d’innocence.


 

Mais Dieu ne pouvait pas se contenter seulement de l’expiation des péchés par le sang expiatoire de Christ. C’est déjà une grande chose, mais il y a quelque chose de plus grand encore.

 

« Et le sacrificateur prendra du log d’huile, et en versera dans la paume de sa main gauche, à lui, le sacrificateur ; et le sacrificateur trempera le doigt de sa main droite dans l’huile qui est dans sa paume gauche, et fera aspersion de l’huile avec son doigt, sept fois, devant l’Éternel. Et du reste de l’huile, qui sera dans sa paume, le sacrificateur en mettra sur le lobe de l’oreille droite de celui qui doit être purifié, et sur le pouce de sa main droite, et sur le gros orteil de son pied droit, sur le sang du sacrifice pour le délit ; et le reste de l’huile qui sera dans la paume du sacrificateur, il le mettra sur la tête de celui qui doit être purifié ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui devant l’Éternel » (vers. 15-18). Ainsi nos membres sont non seulement nettoyés par le sang de Christ, mais encore consacrés à Dieu, dans la puissance de l’Esprit. L’œuvre de Dieu n’est pas seulement négative, elle est aussi positive. L’oreille ne doit plus être le canal pour communiquer la souillure, mais elle doit être « prompte à écouter » la voix du bon Berger. La main ne doit plus être employée comme instrument d’injustice, mais elle doit être étendue pour des actes de justice, de grâce et de vraie sainteté. Le pied ne doit plus fouler les sentiers de la folie, mais courir dans la voie des saints commandements de Dieu. Enfin, l’homme tout entier doit être consacré à Dieu par l’énergie du Saint Esprit.

 

Il est des plus intéressants de voir que « l’huile » est mise « sur le sang du sacrifice pour le délit ». Le sang de Christ est la base divine des opérations du Saint Esprit. Le sang et l’huile vont ensemble. En tant que pécheurs, nous ne pouvons rien connaître de l’huile, sauf sur le principe du sang. L’huile n’aurait pas pu être mise sur le lépreux, avant que le sang de la victime pour le délit n’y eût été appliqué d’abord. « Auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse ». La divine exactitude du type éveille l’admiration du cœur régénéré. Plus nous le scrutons attentivement — plus nous y concentrons la lumière de l’Écriture — plus nous en voyons la beauté, la force et la précision. Comme on pouvait bien s’y attendre, tout est en parfaite harmonie avec l’entière analogie de la Parole de Dieu. Il n’est besoin d’aucun effort d’esprit. Prenons Christ comme la clef pour ouvrir le riche trésor des types ; explorons-en le précieux contenu à la lumière de la lampe céleste du Livre inspiré ; que le Saint Esprit soit notre interprète, et nous ne saurions manquer d’être édifiés, éclairés et bénis.

 

« Et le sacrificateur offrira le sacrifice pour le péché, et fera propitiation pour celui qui doit être purifié de son impureté ». Nous avons ici un type de Christ, non seulement comme celui qui a porté nos péchés, mais aussi comme celui qui a mis fin au "péché", racines et rameaux ; comme celui qui a détruit tout le système du péché ; — « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ; « la propitiation… pour le monde entier ». Comme offrande pour le délit, Christ a ôté toutes mes offenses. Comme offrande pour le péché, il a atteint la grande racine d’où provenaient ces offenses. Il a satisfait à tout ; mais je le connais d’abord comme offrande pour le délit, parce que j’ai d’abord besoin de lui, comme tel. C’est la conscience de mes péchés qui me trouble tout premièrement. Ma précieuse Offrande pour le délit y a divinement pourvu. Puis, en avançant, je découvre que tous ces péchés avaient une racine, un tronc, et je trouve en moi cette racine ou ce tronc. À ceci, aussi, mon précieux Sacrifice pour le péché a divinement pourvu. L’ordre, présenté dans le cas du lépreux, est parfait. C’est précisément le même ordre que nous retrouvons dans les expériences de toute âme. L’offrande pour le délit vient d’abord, et puis l’offrande pour le péché.


« Et après, il égorgera l’holocauste ». Cette offrande nous présente l’aspect le plus élevé possible de la mort de Christ. C’est Christ s’offrant lui-même à Dieu, sans tache, sans rapport spécial soit avec le délit, soit avec le péché. C’est Christ marchant à la croix avec un dévouement volontaire, et là, s’offrant lui-même en sacrifice d’agréable odeur à Dieu.

 

« Et le sacrificateur offrira l’holocauste et le gâteau sur l’autel ; et le sacrificateur fera propitiation pour celui qui doit être purifié, et il sera pur » (vers. 20). L’offrande du gâteau représente l’homme Christ Jésus dans sa parfaite vie humaine. Dans le cas du lépreux purifié, elle est intimement liée à l’holocauste ; et il en est de même dans l’expérience de tout pécheur sauvé. C’est lorsque nous savons que nos "offenses "sont pardonnées et que la racine ou le principe du "péché "est jugé, que nous pouvons, selon notre mesure, par la puissance de l’Esprit, jouir de la communion avec Dieu au sujet de cet Être béni, qui a vécu ici-bas une vie humaine parfaite, puis s’est offert lui-même, sans tache, à Dieu, sur la croix. Ainsi, les quatre classes d’offrandes sont placées devant nous, en leur ordre divin dans la purification du lépreux — savoir, l’offrande pour le délit, le sacrifice pour le péché, l’holocauste et l’offrande du gâteau, chacune montrant une face particulière de notre bien-aimé Seigneur Jésus Christ.

 

Ici se termine le récit des dispensations de l’Éternel à l’égard du lépreux ; et quel récit merveilleux ! Quel développement du caractère extrêmement haïssable du péché, de la grâce et de la sainteté de Dieu, de la valeur de la Personne de Christ et de l’efficacité de son œuvre ! Rien ne saurait être plus intéressant que d’observer les traces de la grâce divine, sortant de l’enceinte sacrée du sanctuaire, pour aller jusqu’à la place souillée où se tenait le lépreux, la tête nue, la lèvre couverte et les vêtements déchirés. Dieu visitait le lépreux où il se trouvait, mais il ne le laissait pas là. Il s’avançait vers lui, tout prêt à accomplir une œuvre, en vertu de laquelle il pouvait amener le lépreux à une place plus élevée, à une communion plus intime que ce qu’il avait jamais connu auparavant. Sur le principe de cette œuvre, le lépreux était conduit, de son lieu de souillure et de solitude, jusqu’à la porte même du tabernacle d’assignation, la demeure des sacrificateurs, pour y jouir de privilèges sacerdotaux (comp. Exode 29:20, 21, 32). Comment aurait-il jamais pu parvenir à une telle élévation ? Impossible quant à lui ! Pour peu que cela eût dépendu de lui, il aurait langui et serait mort dans sa lèpre, si la souveraine grâce du Dieu d’Israël ne se fût abaissée vers lui, pour relever le misérable de dessus le fumier et le placer parmi les princes de son peuple. Si jamais il y eut un cas où la question des efforts humains, des mérites humains et de la justice humaine pût être pleinement éprouvée et parfaitement résolue, c’est bien incontestablement le cas du lépreux. Ce serait même perdre son temps, que de discuter une telle question en présence d’un cas semblable. Il doit être évident, même pour le lecteur le plus superficiel, que rien, sauf la grâce gratuite, régnant par la justice, ne pouvait répondre à la condition du lépreux et aux besoins du lépreux. Et comme cette grâce agissait d’une manière glorieuse et triomphante ! Elle descendait jusqu’aux plus basses profondeurs, afin d’élever le lépreux jusqu’aux plus grandes hauteurs. Voyez ce que le lépreux perdait, et voyez ce qu’il gagnait ! Il perdait tout ce qui était de sa nature, et il gagnait le sang de l’expiation et la grâce de l’Esprit. Typiquement, cela s’entend. Son gain était vraiment incalculable. Il était infiniment plus riche que s’il n’eût jamais été mis hors du camp. Telle est la grâce de Dieu ! Telle est la puissance et la valeur, la vertu et l’efficacité du sang de Jésus.

 

Comme tout cela nous rappelle le fils prodigue de Luc 15 ! Chez lui, aussi, la lèpre avait travaillé et était montée à la surface. Il s’en était allé, dans le pays éloigné de la souillure, où ses propres péchés et l’égoïsme extrême des gens de l’endroit avaient créé la solitude autour de lui. Mais, béni soit à jamais l’amour tendre et profond d’un Père, nous savons comment cela finit. Le prodigue trouva une place plus haute, et goûta une communion plus élevée, qu’il n’en avait jamais connu auparavant. « Le veau gras » n’avait jamais été tué pour lui auparavant. « La plus belle robe » ne lui avait jamais été mise auparavant. Et d’où cela venait-il ? S’agissait-il des mérites du fils prodigue ? Oh ! non ; il s’agissait seulement de l’amour du Père.

 

Cher lecteur, je vous le demande, pouvez-vous lire le récit des dispensations de Dieu envers le lépreux en Lévitique 14, ou celui de la conduite du Père envers le prodigue, en Luc 15, et ne pas avoir un sentiment plus intense de l’amour qui est dans le sein de Dieu, qui en découle par la Personne et par l’œuvre de Christ, qui est révélé dans l’Écriture de vérité et qui est répandu par le Saint Esprit dans le cœur du croyant ? Seigneur, donne-nous une communion plus intime et plus constante avec Toi-même.

 

Du verset 21 au 32, nous avons « la loi touchant celui en qui il y a une plaie de lèpre, et dont la main n’a pas su atteindre ce qui était ordonné pour sa purification ». Cela est relatif aux sacrifices du « huitième jour » et non pas aux « deux oiseaux vivants et nets ». En aucun cas, on ne pouvait se dispenser de ces derniers, parce qu’ils représentaient la mort et la résurrection de Christ, comme le seul fondement sur lequel Dieu pût recevoir un pécheur revenant à lui. D’un autre côté, les sacrifices du « huitième jour » étant liés à la communion de l’âme, doivent, en quelque mesure, être affectés par le degré de réalisation de l’âme. Mais, quel que puisse être ce degré, la grâce de Dieu peut y pourvoir par ces paroles, particulièrement touchantes : « Selon ce que sa main pourra atteindre ». Et de plus, « les deux tourterelles » confèrent « au pauvre » les mêmes privilèges que les deux agneaux conféraient au riche, puisque les unes et les autres indiquaient le « précieux sang de Christ », qui est d’une efficace infinie, inaltérable et éternelle au jugement de Dieu. Nous sommes tous devant Dieu sur le principe de la mort et de la résurrection. Nous avons tous été également rapprochés ; mais tous ne jouissent pas du même degré de communion — tous ne réalisent pas au même degré la valeur de Christ, dans toutes les phases de son œuvre. Ils le pourraient, s’ils le voulaient ; mais ils se laissent détourner, de diverses manières. Le monde et la chair, avec leurs influences respectives, agissent sur eux d’une manière nuisible. L’Esprit est contristé, et on ne jouit pas de Christ comme on le pourrait. Si nous vivons selon nos cœurs naturels, il est tout à fait inutile de croire que nous puissions nous nourrir de Christ. Non, si nous voulons nous nourrir habituellement de Christ, il faut que nous renoncions à nous-mêmes, que nous nous jugions nous-mêmes, que nous puissions dire : « Ce n’est plus moi qui vis ». Il ne s’agit pas du salut. Il ne s’agit pas du lépreux introduit dans le camp — le lieu des relations reconnues. Nullement. Il s’agit seulement de la communion de l’âme, de sa jouissance de Christ. Quant à cela, la plus grande mesure est mise à notre portée. Nous pouvons parvenir à la connaissance des vérités les plus élevées ; mais, si notre mesure est petite, la grâce du cœur de notre Père qui ne reproche pas, murmure ces douces paroles : « Selon ce que sa main pourra atteindre ». Les droits de chacun sont les mêmes, mais nos capacités peuvent varier ; et, béni soit Dieu, quand nous entrons en sa présence, tous les désirs les plus ardents de la nouvelle nature sont satisfaits ; tous les pouvoirs, les plus étendus, de la nouvelle nature sont mis en œuvre. Puissions-nous éprouver ces choses jour par jour, dans les heureuses expériences de nos âmes !

 

Nous terminerons cette section, en touchant brièvement au sujet de la lèpre dans une maison.

 

3. Le lecteur remarquera qu’un cas de lèpre, dans une personne ou dans un vêtement, pouvait se rencontrer au désert ; mais quant à ce qui concernait une maison, il fallait, nécessairement, que ce fût au pays de Canaan. « Quand vous serez entrés dans le pays de Canaan, que je vous donne en possession, si je mets une plaie de lèpre dans une maison du pays de votre possession… et le sacrificateur commandera qu’on vide la maison avant que le sacrificateur entre pour voir la plaie, afin que tout ce qui est dans la maison ne soit pas rendu impur ; et après cela, le sacrificateur entrera pour voir la maison. Et il regardera la plaie : et voici, la plaie est dans les murs de la maison, des creux verdâtres ou roussâtres, et ils paraissent plus enfoncés que la surface du mur ; alors le sacrificateur sortira de la maison, à l’entrée de la maison, et fera fermer la maison pendant sept jours ».

 

En considérant la maison comme le type d’une assemblée, nous trouvons ici des principes importants sur la méthode divine de traiter le mal moral, ou les symptômes du mal dans une congrégation. Nous remarquons le même calme et la même parfaite patience à l’égard de la maison qu’à l’égard de la personne ou du vêtement. Il n’y avait ni hâte, ni indifférence, qu’il s’agît d’une maison, d’un vêtement ou d’un individu. L’homme qui tenait à sa maison ne devait traiter avec insouciance aucun symptôme suspect qui se montrait dans les parois ; et il ne devait pas non plus prononcer lui-même un jugement sur ces symptômes. C’était l’affaire du sacrificateur d’examiner et de juger. Dès l’instant que quoi que ce soit de suspect se manifestait, le sacrificateur prenait une attitude judiciaire vis-à-vis de la maison. La maison était sous le jugement, quoique non condamnée. Le terme parfait devait s’écouler, avant qu’on pût arriver à une décision. Il se pouvait que les symptômes ne fussent que superficiels, ce qui n’eût exigé aucune action quelconque.

 

« Et le septième jour, le sacrificateur retournera, et regardera : et voici, la plaie s’est étendue dans les murs de la maison ; alors le sacrificateur commandera qu’on arrache les pierres dans lesquelles est la plaie, et qu’on les jette hors de la ville, dans un lieu impur ». La maison tout entière ne devait pas être condamnée. Il fallait d’abord essayer d’arracher les pierres lépreuses.

 

« Et si la plaie revient et fait éruption dans la maison après qu’on aura arraché les pierres, et après qu’on aura raclé la maison, et après qu’on l’aura enduite, le sacrificateur entrera et regardera : et voici, la plaie s’est étendue dans la maison, c’est une lèpre rongeante dans la maison : elle est impure. Alors on démolira la maison, ses pierres et son bois, avec tout l’enduit de la maison, et on les transportera hors de la ville, dans un lieu impur ». Le cas était désespéré, le mal incurable, tout le bâtiment était démoli. (avertissement sur le mal lié à "l’apostasie "qui a lieu dans la chrétienté).

 

« Et celui qui sera entré dans la maison pendant tous les jours où elle aura été fermée, sera impur jusqu’au soir ; et celui qui aura couché dans la maison lavera ses vêtements ; et celui qui aura mangé dans la maison lavera ses vêtements ». C’est une vérité bien sérieuse. "Le contact souille" ! Souvenons-nous-en. C’est un principe amplement inculqué sous l’économie lévitique, et, assurément, il n’est pas moins applicable maintenant.

 

« Mais si le sacrificateur entre, et regarde, et voici, la plaie ne s’est pas étendue dans la maison après que la maison a été enduite, le sacrificateur déclarera la maison pure, car la plaie est guérie ». L’enlèvement des pierres souillées, etc., avait arrêté les progrès du mal, et rendait superflu tout jugement ultérieur. La maison ne devait plus être considérée comme dans une position judiciaire ; mais, étant nettoyée par l’application du sang, elle était de nouveau propre à être habitée.

 

Maintenant venons-en à la morale de tout ceci. Elle est, à la fois, intéressante, solennelle et pratique. Prenez, par exemple, l’église de Corinthe. C’était une maison spirituelle, composée de pierres spirituelles ; mais, hélas ! l’œil d’aigle de l’apôtre discernait sur ses murs certains symptômes de la nature la plus suspecte. Y était-il indifférent ? Assurément non. Il était beaucoup trop imbu de l’esprit du Maître de la maison, pour excuser un seul instant cet état fâcheux. Mais il n’était pas plus précipité qu’indifférent. Il commanda qu’on arrachât la pierre lépreuse et qu’on raclât à fond la maison. Puis, ayant agi avec cette fidélité, il attendit patiemment le résultat. Et quel fut ce résultat ? Tout ce que le cœur pouvait désirer : « Mais Celui qui console ceux qui sont abaissés, Dieu, nous a consolés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais aussi par la consolation dont il a été rempli à votre sujet, en nous racontant votre grand désir, vos larmes, votre affection ardente envers moi, de sorte que je me suis d’autant plus réjoui… "À tous égards, vous avez montré que vous êtes purs dans l’affaire" » (comp. 1 Cor. 5 avec 2 Cor. 7:6, 11). Voilà un bel exemple. Les soins zélés de l’apôtre étaient dûment récompensés ; la plaie était arrêtée, et l’assemblée délivrée de l’influence corruptrice du mal moral non jugé (avertissement particulier pour les plus jeunes face aux dangers des réseaux sociaux et de la perte du sens moral - La dignité et le jugement de soi-même pour participer à la cène - Un solennel avertissement).


Prenez un autre sérieux exemple. « Et à l’ange de l’assemblée qui est à Pergame, écris : Voici ce que dit celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants : Je sais où tu habites, là où est le trône de Satan ; et tu tiens ferme mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même dans les jours dans lesquels Antipas était mon fidèle témoin, qui a été mis à mort parmi vous, là où Satan habite. Mais j’ai quelque chose contre toi : c’est que tu as là des gens qui tiennent la doctrine de Balaam, lequel enseignait à Balac à jeter une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des choses sacrifiées aux idoles, et qu’ils commissent la fornication. Ainsi tu en as, toi aussi, qui tiennent la doctrine des Nicolaïtes pareillement. Repens-toi donc ; autrement je viens à toi promptement, et je combattrai contre eux par l’épée de ma bouche » (Apoc. 2:12-16). Le divin Sacrificateur se tient ici dans une attitude judiciaire vis-à-vis de sa maison à Pergame. Il ne pouvait demeurer indifférent à l’égard de symptômes aussi alarmants ; mais il use de grâce et de patience et leur donne le temps de se repentir. Si les avertissements, les réprimandes et la discipline (lien) ne servent à rien, alors le jugement devra suivre son cours.

 

Ces choses sont pleines d’instructions pratiques quant à la doctrine de l’Assemblée. Les sept églises d’Asie offrent diverses illustrations frappantes de la maison sous le jugement sacerdotal. Nous devrions les étudier soigneusement et avec prière. Elles sont d’une immense valeur. Nous ne devrions jamais nous asseoir, à notre aise, aussi longtemps que quoi que ce soit d’une nature suspecte se montre dans l’assemblée. Nous pouvons être tentés de dire : « Cela ne me regarde pas » ; mais c’est le devoir de tous ceux qui aiment le Maître de la Maison, d’avoir un soin jaloux et pieux pour la pureté de cette maison ; et si nous reculons devant l’exercice de ce devoir, ce ne sera pas à notre honneur ou profit dans la journée du Seigneur.

 

Je ne développerai pas davantage ce sujet dans ces pages, et je dirai seulement, en terminant cette section, que je ne doute nullement que tout ce sujet de la lèpre, n’ait une grande portée dispensationnelle, non seulement pour la maison d’Israël, mais aussi pour l’église professante (*).

 

(*) Comparez, quant à Israël et au temple de l’Éternel, avec Lév. 14:43-45 ; 1 Rois 9:6-9 ; Jér. 26:18 ; 52:13 ; Lam. 4:1 et Matt. 24:2 ; — et quant à l’Église comme maison : 1 Cor. 3:16-17 ; 2 Tim. 2:20, 21 ; Apoc. 3:14-16, etc (Trad.).


 

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4 décembre 2023 1 04 /12 /décembre /2023 19:42

Notes sur le Lévitique – Chapitre 12

 

Livre du Lévitiquechapitre 12

Notes sur le Lévitiquechapitre 12

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitre 12

Cette courte section de notre Livre nous donne, à sa manière, la double leçon de la ruine de l’homme et du remède de Dieu. Mais, quoique la forme soit particulière, la leçon est des plus claires et des plus propres à faire impression. Elle est, à la fois, profondément humiliante et divinement consolante. L’effet de tout passage de l’Écriture, directement expliqué et appliqué à notre âme par la puissance du Saint Esprit, c’est de nous conduire, hors de nous-mêmes, à Christ. Partout où nous voyons notre nature déchue, à quelque point de son histoire que nous la considérions, soit dans sa conception, à sa naissance ou à quelque autre phase le long de toute sa carrière, du ventre au cercueil, elle porte le double cachet d’infirmité et de souillure. C’est ce qu’on oublie parfois au milieu de l’éclat, des pompes, des richesses et des splendeurs de la vie humaine. Le cœur de l’homme est fertile en moyens de couvrir son humiliation. Il cherche, de diverses manières, à orner, à dorer sa nudité et à revêtir les apparences de la force et de la gloire ; mais tout cela n’est que vanité. Il suffit de le voir à son entrée dans le monde, pauvre et faible créature, ou quand il en sort, afin d’aller prendre place sous les mottes des vallées, pour avoir la preuve la plus convaincante du néant de tout son orgueil, de la vanité de toute sa gloire. Ceux dont le chemin à travers ce monde a été illuminé par ce que l’homme appelle la gloire, y sont entrés dans la nudité et dans la faiblesse, et en sont sortis par la maladie et par la mort.

 

Et ce n’est pas tout. Le partage de l’homme — ce qui le caractérise à son entrée dans la vie, ce n’est pas seulement l’infirmité ; il y a encore la souillure. « Voilà, dit le psalmiste, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu » (Ps. 51:5). « Et comment serait pur celui qui est né de femme ? » (Job 25:4). Dans le chapitre sous nos yeux, nous apprenons que la conception et la naissance d’un « enfant mâle » occasionnait « sept jours » de souillure cérémonielle pour la mère, avec trente-trois jours d’exclusion du sanctuaire, et que ces périodes étaient doublées dans le cas d’une « fille ». Cela ne veut-il rien dire ? Ne pouvons-nous pas en tirer une leçon humiliante ? Cela ne nous déclare-t-il pas, en un langage facile à comprendre, que l’homme est « une chose impure » et qu’il lui faut le sang de l’expiation pour le purifier ? L’homme s’imagine qu’il peut se faire une justice propre. Il vante orgueilleusement la dignité de la nature humaine. Il peut prendre un air hautain et une démarche arrogante, en parcourant la scène de la vie ; mais s’il voulait se donner la peine de rentrer un moment en lui-même et de méditer sur le court chapitre de notre Livre qui nous occupe, son orgueil, sa vanité, sa dignité et sa propre justice s’évanouiraient promptement et, à leur place, il pourrait trouver la solide base de toute vraie dignité, de même que le fondement de la divine justice, en la croix de notre Seigneur Jésus Christ.

 

L’ombre de la croix passe devant nous, sous un double aspect, dans ce chapitre : d’abord, dans la circoncision de « l’enfant mâle », par laquelle il devenait membre de l’Israël de Dieu ; et, secondement, dans l’holocauste et le sacrifice pour le péché, par lesquels la mère était nettoyée de toute souillure, réintégrée, et rendue de nouveau capable de s’approcher du sanctuaire et d’être mise en contact avec les choses saintes. « Et quand les jours de sa purification seront accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle amènera au sacrificateur, à l’entrée de la tente d’assignation, un agneau âgé d’un an pour holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle, pour sacrifice pour le péché ; et il présentera ces choses devant l’Éternel, et fera propitiation pour elle, et elle sera purifiée du flux de son sang. Telle est la loi de celle qui enfante un fils ou une fille » (vers. 6, 7). La mort de Christ, sous ses deux grands aspects, est ici présentée à nos pensées, comme la seule chose qui pouvait répondre à la souillure attachée à la naissance naturelle de l’homme et l’enlever parfaitement. L’holocauste représente la mort de Christ, selon l’appréciation divine ; le sacrifice pour le péché, d’un autre côté, représente la mort de Christ, en rapport avec les besoins du pécheur.

 

« Et si ses moyens ne suffisent pas pour trouver un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un pour l’holocauste, et l’autre pour le sacrifice pour le péché ; et le sacrificateur fera propitiation pour elle, et elle sera pure ». L’effusion du sang, seule, pouvait purifier. La croix est le seul remède pour l’infirmité et la souillure de l’homme. Partout où cette œuvre glorieuse est comprise par la foi, on jouit d’une purification complète. Or, cette perception peut être faible — la foi peut être chancelante — les expériences pauvres ; mais, que le lecteur se souvienne, pour la joie et la consolation de son âme, que ce n’est pas la profondeur de ses expériences, la stabilité de sa foi, ou la force de sa compréhension, qui purifient ; mais uniquement la valeur divine, l’immuable efficace du sang de Jésus. Cela donne un grand repos à l’âme. Le sacrifice de la croix est le même pour chaque membre de l’Israël de Dieu, quelle que soit sa position dans l’assemblée. Les tendres considérations du Dieu de miséricorde se voient dans le fait que le sang d’une tourterelle était aussi efficace, pour le pauvre, que le sang d’un veau, pour le riche. La pleine valeur de l’œuvre expiatoire était également conservée et démontrée par les deux offrandes. S’il n’en eût pas été ainsi, l’humble Israélite, impliquée dans les souillures cérémonielles, aurait pu s’écrier, en considérant les nombreux troupeaux de quelque riche voisin : « Hélas ! que ferai-je ? Comment serai-je purifiée ? Comment pourrai-je recouvrer ma place et mes privilèges dans la congrégation ? Je n’ai ni troupeaux, ni bétail. Je suis pauvre et misérable ». Mais, béni soit Dieu, le cas d’une telle personne était prévu et il y était pourvu. Un jeune pigeon ou une tourterelle étaient tout à fait suffisants. La même grâce, parfaite et admirable, se montre dans le cas du lépreux, au chapitre 14 de notre Livre : « Et "s’il est pauvre, et que sa main ne puisse atteindre jusque-là," il prendra, etc… Il offrira l’une des tourterelles, ou l’un des jeunes pigeons : de ce que sa main aura pu atteindre… Telle est la loi touchant celui en qui il y a une plaie de lèpre, et dont la main n’a pas su atteindre ce qui était ordonné pour sa purification » (vers. 21, 30-32).

 

La grâce trouve le misérable en quelque lieu qu’il soit et tel qu’il est. Le sang expiatoire est mis à la portée du plus humble, du plus pauvre, du plus faible. Tous ceux qui en ont besoin peuvent l’avoir. « S’il est pauvre » — quoi donc ? qu’il soit repoussé ? Oh ! non, le Dieu d’Israël ne pouvait en agir de la sorte avec les pauvres et les indigents. Il y a un grand encouragement pour tous ces derniers dans la belle expression : Selon ce que sa main aura pu atteindre… de ce donc que sa main aura pu atteindre. Quelle grâce parfaite ! « L’Évangile est annoncé aux pauvres ». Aucun ne peut dire : « Le sang de Christ n’était pas à ma portée ». On peut demander à chacun : « À quelle proximité voudriez-vous qu’il vous soit apporté ? » « J’ai fait approcher ma justice ; elle ne sera pas éloignée », dit le Seigneur (Ésa. 46:13). Jusqu’à quel point est-elle « près » ? Si près, qu’elle est pour « celui qui ne fait pas des œuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie » (Rom. 4:5). Et encore : « La parole est près" "de toi ». Comment « près » ? Si près que « si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10:8, 9). De même encore cette belle et touchante invitation : « Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux, et "vous qui n’avez pas d’argent" ! » (Ésa. 55:1).

 

Quelle grâce incomparable brille dans ces expressions : « À celui qui "ne fait pas "des œuvres », et « vous qui "n’avez pas d’argent" ! » Elles sont aussi conformes à la nature de Dieu qu’elles sont opposées à celle de l’homme. Le salut est aussi gratuit que l’air que nous respirons. Est-ce nous qui avons créé l’air ? Est-ce nous qui avons combiné les éléments qui le composent ? Non, mais nous en jouissons, et en en jouissant, nous pouvons vivre et agir pour Celui qui l’a créé. Il en est de même dans l’affaire du salut. Nous le recevons sans rien avoir fait. Nous jouissons des richesses d’un autre ; nous nous reposons sur l’œuvre accomplie par un autre ; et de plus, c’est en nous en nourrissant et en nous y reposant ainsi, que nous sommes rendus capables de travailler pour Celui sur l’œuvre duquel nous nous reposons, et des richesses duquel nous jouissons. C’est là un grand paradoxe de l’Évangile, parfaitement inexplicable pour le légalisme, mais admirablement simple pour la foi. La grâce divine se délecte à pourvoir aux besoins de ceux qui « n’ont pas le moyen » d’y pourvoir par eux-mêmes.

 

Mais nous trouvons encore une leçon précieuse dans ce douzième chapitre du Lévitique. Non seulement nous y voyons la grâce de Dieu envers les pauvres, mais, en comparant les derniers versets avec Luc 2:24, nous apprenons jusqu’à quelle étonnante profondeur Dieu s’abaisse pour manifester cette grâce. Le Seigneur Jésus Christ, Dieu manifesté en chair, l’Agneau pur et sans tache, le Saint, qui ne connut point le péché, « naquit d’une femme » et cette femme, merveilleux mystère ! — après avoir porté dans son sein, et mis au monde ce corps humain, pur, parfait, saint et sans tache, dut se soumettre aux cérémonies ordinaires et accomplir les jours de sa purification, selon la loi de Moïse. Et non seulement nous voyons la grâce divine dans le fait qu’elle dut ainsi se purifier, mais encore dans la manière dont cela fut accompli. « Et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du Seigneur, "une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes" ». Cette simple circonstance nous apprend que les parents putatifs du Seigneur Jésus étaient pauvres, au point d’être obligés de profiter de la touchante permission accordée à ceux qui n’avaient pas le moyen d’offrir « un agneau pour un holocauste ». Quelle pensée ! Le Seigneur de gloire, le Dieu Tout-Puissant, possesseur du ciel et de la terre, Celui à qui appartiennent « les bêtes sur mille montagnes », et toutes les richesses de l’univers, — apparut en ce monde, que ses mains avaient créé, dans les circonstances difficiles d’une bien humble vie. L’économie lévitique faisait des concessions aux pauvres, et la mère de Jésus s’en prévalut. Il y a là une profonde leçon pour le cœur humain. Le Seigneur Jésus ne fit pas son entrée dans le monde au milieu des grands et des nobles. Il fut, tout particulièrement, un homme pauvre. Il prit place parmi les pauvres. « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8:9).

 

Puissions-nous toujours nous nourrir avec joie de cette précieuse grâce de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle nous avons été enrichis pour le temps et pour l’éternité ! Il s’est dépouillé de tout ce que l’amour pouvait donner, afin que nous fussions remplis. Il s’est dépouillé, afin que nous fussions vêtus. Il est mort, afin que nous pussions vivre (lien). Dans la grandeur de sa grâce, il descendit du haut de la gloire divine jusque dans les profondeurs de l’humaine pauvreté, pour que nous pussions être élevés du fumier de la ruine naturelle pour prendre notre place parmi les princes de son peuple, à jamais. Oh ! que le sentiment de cette grâce, produit dans nos cœurs par la puissance du Saint Esprit, nous contraigne à nous abandonner plus complètement à Celui auquel nous devons notre félicité présente et éternelle, nos richesses, notre vie, notre tout !

 

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14 août 2023 1 14 /08 /août /2023 19:16

Notes sur le Lévitique – Chapitre 11

 

Livre du Lévitiquechapitre 11

Notes sur le Lévitiquechapitre 11

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh


Chapitre 11

Le livre du Lévitique peut, à bon droit, être appelé « le Guide du sacrificateur ». Il en a tout à fait le caractère. Il est rempli de principes pour la direction de ceux qui désirent vivre dans la jouissance de la proximité sacerdotale de Dieu. Si Israël avait continué à marcher avec l’Éternel, selon la grâce avec laquelle il les avait fait remonter du pays d’Égypte (lien), ils lui auraient été « un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » (Ex. 19:6). Mais c’est ce qu’ils ne firent pas. Ils se mirent à distance. Ils se placèrent sous la loi et ne purent l’observer. C’est pourquoi l’Éternel dut choisir une certaine tribu, et dans cette tribu une certaine famille, et dans cette famille un certain homme ; et à lui et à sa maison fut accordé le grand privilège de s’approcher de Dieu, comme sacrificateurs.

 

Or les privilèges d’une semblable position étaient immenses ; mais elle avait aussi ses graves responsabilités. Elle exigeait l’exercice incessant d’un esprit de discernement. « Car les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c’est de sa bouche qu’on recherche la loi, car il est le messager de l’Éternel des armées » (Mal. 2:7). Le sacrificateur devait non seulement porter le jugement de l’assemblée devant l’Éternel, mais aussi expliquer les ordonnances de l’Éternel à l’assemblée. Il devait être l’intermédiaire, toujours prêt pour les communications entre l’Éternel et le peuple. Il devait non seulement connaître pour lui-même les pensées de Dieu, mais pouvoir aussi les interpréter au peuple. Tout cela demandait, nécessairement, une vigilance continuelle, une attention soutenue, une étude constante des pages inspirées, afin de bien s’imprégner de tous les préceptes, jugements, statuts, commandements, et de toutes les lois et ordonnances du Dieu d’Israël, pour être à même d’instruire la congrégation des « choses qui devaient être faites ».

 

Il n’y avait là aucune place laissée au jeu de l’imagination, à l’introduction des plausibles inductions de l’homme ou aux habiles accommodements des convenances humaines. Tout était prescrit avec la précision divine et l’autorité péremptoire d’un : « Ainsi a dit l’Éternel ». Minutieuse et complète comme elle l’était, l’explication des sacrifices, des rites et des cérémonies ne laissait rien à faire à l’élaboration du cerveau de l’homme. Il ne lui était pas même permis de décider quelle espèce de sacrifice devait être offert en certaines occasions, ni de quelle manière ce sacrifice devait être présenté. L’Éternel prenait soin de tout. Ni l’assemblée, ni le sacrificateur n’avaient la moindre autorité quelconque pour décréter, accomplir ou suggérer un seul détail dans toute la longue série des ordonnances de l’économie mosaïque. "La parole de l’Éternel ordonnait tout. L’homme n’avait qu’à obéir."

 

Pour un cœur obéissant, cela n’était rien moins qu’une grâce inexprimable. On ne peut jamais trop apprécier le privilège d’avoir la facilité de recourir aux oracles de Dieu, et d’y trouver, jour par jour, les plus amples directions sur tous les détails de sa foi et de son service. Ce qu’il nous faut, c’est une volonté brisée, un esprit humble, un œil simple. Le Guide divin est aussi complet que nous pouvons le désirer. Nous n’avons pas besoin d’autre chose. Croire, pour un instant, qu’il reste quoi que ce soit que la sagesse humaine puisse ou doive suppléer, doit être considéré comme une insulte faite aux livres sacrés. Personne ne peut lire le Lévitique sans être frappé des soins extrêmes que s’est donné le Dieu d’Israël pour procurer à son peuple les instructions les plus détaillées sur tout ce qui se rattachait à son service et à son culte. Le lecteur le plus léger peut, au moins, y trouver cette touchante et intéressante leçon.

 

Et, sûrement, si jamais il y eut un temps où cette même leçon eût besoin d’être répétée aux oreilles de la chrétienté, c’est bien maintenant. De tous côtés on élève des doutes sur la divine suffisance des Saintes Écritures. En quelques cas, ces doutes s’expriment ouvertement et de propos délibéré ; en d’autres, avec moins de franchise, ils sont secrètement insinués, présentés par des allusions ou des inférences. On dit, directement ou indirectement, au navigateur chrétien, que la carte divine n’est pas suffisante pour tous les détails compliqués du voyage — que tant de changements se sont opérés dans l’océan de la vie depuis la formation de cette carte, que, en bien des cas, elle est totalement défectueuse pour les besoins de la navigation moderne. On lui dit que les courants, les marées, les côtes, les rivages et les abordages de cet océan, sont entièrement différents maintenant de ce qu’ils étaient il y a quelques siècles, et que, par conséquent, il faut qu’il ait recours aux moyens fournis par les progrès de la navigation, afin de suppléer à ce qui manque dans l’ancienne carte, laquelle, on en convient pourtant, était parfaite au temps où elle fut faite. (lien : Faux enseignements)

 

Mon vif désir est que le lecteur chrétien puisse, en toute assurance, répondre à cette grave insulte, faite au précieux volume inspiré, dont chaque ligne lui arrive du Père, par des plumes guidées par le Saint Esprit. Je désire qu’il puisse y répondre, qu’on la lui présente soit sous la forme d’un audacieux blasphème, soit sous celle d’une savante et plausible induction. De quelque manteau qu’elle se couvre, elle doit son origine à l’ennemi de Christ, à l’ennemi de la Bible, à l’ennemi de l’âme. Si, en effet, la Parole de Dieu n’est pas suffisante, alors où en sommes-nous ? de quel côté nous tournerons-nous ? À qui nous adresserons-nous, quand nous aurons besoin de secours et de lumières, si le livre de notre Père est, à quelque égard, défectueux Dieu dit que son livre peut nous rendre « parfaitement accomplis pour toute "bonne œuvre » (2 Tim. 3:17). L’homme dit que non ; qu’il y a bien des choses sur lesquelles la Bible se tait, et que, néanmoins, nous avons besoin de savoir. Qui dois-je croire ? Dieu ou l’homme ? Notre réponse à quiconque met en doute la divine suffisance de l’Écriture est simplement celle-ci : Ou bien vous n’êtes pas un homme de Dieu, ou bien la chose pour laquelle vous dites manquer de garantie n’est pas « une bonne œuvre » ! C’est très clair. Personne ne pourrait le voir autrement, en considérant soigneusement 2 Tim. 3:17. (lien : Différentes formes du mal)

 

Oh ! puissions-nous avoir un sentiment plus profond de la plénitude, de la majesté et de l’autorité de la Parole de Dieu ! Nous avons bien besoin d’être fortifiés à cet endroit. Il nous faut un sentiment si vif, si profond et si constant de l’autorité suprême du canon sacré, et de sa complète suffisance pour tous les temps, tous les climats, toutes les positions, tous les états — personnels, sociaux et ecclésiastiques — que nous puissions résister à tous les efforts de l’ennemi pour déprécier la valeur de cet inestimable trésor. Puissent nos cœurs être mieux à l’unisson avec ces paroles du Psalmiste :

« La somme de ta parole est la vérité, et toute ordonnance de ta justice "est pour toujours » (Ps. 119:160).

 

Ce courant de pensées a été amené par l’examen du chapitre onzième du Lévitique. Nous y voyons l’Éternel faisant, avec de merveilleux détails, une description d’animaux, d’oiseaux, de poissons et de reptiles, et donnant à son peuple diverses marques par lesquelles il devait reconnaître ce qui était net et ce qui était impur. Les deux derniers versets de ce remarquable chapitre nous en donnent le résumé complet : « Telle est la loi touchant les bêtes et les oiseaux, et tout être vivant qui se meut dans les eaux, et tout être qui rampe sur la terre ; afin de discerner entre ce qui est impur et ce qui est pur, et entre l’animal qu’on mange et l’animal qu’on ne mangera pas ». (lien : La loi sur les bêtes qui sont sur la terre : les pures et les impures)

 

À l’égard des bêtes à quatre pieds, deux choses étaient essentielles pour qu’elles fussent nettes ; il fallait qu’elles ruminassent et qu’elles eussent l’ongle divisé. « Vous mangerez, d’entre les bêtes qui ruminent, tout ce qui a l’ongle fendu et le pied complètement divisé ». L’une ou l’autre de ces marques, seule, aurait été tout à fait insuffisante pour constituer la pureté cérémonielle. Les deux devaient être réunis. Et, tandis que ces deux marques suffisaient pleinement pour diriger l’Israélite quant à la distinction des animaux nets et des souillés, indépendamment de toute mention du sens ou des motifs de ces caractères, le chrétien, lui, peut s’enquérir des vérités spirituelles contenues dans ces ordonnances cérémonielles.

 

Que nous enseigneront donc ces deux traits d’un animal net ? L’action de ruminer exprime l’acte de digérer intérieurement ce que l’on mange ; tandis que l’ongle divisé représente le caractère de la marche extérieure. Il y a, comme nous le savons, un intime rapport entre ces deux choses, dans la vie du chrétien. Celui qui paît dans les verts pâturages de la Parole de Dieu, et digère ce qu’il y prend — celui qui combine la calme méditation à l’étude avec prière, manifestera, sans doute, ce caractère d’une marche qui est à la louange de Celui qui a bien voulu nous donner Sa Parole pour diriger nos voies et former nos habitudes.

 

Il est à craindre que beaucoup de ceux qui "lisent la Bible "ne "digèrent pas la parole". Il y a une immense différence entre ces deux choses. On peut lire chapitre après chapitre, livre après livre, et n’en pas même digérer une seule ligne. Nous pouvons lire la Bible, comme si nous accomplissions une froide et vaine routine ; mais, par manque de facultés ruminantes, — d’organes digestifs, nous n’en retirons aucun profit quelconque. C’est à quoi il faut prendre bien garde. Le bétail qui broute l’herbe verte peut nous enseigner une salutaire leçon. Il recueille d’abord diligemment la rafraîchissante pâture, puis il se couche tranquillement, pour la ruminer. Belle et frappante image d’un chrétien se nourrissant du précieux contenu du volume inspiré, puis le digérant intérieurement. Plût à Dieu que cela fût plus général parmi nous ! Si nous étions plus habitués à faire de la Parole la nourriture nécessaire et journalière de nos âmes, nous serions assurément dans un état plus vigoureux et plus sain. Gardons-nous de faire de la lecture de la Bible une forme morte — un froid devoir — une affaire de routine religieuse.

 

La même précaution est nécessaire à l’égard de l’exposition de la Parole en public. Que ceux qui expliquent les Écritures à leurs semblables s’en nourrissent et les digèrent d’abord pour eux-mêmes. Qu’ils lisent et ruminent en particulier, non seulement pour les autres, mais pour eux-mêmes. C’est triste de voir un homme continuellement occupé à procurer de la nourriture à autrui, tandis que lui meurt de faim. Et que ceux qui assistent au ministère public de la Parole, ne le fassent pas machinalement et seulement par habitude, mais avec un sincère désir d’apprendre et de digérer intérieurement ce qu’ils entendent. Alors, et ceux qui enseignent et ceux qui sont enseignés seront dans un bon état, la vie spirituelle sera nourrie et soutenue, et le vrai caractère de la marche sera manifesté.

 

Mais souvenons-nous que l’action de ruminer ne doit jamais être séparée de l’ongle fendu. Un homme, ne connaissant qu’imparfaitement le guide du sacrificateur, inexpérimenté dans les divines ordonnances, en voyant un animal ruminant, pouvait, à la légère, le déclarer net, ce qui eût été une grave erreur. Une plus soigneuse étude de la formule divine lui aurait bientôt montré qu’il devait aussi observer la "marche "de l’animal — remarquer l’impression laissée par chaque mouvement — chercher le résultat de l’ongle fendu. « Seulement de ceci vous ne mangerez pas, d’entre celles qui ruminent, et d’entre celles qui ont l’ongle fendu : le chameau, car il rumine, mais il n’a pas l’ongle fendu ; il vous est impur, etc. » (vers. 4-6).

 

De même, l’ongle divisé n’était pas suffisant, s’il n’était pas accompagné de la rumination : « Et le porc, car il a l’ongle fendu et le pied complètement divisé, mais il ne rumine nullement ; il vous est impur » (vers. 7). En un mot, ces deux choses étaient inséparables pour tout animal net ; et quant à l’application spirituelle, elle est de la plus haute importance au point de vue pratique. La vie intérieure et la marche extérieure doivent aller ensemble. Un homme peut faire profession d’aimer la parole de Dieu et de s’en nourrir — de l’étudier et de la ruminer — d’en faire la pâture de son âme ; mais si les traces de sa marche sur le sentier de la vie ne sont pas telles que le demande la Parole, il n’est pas net. Et, d’un autre côté, un homme peut paraître marcher avec une exactitude pharisaïque ; mais si sa marche n’est pas le résultat de la vie cachée, elle ne vaut rien du tout au fond. Il faut qu’il y ait au-dedans le principe divin qui prend et digère la riche pâture de la parole de Dieu, sans quoi la marque des pas ne servira de rien. La valeur de chacun de ces éléments dépend de sa liaison inséparable avec l’autre.

 

Cela nous rappelle forcément un bien sérieux passage de la première épître de Jean, dans lequel l’apôtre nous donne les deux marques auxquelles nous pouvons connaître ceux qui sont de Dieu : « Par ceci sont rendus manifestes les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque "ne pratique pas la justice "n’est pas de Dieu, et celui qui "n’aime pas son frère" » (1 Jean 3:10). Nous avons ici les deux grands traits caractéristiques de la vie éternelle que possèdent tous les vrais croyants (lien), savoir : « La justice » et « l’amour », le signe extérieur et le signe intérieur. Les deux doivent être réunis. Quelques chrétiens sont tout pour ce qu’ils appellent l’amour ; d’autres pour la justice. Selon Dieu, l’un ne peut aller sans l’autre. Si ce qu’on appelle amour existe sans la justice pratique, ce ne sera, en réalité, qu’une disposition d’esprit faible et relâché, qui tolérera toute espèce d’erreur et de mal. Et si ce qu’on appelle justice existe sans l’amour, ce sera une disposition d’âme sévère, orgueilleuse, pharisaïque, égoïste, se contentant de la misérable base de la réputation personnelle. Mais là où la vie divine agit avec énergie, on trouvera toujours la charité intérieure, unie à une sincère justice pratique. Ces deux éléments sont essentiels à la formation du vrai caractère chrétien. Il faut qu’il y ait l’amour qui se montre pour tout ce qui est de Dieu, et en même temps la sainteté qui recule avec horreur devant tout ce qui est de Satan.

 

Voyons, maintenant, ce que le cérémonial lévitique enseignait à l’égard de « tout ce qui est dans les eaux ». Ici encore nous trouvons la double marque. « Vous mangerez de ceci, d’entre tout ce qui est dans les eaux : vous mangerez tout ce qui a des nageoires et des écailles, dans les eaux, dans les mers et dans les rivières. Et tout ce qui n’a point de nageoires et d’écailles, dans les mers et dans les rivières, de tout ce qui fourmille dans les eaux et de tout être vivant qui est dans les eaux, vous sera une chose abominable » (vers. 9-10). Deux choses étaient nécessaires pour rendre un poisson cérémoniellement net, savoir « les nageoires et les écailles », qui, évidemment, représentaient une certaine aptitude pour l’élément dans lequel l’animal devait se mouvoir.

 

Mais il y avait plus. Je crois que nous avons le privilège de pouvoir discerner, dans les propriétés naturelles dont Dieu a doué les créatures qui vivent dans les eaux, certaines qualités spirituelles qui appartiennent à la vie chrétienne. S’il faut au poisson des « nageoires » pour se mouvoir dans l’eau, et des « écailles » pour résister à l’action de cet élément, le croyant aussi a besoin de cette force spirituelle qui le met à même de marcher en avant à travers le monde qui l’entoure, et en même temps de résister à son influence — de ne pas s’en laisser pénétrer, de le tenir en dehors. Ce sont de précieuses qualités. Les nageoires et les écailles sont pleines de signification, — pleines d’instruction pratique pour le chrétien. Elles nous représentent, sous la forme cérémonielle, deux choses dont nous avons particulièrement besoin : l’énergie spirituelle pour aller en avant à travers l’élément qui nous entoure, et la force pour nous préserver de son action. L’une ne servira de rien sans l’autre. Il est inutile de posséder la capacité de traverser le monde, si nous ne sommes pas à l’épreuve contre l’influence du monde ; et quoique nous puissions paraître capables de nous garantir du monde, cependant, si nous n’avons pas la force pour avancer, nous sommes en défaut.

 

Toute la conduite d’un chrétien devrait le montrer comme pèlerin et étranger ici-bas. Sa devise devrait être « "en avant" » — toujours et seulement, en avant. Quelles que soient ses circonstances, ses yeux doivent être fixés sur une demeure au-delà de ce monde périssable. Il est doué, par grâce, de la faculté spirituelle d’aller en avant — de franchir énergiquement tous les obstacles et de réaliser les ardentes aspirations d’une âme née d’en haut. Et tout en se frayant ainsi vigoureusement sa route en avant — tout en forçant son passage jusqu’au ciel, il faut qu’il garde son homme intérieur cuirassé tout à l’entour et fermé soigneusement à toutes les influences du dehors.

 

Oh ! puissions-nous avoir davantage ce besoin d’avancer, ces aspirations en haut ! Plus de sainte fixité de l’âme, et d’éloignement de ce monde léger ! Nous aurons raison de bénir le Seigneur pour nos méditations sur les ombres cérémonielles du Lévitique, si, par là, nous sommes amenés à désirer plus ardemment ces grâces, qui, quoique si pauvrement dépeintes, nous sont néanmoins si évidemment nécessaires.

 

Du verset 13 au verset 24 de notre chapitre, nous avons la loi relative aux oiseaux. Tous ceux qui étaient du genre carnivore, c’est-à-dire tous ceux qui se nourrissent de chair, étaient souillés. Les omnivores, ou ceux qui mangeaient de tout, étaient souillés. Tous ceux qui, quoique doués de la faculté de s’élever dans les cieux, se traînaient néanmoins sur la terre, étaient souillés. Quant à cette dernière classe, il y avait quelques cas exceptionnels (versets 21-22) ; mais la règle générale, le principe fixe, l’ordonnance immuable était aussi explicite que possible : « Tout reptile volant, qui marche sur quatre pieds, vous sera une chose abominable » (vers. 20). Tout cela est d’une instruction bien simple pour nous. Les oiseaux qui pouvaient se nourrir de chair, ceux qui pouvaient avaler tout ce qui se présentait, et tous les oiseaux rampants devaient être souillés pour l’Israël de Dieu, parce que le Dieu d’Israël les avait déclarés tels, et le cœur spirituel n’aura pas de difficulté à reconnaître la justesse d’une semblable ordonnance. Non seulement nous pouvons voir, dans les habitudes des trois classes d’oiseaux ci-dessus, le sage motif qui les faisait déclarer souillés, mais nous y voyons aussi la frappante représentation de ce dont tout vrai chrétien doit absolument se garder. Il doit repousser tout ce qui est d’une nature charnelle. De plus, il ne peut se nourrir de tout ce qui se présente à lui. Il doit « discerner les choses qui diffèrent » ; il doit « prendre garde à ce qu’il entend » ; il faut qu’il exerce un esprit de discernement, un jugement spirituel, des goûts célestes. Enfin, il faut qu’il se serve de ses ailes ; il faut qu’il s’élève sur celles de la foi, et trouve sa place dans la sphère céleste à laquelle il appartient. En un mot, il ne doit rien y avoir de rampant, rien de confus, rien de souillé chez le chrétien (*).

(*) On devrait toujours pouvoir appliquer spirituellement au chrétien ce vers d’un poète qui a dit de l’oiseau : « Et même quand il marche, on sent qu’il a des ailes » (Trad.).

 

Quant aux « reptiles », voici quelle était la règle générale : « Et tout reptile qui rampe sur la terre sera une chose abominable ; on n’en mangera pas » (vers. 41). Qu’il est admirable de penser à la grâce pleine de condescendance de l’Éternel ! Il pouvait s’abaisser à donner des directions au sujet d’un reptile rampant ! Il ne voulait pas laisser son peuple dans l’indécision quant à la plus petite chose. Le Guide du sacrificateur contenait les plus amples instructions sur tous les points. Il voulait que son peuple se conservât pur de toute souillure résultant du contact avec ce qui était souillé. Ils n’étaient pas à eux-mêmes, et par conséquent ils ne devaient pas agir comme bon leur semblait. Ils appartenaient à l’Éternel ; son nom était invoqué sur eux ; ils étaient identifiés avec lui. Sa parole devait être, en toute chose, leur règle de conduite. C’est là qu’ils devaient apprendre à juger de l’état cérémoniel des bêtes, des oiseaux, des poissons et des reptiles. Ils ne devaient point, sur ces matières, s’appuyer sur leurs propres pensées, exercer leur faculté de raisonnement, ou se laisser guider par leurs propres imaginations. La parole de Dieu devait être leur seul guide. Les autres nations pouvaient manger ce qu’elles voulaient ; mais Israël jouissait du grand privilège de ne manger que ce qui plaisait à l’Éternel.

 

Ce n’est pas seulement de l’acte de "manger "ce qui était souillé que le peuple de Dieu devait si soigneusement se garder ; le simple "contact" était défendu (voyez les vers. 8, 24, 26-28, 31-41). Il était impossible qu’un membre de l’Israël de Dieu touchât ce qui était souillé, sans contracter une souillure. Ce principe est largement développé dans la loi et dans les, prophètes : « Ainsi dit l’Éternel des armées : Interroge les sacrificateurs sur la loi, disant : Si un homme porte de la chair sainte dans le pan de sa robe, et qu’il touche avec le pan de sa robe du pain, ou quelque mets, ou du vin, ou de l’huile, ou quoi que ce soit qu’on mange, ce qu’il a touché sera-t-il sanctifié ? Et les sacrificateurs répondirent et dirent : Non. Et Aggée dit : Si un homme qui est impur par un corps mort touche quelqu’une de toutes ces choses, est-elle devenue impure ? Et les sacrificateurs répondirent et dirent : Elle est impure » (Aggée 2:11-13). L’Éternel voulait que son peuple fût saint à tous égards. Nul ne devait ni manger, ni toucher quoi que ce soit de souillé. « Ne rendez pas vos âmes abominables par aucun reptile qui rampe, et ne vous rendez pas impurs par eux, de sorte que vous soyez impurs par eux ». Puis vient la raison puissante de toute cette séparation sévère : « "Car je suis l’Éternel, votre Dieu" : et vous vous sanctifierez, et vous serez saints, "car je suis saint" ; et vous ne rendrez pas vos âmes impures par aucun reptile qui se meut sur la terre. Car je suis l’Éternel qui vous ai fait monter du pays d’Égypte, afin que je sois "votre Dieu" : et vous serez saints, "car je suis saint" » (vers. 43-45).

 

Il est bon de voir que la sainteté personnelle des serviteurs de Dieu — leur entière séparation de toute espèce de souillure, découle de leurs relations avec lui. Ce n’est pas sur le principe de : « Retire-toi, n’approche point de moi, car je suis plus saint que toi » ; mais simplement sur celui-ci : « Dieu est saint », c’est pourquoi tous ceux qui sont mis en rapport avec lui doivent aussi être saints. Il est, à tous égards, digne de Dieu que "son" peuple soit saint. « Tes témoignages sont très sûrs ; la sainteté sied à ta maison, ô Éternel ! pour de longs jours ». Qu’y a-t-il, qui pût convenir à la maison de l’Éternel, plus que la sainteté ? Si l’on eût demandé à un Israélite : « Pourquoi reculez-vous ainsi devant ce reptile qui se traîne sur le sentier ? » il aurait répondu : « l’Éternel est saint, et je lui appartiens ». Il a dit : « Ne touche pas » ! De même, maintenant, si l’on demande à un chrétien pourquoi il se tient à part de tant de choses, auxquelles les hommes du monde prennent part, sa réponse doit tout simplement être : « "Mon Père est saint" ». C’est là le vrai principe de la sainteté personnelle. Plus nous contemplons le caractère divin, et comprenons la puissance de nos relations avec Dieu, en Christ, par l’énergie du Saint Esprit, plus nous serons, nécessairement, saints en pratique. Il ne peut y avoir progrès dans l’état de sainteté où le croyant est introduit ; mais il y a, et il doit y avoir progrès dans l’appréciation, dans l’expérience et la manifestation pratique de cette sainteté. Ces choses ne devraient jamais être confondues. Tous les croyants sont dans la même condition de sainteté ou de sanctification, mais leur mesure pratique peut varier à l’infini. Cela est facile à comprendre : notre condition résulte de ce que nous sommes approchés de Dieu par le sang de la croix ; la mesure pratique dépend de ceci, savoir si nous nous maintenons près de Dieu, par la puissance de l’Esprit. Ce n’est pas prétendre à quelque chose qui soit au-dessus de notre portée — à un degré de sainteté personnelle plus élevé que d’autres — à être, en quelque manière, meilleur que son prochain. De telles prétentions sont tout à fait méprisables aux yeux de toute personne intelligente. Mais si Dieu, dans sa grâce infinie, s’abaisse jusqu’à nous et nous élève à la sainte hauteur de sa présence bénie, en association avec Christ, n’a-t-il pas le droit de nous prescrire quel doit être notre caractère, comme ayant été ainsi rapprochés ? Qui oserait mettre en doute une vérité aussi évidente ? Et ensuite, ne sommes-nous pas tenus de chercher à conserver ce caractère qu’il prescrit ? Devons-nous être accusés de présomption si nous le faisons ? Était-ce une présomption pour un Israélite de refuser de toucher à « un reptile » ? Non, mais c’eût été une audacieuse et dangereuse présomption de le faire. Il se pouvait, il est vrai, qu’il ne pût faire comprendre et apprécier à un étranger incirconcis le motif de sa conduite, mais peu importait. L’Éternel avait dit : « Ne touchez pas » ; non parce qu’un Israélite était, par lui-même, plus saint qu’un étranger, mais parce que l’Éternel était saint et qu’Israël lui appartenait. Il fallait l’œil et le cœur d’un disciple circoncis de la loi de Dieu, pour discerner ce qui était net et ce qui ne l’était pas. Un étranger ne voyait là aucune différence. Il en doit toujours être ainsi. Ce ne sont que les enfants de la Sagesse qui peuvent la justifier et approuver ses célestes voies.

 

Avant de quitter le chapitre onzième du Lévitique, nous pouvons, avec profit pour nos âmes, le comparer avec le chapitre dixième des Actes, vers. 11-16 (lien : Commentaire sur Actes 10). Comme il dut paraître étrange à Pierre, élevé, dès son enfance, dans les principes du rituel mosaïque, de voir un vase, descendant du ciel, « dans lequel il y avait tous les quadrupèdes et les "reptiles "de la terre, et les oiseaux du ciel » ; et, non seulement de voir ce vase ainsi rempli, mais encore d’entendre une voix, disant : « Lève-toi, Pierre, tue et mange ». Merveilleuse chose ! Quoi ! nul examen des ongles et des instincts ! Il n’y en avait pas besoin : le vase et son contenu étaient descendus du ciel. C’était assez. Le Juif pouvait se retrancher derrière les étroites barrières des ordonnances judaïques, et s’écrier : « Non point, Seigneur ; car jamais je n’ai rien mangé qui soit impur ou immonde » ; mais le flot de la grâce divine s’élevait majestueusement par-dessus ces barrières, afin d’embrasser, dans son vaste contour, toutes sortes d’objets, et de les élever au ciel, dans la puissance et sur l’autorité de ces précieuses paroles : « Ce que Dieu a purifié, toi, ne le tiens pas pour impur » (liens : Actes 11 - Commentaire sur Actes 11). Peu importait ce qui était dans le vase, si Dieu l’avait purifié. L’Auteur du livre du Lévitique allait élever les pensées de son serviteur au-dessus des barrières que ce livre avait érigées, jusqu’à toute la magnificence de la grâce céleste. Il voulait lui enseigner que la vraie pureté, — celle que le ciel demandait, ne devait plus consister dans l’acte de ruminer, dans le fait d’avoir l’ongle divisé, ou en telle ou telle autre marque cérémonielle ; mais à être lavé dans le sang de l’Agneau, qui purifie de tout péché, et rend le croyant assez net pour fouler le pavé de saphir des célestes parvis (liens 1234 - 5).

 

C’était là une noble leçon à donner à un Juif. C’était une leçon divine, à la lumière de laquelle les ombres de l’ancienne économie devaient s’évanouir. La main de la grâce souveraine a ouvert la porte du royaume, mais non pour y admettre quoi que ce soit d’impur. Rien d’impur ne peut entrer au ciel ; or le critère de la pureté ne devait plus être un ongle fendu, mais uniquement ceci : « "Ce que Dieu a purifié" ». Quand Dieu purifie un homme, il doit certes être net. Pierre allait être envoyé pour ouvrir le royaume aux gentils comme il l’avait déjà ouvert aux Juifs, et son cœur juif avait besoin d’être élargi. Il avait besoin de s’élever, au-dessus des ombres d’un temps qui n’était plus, dans la lumière éclatante qui rayonnait d’un ciel ouvert, en vertu d’un sacrifice accompli et parfait. Il avait besoin de sortir du courant étroit des préjugés juifs et d’être porté sur le sein de cet océan de grâce, qui allait se répandre sur tout un monde perdu (lien : sur la repentance). Il avait aussi à apprendre que la mesure, qui devait déterminer la vraie pureté, n’était plus charnelle, cérémonielle et terrestre, mais spirituelle, morale et céleste. Nous pouvons donc bien dire que c’étaient de grandes leçons que celles que reçut l’apôtre de la circoncision sur le toit de la maison de Simon le corroyeur. Elles étaient évidemment propres à adoucir, à dilater, à élever un esprit qui avait été formé au milieu des influences rétrécissantes du système juif. Nous bénissons le Seigneur pour ces précieuses leçons. Nous le bénissons pour la belle et riche position, où il nous a placés par le sang de la croix. Nous le bénissons de ce que nous ne sommes plus entravés par des « ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas » ; mais de ce que sa Parole nous déclare que « toute créature de Dieu est bonne et il n’y en a aucune qui soit à rejeter, étant prise avec action de grâces, car elle est sanctifiée par la parole de Dieu et par la prière » (1 Tim. 4:4, 5).

Lectures et méditations proposées :

LE SENTIER DE DIEU DANS LES TEMPS DIFFICILES (Adrien Ladrierre)

ÉCOUTER – écouter la Parole de Dieu – DIEU PARLE

LE SAIN ENSEIGNEMENT (André Gibert)

La Loi et la GrâceExode 34 et 2 Cor. 3 (William Kelly)

L’ESPÉRANCE CHRÉTIENNE (André Gibert)

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6 février 2023 1 06 /02 /février /2023 10:10

Notes sur le Lévitique – Chapitre 10

 

Livre du Lévitiquechapitre 10

Notes sur le Lévitiquechapitre 10

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitre 10

Les pages de l’histoire de l’humanité ont toujours été déplorablement souillées. Ce sont, du commencement à la fin, les annales des chutes, des fautes, des crimes de l’homme. Au milieu des délices du jardin d’Éden, l’homme prêta l’oreille aux mensonges du tentateur (Gen. 3). Après avoir été préservé du jugement par la main d’amour et l’élection de Dieu, et introduit dans une terre renouvelée, il se rendit coupable du péché d’intempérance (Gen. 9). Quand il eut été amené au pays de Canaan, par le bras étendu de l’Éternel, il « abandonna l’Éternel et servit Baal et Ashtaroth » (Juges 2:13). Placé au plus haut degré de la puissance et de la gloire terrestres, ayant des richesses inouïes à ses pieds et toutes les ressources du monde à son commandement, il donna son cœur aux filles des incirconcis (1 Rois 11). Pas plus tôt les vérités bénies de l’Évangile eurent été promulguées, qu’il devint nécessaire que le Saint Esprit mît les saints en garde contre « les loups redoutables », « l’apostasie » et toute espèce de péchés (Actes 20:29 ; 1 Tim. 4:1-3 ; 2 Tim. 3:1-5 ; 2 Pierre 2 ; Jude). Et pour mettre le comble à tout cela, nous avons le témoignage prophétique de l’apostasie humaine au milieu de toutes les splendeurs de la gloire millénaire (Apoc. 20:7-10).

 

C’est ainsi que l’homme gâte tout. Placez-le dans une position de suprême dignité, il se dégradera. Accordez-lui les plus grands privilèges, il en abusera. Répandez, avec profusion, des bénédictions autour de lui, il se montrera ingrat. Placez-le au milieu des institutions les plus propres à faire impression sur les cœurs, il les corrompra. Tel est l’homme. Telle est la nature humaine sous ses plus belles formes, et dans les circonstances les plus favorables !

 

Nous sommes donc, en quelque mesure, préparés à entendre, sans trop de surprise, les paroles qui ouvrent notre chapitre. « Et les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun leur encensoir, et y mirent du feu, et placèrent de l’encens dessus, et présentèrent devant l’Éternel un feu étranger, ce qu’il ne leur avait pas commandé ». Quel contraste avec la scène qui avait terminé notre dernière section ! Là, tout avait été fait « comme l’Éternel l’avait commandé », et le résultat en avait été la manifestation de la gloire. Ici, quelque chose se fait « que l’Éternel ne leur avait pas commandé », et le résultat en est le jugement. À peine le dernier son des cris de victoire a-t-il cessé de retentir, que les éléments d’un culte corrompu se préparent. À peine la position selon Dieu a-t-elle été occupée qu’elle est abandonnée, de propos délibéré, par la négligence du commandement divin. À peine ces sacrificateurs ont-ils été inaugurés, qu’ils manquent grièvement dans l’accomplissement de leurs saintes fonctions !

 

Et en quoi consistait leur faute ? Étaient-ils de faux sacrificateurs ? N’étaient-ils que des usurpateurs de cet office ? Nullement. Ils étaient bien les fils d’Aaron — de vrais membres de la famille sacerdotale — des sacrificateurs dûment ordonnés. Les vases de leur ministère et leurs vêtements officiels, aussi, semblaient dans l’ordre voulu. En quoi consistait donc leur péché ? Avaient-ils souillé de sang humain les courtines du tabernacle, ou profané l’enceinte sacrée par quelque crime qui choque le sens moral ? Rien ne donne lieu de le croire ; il nous est seulement dit ceci : « Ils présentèrent devant l’Éternel un feu étranger, ce qu’il ne leur avait pas commandé ». Voilà quel était leur péché. Ils s’éloignèrent, dans leur culte, de la simple parole, de l’ordre formel de l’Éternel, qui les avait clairement instruits du genre et du mode de ce culte. Nous avons déjà dit combien était divinement complète et suffisante la Parole du Seigneur, relativement à tous les détails du service des sacrificateurs. Tout était si bien déterminé, qu’il ne restait aucune lacune que l’homme crût pouvoir remplir en imaginant quelque rite qui lui paraîtrait convenable. « C’est ici ce que l’Éternel a commandé », voilà qui était tout à fait suffisant. Cela rendait tout fort clair et fort simple. Du côté de l’homme, rien n’était exigé, si ce n’est un esprit d’obéissance implicite au commandement divin. Mais c’est en cela qu’il manqua. L’homme a toujours montré de la répugnance à marcher dans le sentier étroit d’une stricte adhésion à la simple parole de Dieu. Les sentiers de traverse semblent toujours avoir des charmes irrésistibles pour le pauvre cœur humain. « Les eaux dérobées sont douces, et le pain mangé en secret est agréable » (Prov. 9:17). Tel est le langage de l’ennemi ; mais le cœur humble et obéissant sait parfaitement que le chemin de la soumission à la Parole de Dieu est le seul qui conduise à des « eaux » qui soient réellement « douces », ou à « du pain » qui puisse vraiment être appelé « agréable ». Nadab et Abihu pouvaient penser qu’une espèce de « feu » était aussi bonne qu’une autre, mais ce n’était pas leur affaire de décider ce point-là. Ils auraient dû s’en tenir à la Parole du Seigneur, mais au lieu de cela ils firent à leur tête, et recueillirent les fruits amers de la propre volonté. « Et il ne sait pas que les trépassés sont là, et que ses conviés sont dans les profondeurs du shéol ».

 

« Et le feu sortit de devant l’Éternel, et les dévora, et ils moururent devant l’Éternel ». Combien c’est sérieux et solennel. L’Éternel habitait au milieu de son peuple, pour gouverner, juger et agir selon les droits de sa nature. À la fin du chapitre 9, nous lisons : « Et le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ». L’Éternel montrait ainsi qu’il acceptait un sacrifice véritable. Mais, au chap. 10, c’est son jugement tombant sur des sacrificateurs égarés. C’est une double action du même feu. L’holocauste monta en agréable odeur ; le « feu étranger » fut rejeté comme une abomination. L’Éternel était glorifié par le premier ; mais c’eût été un déshonneur pour lui que d’accepter le second. La divine grâce agréait ce qui était un type du précieux sacrifice de Christ et elle y prenait plaisir ; la divine sainteté rejetait ce qui était le fruit de la volonté corrompue de l’homme — volonté qui n’est jamais plus hideuse et abominable que quand elle s’occupe des choses de Dieu.

 

« Et Moïse dit à Aaron : C’est là ce que l’Éternel prononça, en disant : Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et devant tout le peuple je serai glorifié ». La dignité et la gloire de l’économie tout entière dépendaient du strict maintien des justes droits de l’Éternel. Si ces droits étaient méconnus ou négligés, tout était perdu. S’il était permis à l’homme de souiller le sanctuaire de la présence divine par « un feu étranger », c’en était fait de tout le reste. Rien ne devait monter de l’encensoir du sacrificateur, sauf le feu pur, allumé sur l’autel de Dieu et alimenté par le pur encens pilé très fin. Beau type du culte vraiment saint, duquel le Père est l’objet, Christ le canal et le Saint Esprit la puissance. Il ne peut être permis à l’homme d’introduire ses idées ou ses inventions dans le culte de Dieu. Tous ses efforts n’aboutissent qu’à la présentation d’un « feu étranger » — d’un encens impur — d’un culte faux. Ce qu’il peut faire de mieux en ce genre n’est qu’une abomination aux yeux de Dieu.

 

Je ne parle pas ici des efforts honnêtes d’esprits sérieux, qui cherchent la paix avec Dieu — des efforts sincères de consciences droites, quoique non éclairées, pour arriver à la connaissance du pardon des péchés par des œuvres de loi ou par les ordonnances d’un système religieux. De tels efforts auront sans doute pour résultat, par l’infinie bonté de Dieu, la vue claire d’un salut connu et apprécié. Ils prouvent bien clairement que la paix est sérieusement cherchée, quoiqu’ils prouvent, tout aussi clairement, que la paix n’a pas encore été trouvée. Il n’est personne qui ait sincèrement suivi les plus faibles lueurs, éclairant son intelligence, sans en recevoir davantage, en temps convenable. « À quiconque a, il sera donné » et : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant, jusqu’à ce que le plein jour soit établi ».

Tout cela est aussi simple qu’encourageant, mais ne touche en rien à la question de la volonté de l’homme et de ses impies inventions à l’endroit du service et du culte de Dieu. De telles inventions doivent inévitablement appeler, tôt ou tard, les jugements d’un Dieu juste, qui ne peut souffrir que ses droits soient méprisés. « Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et devant tout le peuple je serai glorifié ». Les hommes seront traités conformément à leur profession. Ceux qui cherchent avec droiture, trouveront certainement ; mais quand des hommes s’approchent comme des adorateurs, ils ne doivent plus être considérés comme des chercheurs, mais comme faisant profession d’avoir trouvé ; et alors, si leur encensoir sacerdotal fume d’un feu profane, s’ils offrent à Dieu les éléments d’un faux culte, s’ils font profession de fouler ses parvis, tout en n’étant ni lavés, ni sanctifiés, ni humiliés ; s’ils placent sur son autel les produits de leur volonté corrompue, quel sera le résultat ? Le jugement. Oui, tôt ou tard le jugement viendra ; il peut tarder, mais il viendra. Il n’en pourrait être autrement. Et non seulement le jugement viendra à la fin, mais, en tout cas, le ciel rejettera immédiatement tout culte qui n’a pas le Père pour objet, Christ pour canal et le Saint Esprit pour sa force. La sainteté de Dieu est aussi prompte à rejeter tout « feu étranger » que sa grâce est disposée à accepter les plus faibles soupirs d’un cœur sincère. Il faut qu’il juge tout culte faux, quoiqu’il « n’éteigne jamais le lin qui brûle à peine, ni ne brise le roseau froissé ». Cette pensée est bien solennelle, quand on se rappelle les milliers d’encensoirs, fumant d’un feu étranger, dans les vastes domaines de la chrétienté. Veuille le Seigneur, dans son abondante grâce, augmenter le nombre des vrais adorateurs, qui adorent le Père en Esprit et en vérité ! (Jean 4). Il est infiniment plus doux de penser au vrai culte, qui s’élève de cœurs honnêtes jusqu’au trône de Dieu, que de s’arrêter, ne fût-ce que pour un instant, sur le culte corrompu qui attirera, avant qu’il soit longtemps, les jugements divins. Tous ceux qui connaissent, par grâce, le pardon de leurs péchés en vertu du sang expiatoire de Jésus Christ, peuvent adorer le Père en Esprit et en vérité. Ils connaissent le vrai principe, le vrai objet, la vraie force du culte. Ces choses ne peuvent être connues que d’une manière divine. Elles ne sont pas du ressort du cœur naturel, ni de la terre, elles sont spirituelles et célestes. Une grande partie de ce qui passe parmi les hommes pour être le culte de Dieu n’est, après tout, qu’un « feu étranger ». Il n’y a là ni le feu pur, ni le pur encens, c’est pourquoi le ciel ne saurait l’accepter ; et quoiqu’on ne voie pas le jugement divin tomber sur ceux qui offrent un tel culte, comme il tomba autrefois sur Nadab et Abihu, c’est seulement parce que « Dieu est en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes ». Ce n’est point parce que le culte est agréable à Dieu, mais parce que Dieu est miséricordieux (*). Cependant le temps approche rapidement, où le feu étranger sera éteint pour toujours, où le trône de Dieu ne sera plus outragé par des nuages d’encens impur, montant d’adorateurs impurs ; où tout ce qui est faux sera aboli, et où l’univers entier ne sera qu’un vaste et magnifique temple, dans lequel le seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, sera adoré aux siècles des siècles.

(*) Je ne puis m’empêcher de voir une allusion au même fait et aux mêmes vérités dans Héb. 12:28, 29:… « Retenons la grâce par laquelle nous "servions Dieu", d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte. Car aussi "notre Dieu est un feu consumant" ». Notre service et notre culte ne peuvent être agréables à Dieu, ils ne peuvent témoigner de notre respect pour lui et de notre soumission à ses pensées, qu’autant que nous retenons "la grâce", c’est-à-dire l’amour de Dieu, manifesté par le don de son Fils et versé dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. Tout service et tout culte, en dehors de la grâce, doit avoir affaire avec Dieu, "notre" Dieu, qui est alors un "feu consumant", non plus pour détruire les adorateurs (si ce n’est que, parfois, ses jugements vont aussi jusqu’à la destruction du corps, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde), mais pour consumer ou détruire tout ce qui, dans ce service, et dans ce culte, n’est pas selon la grâce (voir 1 Cor. 3:11-15) (Trad.).

 

C’est là ce que les rachetés attendent, et, béni soit Dieu, seulement encore un peu de temps et tous leurs ardents désirs seront pleinement satisfaits, et satisfaits à jamais — oui, satisfaits de telle façon que chacun d’eux s’écriera, comme la reine de Sheba, « On ne m’avait pas rapporté la moitié ! » Veuille le Seigneur hâter cet heureux moment !

Revenons maintenant à notre sérieux chapitre, et cherchons à en tirer quelques-unes de ses salutaires instructions, car elles sont vraiment nécessaires dans un siècle comme celui-ci, où le « feu étranger » abonde tellement autour de nous. (liens : Église catholique - Témoins de Jéhovah et Mormons - Œcuménisme - Charismatisme - Tendances générales - Évolution vers l'apostasie - Nouveaux mouvements - Autres courantsIslam).


Il y a quelque chose d’extraordinairement frappant et saisissant dans la manière dont Aaron reçut le rude coup du jugement de Dieu. « "Et Aaron se tut" ». C’était une scène solennelle. Ses deux fils frappés de mort à ses côtés, frappés par le feu du jugement divin (*). Il venait de les voir revêtus de leurs vêtements de gloire et de beauté — lavés, habillés et oints. Ils s’étaient tenus avec lui devant l’Éternel, pour être installés et consacrés dans leur office de sacrificateurs. Ils avaient offert, de concert avec lui, les sacrifices ordonnés. Ils avaient vu les rayons de la gloire divine, sortant du sanctuaire, ils avaient vu le feu de l’Éternel tomber sur le sacrifice et le consumer. Ils avaient entendu les cris de triomphe poussés par l’assemblée des adorateurs. Tout cela venait de passer sous ses yeux et maintenant, hélas ! ses deux fils gisaient devant lui, frappés de mort. Le feu de l’Éternel, qui avait été nourri naguère par un sacrifice acceptable, était maintenant tombé en jugement sur eux, et que pouvait-il dire ? Rien. « Et Aaron se tut ». « Je suis resté muet, je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait ». C’était la main de Dieu, et quoiqu’elle pût paraître bien lourde au jugement de la chair et du sang, il ne pouvait cependant que baisser la tête en silence et dans un respectueux acquiescement. « "Je" suis resté muet… car c’est "toi "qui l’as fait ». C’était là l’attitude convenable en présence de la visitation divine. Aaron sentait probablement que les piliers mêmes de sa maison étaient ébranlés par le tonnerre du jugement divin, et pourtant il ne pouvait que se tenir dans un silencieux étonnement au milieu de cette scène accablante. Un père privé de ses deux fils, et cela d’une telle manière et dans de telles circonstances, ce n’était point un fait ordinaire. C’était un commentaire extrêmement frappant de ces paroles du psalmiste : « Dieu est extrêmement redoutable dans l’assemblée des saints, et terrible au milieu de tous ceux qui l’entourent » (Psaume 89). « Qui ne te craindrait, Seigneur, et qui ne glorifierait ton nom ! » Puissions-nous apprendre à marcher paisiblement en la présence de Dieu — à fouler les parvis de l’Éternel, les pieds déchaussés et en toute révérence. Puisse notre encensoir de sacrificateurs contenir toujours le seul aliment, l’encens pilé des perfections variées de Christ, et puisse la flamme sainte en être allumée par la puissance de l’Esprit. Toute autre chose est non seulement sans valeur, mais mauvaise. Tout ce qui vient de l’énergie naturelle, tout ce qui est le résultat du travail de la volonté humaine, l’encens le plus suave imaginé par l’homme, l’ardeur la plus intense d’une dévotion naturelle, tout cela aboutira à un « feu étranger » et attirera les solennels jugements du Seigneur Dieu Tout-Puissant. Oh ! puissions-nous avoir toujours des cœurs vraiment sincères et un esprit d’adoration en présence de notre Dieu et Père !

(*) Craignant que quelque lecteur n’éprouve de la difficulté relativement aux âmes de Nadab et d’Abihu, je dirai qu’une question de cette nature ne devrait jamais être élevée. Dans des cas comme ceux de Nadab et d’Abihu (Lév. 10) ; de Coré et de sa compagnie (Nomb. 16) ; de tout le peuple, dont les corps tombèrent au désert, à l’exception de Josué et de Caleb (Nomb. 14 et Héb. 3) ; de Acan et de sa famille (Jos. 7) ; d’Ananias et de Sapphira (Actes 5) ; de ceux qui furent jugés pour des abus commis à la table du Seigneur (1 Cor. 11) ; dans tous les cas semblables, la question du salut de l’âme n’est jamais soulevée. Nous sommes simplement appelés à y voir les actes solennels de Dieu, dans son gouvernement au milieu de son peuple. Cela soulage l’esprit de toute difficulté. L’Éternel habitait, jadis, entre les Chérubins sur l’arche, pour juger son peuple à tous égards ; et le Saint Esprit habite maintenant dans l’Église, afin de diriger et de gouverner tout, conformément à la perfection de sa présence. Il était si réellement et si personnellement présent, que c’était à Lui que mentaient Ananias et Sapphira, et que c’était Lui qui exécutait le jugement sur eux. C’était une manifestation de ses actes en gouvernement, aussi positive et aussi immédiate que celles que nous avons dans l’affaire de Nadab et d’Abihu, de Acan ou de tout autre.


C’est une grande vérité, qu’il faut bien saisir. Dieu est non seulement pour ses serviteurs, mais avec eux et en eux. On doit compter sur lui, pour toutes choses, grandes ou petites. Il est présent pour consoler et pour soulager. Il est là pour châtier et pour juger. Il est là pour répondre aux besoins de chaque moment. Il suffit à tout. Que la foi compte sur lui : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, Je Suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20). Et assurément, là où il est, nous avons tout ce qu’il nous faut.

 

Cependant qu’un cœur droit, mais timide, ne se laisse pas décourager ou alarmer. Il arrive trop souvent que ceux qui devraient réellement être alarmés, n’y prennent pas garde ; tandis que ceux pour lesquels l’Esprit de grâce n’aurait que des paroles de consolation et d’encouragement, s’appliquent, à tort, les sévères avertissements des saintes Écritures. Nul doute que le cœur doux et contrit, qui tremble à la parole du Seigneur (lien), ne soit dans un bon état ; mais nous devons nous souvenir qu’un père avertit son enfant, non parce qu’il ne le regarde pas comme son enfant, mais justement pour le contraire ; et une des meilleures preuves de cette relation est la disposition à recevoir l’avertissement et à le mettre à profit. La voix du père, même quand c’est une voix de grave admonition, atteindra le cœur de l’enfant ; mais certes, non pas pour y élever des doutes sur son lien de parenté avec celui qui parle. Si un fils doutait de ses relations de fils chaque fois que son père le reprend, ce serait vraiment pitoyable. Le jugement qui venait de tomber sur la famille d’Aaron ne le fit pas douter qu’il fût réellement un sacrificateur. Il eut seulement pour effet de lui apprendre comment il devait se conduire dans cette haute et sainte position.

 

« Et Moïse dit à Aaron, et à Éléazar et à Ithamar, ses fils : Ne découvrez pas vos têtes et ne déchirez pas vos vêtements, afin que vous ne mouriez pas, et qu’il n’y ait pas de la colère contre toute l’assemblée ; mais vos frères, toute la maison d’Israël, pleureront l’embrasement que l’Éternel a allumé. Et ne sortez pas de l’entrée de la tente d’assignation, de peur que vous ne mouriez, car l’huile de l’onction de l’Éternel est sur vous. Et ils firent selon la parole de Moïse ».

 

Aaron, Éléazar et Ithamar devaient rester immobiles dans leur place élevée — dans leur dignité sacrée — leur position de sainteté sacerdotale. Ni le manquement, ni le jugement qui en avait été la conséquence, ne devaient affecter ceux qui portaient les vêtements sacerdotaux et qui étaient oints « de l’huile de l’Éternel ». Cette sainte huile les avait placés dans une enceinte sacrée, où les influences du péché, de la mort et du jugement ne pouvaient pas les atteindre. Ceux qui étaient en dehors, à distance du sanctuaire, ceux qui n’avaient pas la position de sacrificateurs, ceux-là pouvaient « pleurer l’embrasement », mais, quant à Aaron et à ses fils, ils devaient continuer à accomplir leurs saintes fonctions, comme si rien n’était arrivé. Sacrificateurs du sanctuaire, ils devaient, non pas pleurer, comme en présence de la mort, mais courber leur tête ointe, en présence du jugement divin. « Le feu de l’Éternel » pouvait sortir et faire son œuvre solennelle de jugement ; mais, pour un fidèle sacrificateur, peu importait ce que ce « feu » était venu faire : soit qu’il eût exprimé l’approbation divine en consumant un sacrifice, soit qu’il eût montré le déplaisir divin en consumant ceux qui offraient « un feu étranger », le sacrificateur n’avait qu’à adorer. Ce « feu » était une manifestation bien connue de la présence divine au milieu d’Israël, et qu’il agît « en grâce ou en jugement », le devoir de tous les sacrificateurs fidèles était d’adorer. « Je chanterai la bonté et le jugement ; à toi, ô Éternel ! je psalmodierai ».

 

Il y a pour l’âme une sainte et sérieuse leçon dans tout cela. Ceux qui ont été amenés à Dieu par l’efficace du sang et par l’onction du Saint Esprit, doivent se mouvoir dans une sphère hors de la portée des influences naturelles. La proximité de Dieu donne à l’âme une telle intuition de toutes ses voies, un tel sentiment de la justice de toutes ses dispensations, que nous pouvons rendre culte en sa présence, même alors qu’un coup de sa main nous a enlevé l’objet de notre plus tendre affection. On demandera peut-être : devons-nous être des stoïques ? Je demanderai à mon tour : Est-ce qu’Aaron et ses fils étaient des stoïques ? Non, ils étaient des sacrificateurs. Ne sentaient-ils pas comme les autres hommes ? Oui, mais ils adoraient comme sacrificateurs. C’est une idée très profonde. Cela découvre un horizon de pensées, de sentiments et d’expériences, où l’homme naturel ne pourra jamais se mouvoir — dont il ne connaît absolument rien, malgré tout le raffinement, toute la sentimentalité dont il se vante. Il faut que nous marchions, avec la vraie énergie du sacrificateur, dans le sanctuaire de Dieu, pour pouvoir comprendre la profondeur, le sens et la force de ces saints mystères.

 

Le prophète Ézéchiel fut appelé autrefois à apprendre cette difficile leçon : « Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : Fils d’homme, voici, je vais t’ôter, par une plaie, le désir de tes yeux ; et tu ne mèneras pas deuil, et tu ne pleureras pas, et tes larmes ne couleront pas. Gémis en silence : tu ne feras point le deuil des morts. Enroule ton turban sur toi, et mets tes sandales à tes pieds, et ne couvre pas ta barbe, et ne mange pas le pain des "hommes… "Et, le matin, je fis comme il m’avait été commandé » (Ézé. 24:15-18 (commentaire)). On dira que tout cela était « un signe » pour Israël. C’est vrai ; mais cela prouve que, dans le témoignage prophétique, aussi bien que dans le culte sacerdotal, nous devons nous élever au-dessus de toutes les exigences et de toutes les influences de la nature et de la terre. Les fils d’Aaron et la femme d’Ézéchiel avaient été retranchés d’un seul coup, et cependant ni le sacrificateur, ni le prophète, ne devaient découvrir leur tête ou verser une larme.

 

Oh ! cher lecteur, quels progrès avons-nous faits, vous et moi, dans cette profonde science ? Le lecteur et celui qui écrit ont sans doute la même humiliante confession à faire. Trop souvent, hélas ! nous marchons comme les hommes et nous mangeons le pain des hommes. Trop souvent, nous nous laissons dépouiller de nos privilèges de sacrificateurs par les menées de la nature et les influences de la terre. Il importe de veiller pour se garder de ces influences. Rien, sauf la conscience de la proximité de Dieu, comme sacrificateurs, ne peut préserver le cœur de la puissance du mal, ou en maintenir la spiritualité. Tous les croyants sont sacrificateurs à Dieu, et rien ne peut leur enlever leur position, comme tels. Mais quoiqu’ils ne puissent la perdre, ils peuvent manquer gravement dans l’accomplissement de leurs fonctions. On ne distingue pas assez ces deux choses. Quelques-uns, ne voyant que la précieuse vérité de la sécurité du croyant, oublient la possibilité de ses fautes dans l’accomplissement de ses fonctions sacerdotales. D’autres, au contraire, regardant surtout aux manquements, osent mettre en doute la sécurité.

 

Je désire que mon lecteur se garde de ces deux erreurs. Il faut, pour cela, qu’il soit bien fondé dans la doctrine divine du salut éternel de tout membre de la vraie maison sacerdotale ; mais il doit aussi se rappeler qu’il est fort susceptible de faire des chutes, et qu’il a donc constamment besoin de veiller et de prier, pour ne pas tomber. Puissent tous ceux qui ont été amenés à connaître la haute position de sacrificateurs à Dieu, être préservés par sa grâce, de toute espèce de manquements et de péchés, qu’ils consistent soit en souillures personnelles, soit en la présentation de quelqu’une des formes variées de « feu étranger », qui abondent tellement dans l’église professante.

 

« Et l’Éternel parla à Aaron, disant : Vous ne boirez point de vin ni de boisson forte, toi et tes fils avec toi, quand vous entrerez dans la tente d’assignation, afin que vous ne mouriez pas. C’est un statut perpétuel, en vos générations, afin que vous discerniez entre ce qui est saint et ce qui est profane, et entre ce qui est impur et ce qui est pur, et afin que vous enseigniez aux fils d’Israël tous les statuts que l’Éternel leur a dits par Moïse » (vers. 8-11).

 

L’effet du vin est d’exciter la chair, et toute excitation de ce genre nuit à cette condition calme et bien équilibrée de l’âme, qui est essentielle pour accomplir convenablement les offices de sacrificateur. Loin d’employer des moyens pour exciter la nature, nous devrions la traiter comme quelque chose qui n’existe pas. Alors, seulement, nous serons dans l’état moral voulu pour servir au sanctuaire, pour former un jugement impartial entre ce qui est souillé et ce qui est net, et pour expliquer et communiquer la pensée de Dieu. C’est à chacun à juger, pour lui-même, de ce qui, dans son cas particulier, agirait comme « le vin ou la boisson forte (*) ». Les choses qui excitent notre nature sont de bien divers genres, en vérité, — la fortune, l’ambition, la politique (lien), les nombreux sujets d’émulation dans le monde autour de nous. Toutes ces choses agissent avec une puissance excitante, sur notre nature, et nous rendent complètement impropres à tout service sacerdotal. Si le cœur est enflé de sentiments d’orgueil, de convoitise ou d’envie, il est totalement impossible de jouir de l’air pur du sanctuaire, ou d’accomplir les fonctions sacrées du ministère sacerdotal. Les hommes parlent de la versatilité de l’esprit humain, ou de la facilité avec laquelle il passe promptement d’une chose à une autre. Mais le génie le plus versatile qu’un homme ait jamais possédé ne pourrait pas le rendre capable de passer d’un cercle profane de discussions littéraires, commerciales ou politiques, dans la sainte retraite du sanctuaire de la présence divine ; ni rendre l’œil, obscurci par l’influence de telles scènes, capable de discerner avec l’exactitude du sacrificateur la différence « entre ce qui est saint et ce qui est profane, et entre ce qui est impur et ce qui est pur ». Non, cher lecteur ; les sacrificateurs de Dieu doivent se tenir éloignés du « vin et de la boisson forte ». Leur chemin est un chemin de sainte séparation et de sobriété. Ils doivent être élevés bien au-dessus de l’influence des joies terrestres, tout comme de celle des douleurs terrestres. La seule chose qu’ils aient à faire avec la « boisson forte », c’est qu’elle soit « versée dans le lieu saint », en libation de boisson forte, à l’Éternel (Nomb. 28:7). En d’autres termes, la joie des sacrificateurs de Dieu n’est pas la joie de la terre, mais la joie du ciel, la joie du sanctuaire. « La joie de l’Éternel est leur force ».

(*) Quelques-uns pensent que, vu la place qu’occupe ici cette direction sur le vin, Nadab et Abihu étaient peut-être sous l’influence de la boisson, lorsqu’ils offrirent le « feu étranger ». Quoi qu’il en soit, nous devons être reconnaissants de trouver ici un principe précieux à l’égard de notre conduite comme sacrificateurs spirituels. Nous devons nous abstenir de tout ce qui produirait sur notre homme spirituel le même effet que le vin produit sur l’homme physique.


Il est à peine besoin de dire que le chrétien devrait être des plus vigilants quant à l’usage qu’il fait du vin ou des boissons fortes. On tremble en voyant un chrétien être l’esclave d’une habitude, quelle que puisse être cette habitude. Cela prouve qu’il ne mortifie et n’asservit pas son corps, et il est en grand danger d’être « réprouvé » (1 Cor. 9:27).

 

Plût à Dieu que ces saintes instructions fussent mieux pesées par nous ! Nous en avons un grand besoin, assurément. Si nous négligeons nos responsabilités de sacrificateurs, tout s’en ressentira. Quand nous contemplons le camp d’Israël, nous voyons trois cercles, dont le plus intérieur avait pour centre le sanctuaire. Il y avait d’abord le cercle des hommes de guerre (Nomb. 1:2), puis le cercle des Lévites tout autour du tabernacle (Nomb. 3:4), et enfin le cercle intérieur des sacrificateurs, officiant dans le lieu saint. Or, rappelons-nous que le croyant est appelé à se mouvoir dans tous ces cercles. Il entre, lutte et combat, comme un homme de guerre (Éph. 6:11-17 ; 1 Tim. 1:18 ; 6:12 ; 2 Tim. 4:7). Il sert, comme un Lévite au milieu de ses frères, selon sa mesure et sa sphère (Matt. 25:14-15 ; Luc 19:12-13). Enfin il sacrifie et adore, comme sacrificateur, dans le lieu saint (Héb. 13:15-16 ; 1 Pierre 2:5, 9). Ce dernier office durera à toujours. En outre, ce n’est qu’en tant que nous serons rendus capables de nous mouvoir dûment dans ce cercle sacré, que toutes les autres relations et responsabilités seront dûment accomplies. Par conséquent, tout ce qui entrave nos fonctions sacerdotales — tout ce qui nous éloigne du centre de ce cercle intérieur, où nous avons le privilège de nous tenir — en un mot, tout ce qui tend à altérer notre relation de sacrificateurs, ou à obscurcir notre vision de sacrificateurs, doit nécessairement nous rendre impropres au service que nous sommes appelés à rendre, et à la guerre que nous sommes appelés à faire.

 

Ce sont là des considérations importantes. Arrêtons-nous-y sérieusement. Nous avons à garder un cœur droit — une conscience pure — un œil simple — une vision spirituelle non troublée. Les intérêts de l’âme dans le lieu saint doivent être recherchés fidèlement et avec zèle, sans cela tout ira mal. La communion particulière avec Dieu doit être conservée ; sans cela nous serons inutiles comme serviteurs, et vaincus comme hommes de guerre. C’est en vain que nous nous agitons et courons ici et là pour ce que nous appelons service, ou que nous faisons de belles phrases sur l’armure et la lutte du chrétien. Si nous ne maintenons pas nos vêtements de sacrificateurs sans souillures, et si nous ne nous gardons pas de tout ce qui exciterait notre nature, nous tomberons certainement. Le "sacrificateur "doit garder son cœur avec soin, sinon le "lévite" faillira, et le "guerrier" sera défait.

 

Je le répète, c’est l’affaire de chacun de se rendre clairement compte de ce qui, pour lui, constitue le « vin et la boisson forte » — de ce qui l’excite — de ce qui émousse ses perceptions spirituelles ou trouble sa vision sacerdotale. Il se peut que ce soit un marché, une exposition de bestiaux, un journal. Il se peut que ce soit la moindre bagatelle. Mais n’importe ce que c’est : si cela tend à exciter, cela nous rendra impropres au ministère de sacrificateurs ; et si nous ne sommes pas qualifiés comme sacrificateurs, nous ne le sommes pas plus pour tout le reste, puisque nos succès, à tous égards et pour tous les détails de notre service, dépendront toujours de la mesure en laquelle nous cultiverons un esprit de culte.

 

Exerçons donc un esprit de jugement sur nous-mêmes — un esprit de vigilance sur nos habitudes, nos voies, nos pensées, nos goûts et nos associations ; et quand, par grâce, nous découvrons quoi que ce soit qui ait la moindre tendance à nous détourner des saints exercices du sanctuaire, rejetons-le, coûte que coûte. Ne nous laissons pas devenir les esclaves d’une habitude. La communion avec Dieu devrait être plus chère à nos cœurs que toute autre chose ; et dans la proportion où nous apprécierons cette communion, nous veillerons et prierons, et nous tiendrons en garde contre tout ce qui nous en priverait — contre tout ce qui pourrait exciter, troubler ou ébranler (*).

(*) Quelques-uns penseront peut-être que le passage de Lév. 10:9 permet, "occasionnellement", l’usage des choses qui tendent à exciter l’esprit naturel, parce qu’il est dit : « Vous ne boirez point de vin, ni de boisson forte… "quand" vous entrerez dans la tente d’assignation ». À ceci nous répondrons que le sanctuaire n’est pas un lieu que le chrétien doive visiter "occasionnellement", mais un lieu dans lequel il doit "habituellement" servir et adorer. C’est la sphère dans laquelle il doit « vivre, se mouvoir et avoir son être ». Plus nous vivons en la présence de Dieu, et moins nous pouvons souffrir d’en être éloignés ; et aucun de ceux qui connaissent le bonheur d’y être ne se permettra légèrement quoi que ce soit qui l’en priverait. Il n’y a pas sur toute la terre un seul objet qui, au jugement d’un cœur spirituel, puisse équivaloir à une heure de communion avec Dieu.


« Et Moïse dit à Aaron, et à Éléazar et à Ithamar, ses fils qui restaient : Prenez l’offrande de gâteau, ce qui reste des sacrifices de l’Éternel faits par feu, et mangez-la en pains sans levain à côté de l’autel ; car c’est une chose très sainte. Et vous la mangerez dans un lieu saint, parce que c’est là ta part et la part de tes fils dans les sacrifices de l’Éternel faits par feu ; car il m’a été ainsi commandé » (vers. 12, 13).

 

Il y a peu de choses qui nous soient plus difficiles que de nous maintenir à la hauteur divine, quand la faiblesse humaine s’est manifestée. Nous sommes comme David, lorsque l’Éternel fit une brèche en la personne d’Uzza, parce qu’il avait étendu sa main sur l’arche : « Et David eut peur de Dieu en ce jour-là, disant : Comment ferais-je entrer chez moi l’arche de Dieu ? » (1 Chr. 13:12). Il est extrêmement difficile de fléchir devant le jugement, et en même temps de maintenir les principes divins. Le danger est d’abaisser la mesure morale, de descendre de cette haute région jusqu’au terrain humain. Nous devons soigneusement nous garder de ce mal, d’autant plus dangereux qu’il se revêt des formes de la modestie, de la défiance de soi-même et de l’humilité. Malgré tout ce qui était arrivé, Aaron et ses fils devaient manger l’offrande de gâteau dans le lieu saint. Ils devaient la manger, non parce que tout s’était bien passé, mais « parce que c’est là ta part » et qu’il « m’a été ainsi commandé ». Quoiqu’il y eût eu péché, cependant leur place était dans le tabernacle, et ceux qui étaient là avaient certaines choses, à eux assignées d’après l’ordre divin. Lors même que l’homme eût manqué mille et mille fois, la parole de l’Éternel ne pouvait manquer ; et cette parole assurait, à tous les sacrificateurs fidèles, certains privilèges dont ils avaient le droit de jouir. Les sacrificateurs de Dieu ne devaient-ils rien avoir à manger, aucune nourriture sacerdotale, parce qu’une faute avait été commise ? Ceux qui étaient demeurés de reste devaient-ils avoir faim, parce que Nadab et Abihu avaient offert un « feu étranger » ? Non, assurément. Dieu est fidèle, et il ne permettra jamais que l’on reste à vide en sa présence bénie. Le fils prodigue peut s’égarer, errer, dépenser tout son bien et tomber dans l’indigence ; mais il sera toujours vrai que « dans la maison de son père il y a du pain en abondance » (lien).

 

« Et vous mangerez la poitrine tournoyée et l’épaule élevée, dans un lieu pur, toi et tes fils et tes filles avec toi ; car elles vous sont "données "comme ta part et la part de tes fils dans les sacrifices de prospérités des fils d’Israël… par statut "perpétuel, comme l’Éternel l’a commandé" » (vers. 14, 15). Quelle force et quelle stabilité nous avons ici ! Tous les membres de la famille du sacrificateur, les « filles » aussi bien que les « fils » — tous, quelle que soit la mesure de leur énergie ou de leur capacité — doivent se nourrir de « la poitrine » et de « l’épaule », types des affections et de la force du vrai Sacrifice de prospérités, en tant que ressuscité d’entre les morts, et présenté devant Dieu. Ce précieux privilège leur appartient, en tant que leur ayant été « donné, par statut perpétuel, comme l’Éternel l’a commandé ». Cela rend tout « sûr et ferme », quoi qu’il puisse arriver. Les hommes peuvent manquer et pécher ; le feu étranger peut être offert ; mais la famille sacerdotale de Dieu ne doit jamais être privée de la riche et miséricordieuse portion que l’amour divin lui a procurée, et que la fidélité divine lui a garantie « par statut perpétuel ».

 

Cependant nous devons faire une distinction entre les privilèges qui appartenaient à tous les membres de la famille d’Aaron, « filles » aussi bien que « fils », et ceux dont la partie mâle de la famille pouvait seule jouir. Nous avons déjà fait allusion à ce point dans les notes sur les offrandes. Certaines bénédictions sont communes à tous les croyants, simplement comme tels ; et il en est d’autres qui demandent une plus grande mesure de connaissance spirituelle et d’énergie sacerdotale, pour être comprises et goûtées. Or il est tout à fait inutile, il est même coupable de prétendre à la jouissance de cette plus haute mesure, quand, en réalité, nous ne la possédons pas. C’est une chose que de tenir ferme les privilèges qui sont « donnés » de Dieu et qui ne peuvent jamais être ôtés, et autre chose de prétendre à une capacité spirituelle à laquelle nous n’avons jamais atteint. Sans doute, nous devons désirer ardemment la plus haute mesure de communion sacerdotale — l’ordre le plus élevé des privilèges des sacrificateurs ; mais il est bien différent de désirer une chose ou de prétendre l’avoir.

 

Cette pensée jettera de la lumière sur la dernière partie de notre chapitre : « Et Moïse chercha diligemment le bouc du sacrifice pour le péché ; mais voici, il avait été brûlé ; et Moïse se mit en colère contre Éléazar et Ithamar, les fils d’Aaron, qui restaient, et il leur dit : Pourquoi n’avez-vous pas mangé le sacrifice pour le péché dans un lieu saint ? car c’est une chose très sainte ; et Il vous l’a donné pour porter l’iniquité de l’assemblée, pour faire propitiation pour eux devant l’Éternel : voici, son sang n’a pas été porté dans l’intérieur du lieu saint ; vous devez de toute manière le manger dans le lieu saint, comme je l’ai commandé. Et Aaron dit à Moïse : Voici, ils ont présenté aujourd’hui leur sacrifice pour le péché et leur holocauste devant l’Éternel, et ces choses me sont arrivées ; et si j’eusse mangé aujourd’hui le sacrifice pour le péché, cela eût-il été bon aux yeux de l’Éternel ? Et Moïse l’entendit, et cela fut bon à ses yeux ».

 

Les « filles » d’Aaron n’avaient pas la permission de manger du « sacrifice pour le péché ». Ce grand privilège n’appartenait qu’aux « fils », et il était le type de la forme la plus élevée du service sacerdotal. Manger du sacrifice pour le péché était l’expression de la complète identification avec celui qui l’offrait, et cela demandait une mesure de capacité sacerdotale et une énergie qui trouvaient leur type dans « les fils d’Aaron ». Dans cette occasion-ci, cependant, il est évident qu’Aaron et ses fils n’étaient pas en état de s’élever jusqu’à cette sainte hauteur. Ils auraient dû l’être, mais ils ne l’étaient pas. « Ces choses me sont arrivées », dit Aaron. Sans doute, c’était une faute à déplorer, mais pourtant « Moïse l’entendit, et cela fut bon à ses yeux ». Il vaut beaucoup mieux être sincère dans la confession de nos chutes et de nos négligences, que d’avoir des prétentions de force spirituelle qui sont tout à fait sans fondement.

 

Ainsi donc, le dixième chapitre du Lévitique s’ouvre par un péché positif et se termine par une faute d’omission. Nadab et Abihu offrent du « feu étranger » ; et Éléazar et Ithamar sont incapables de manger l’offrande pour le péché. Le péché attire le jugement divin, la faute est traitée avec une indulgence divine. Il ne pouvait y avoir de tolérance pour le « feu étranger ». C’était braver ouvertement le commandement formel de Dieu. Il y a, évidemment, une grande différence entre la transgression délibérée d’un commandement positif, et la simple incapacité de s’élever à la hauteur d’un privilège divin. Le premier cas est un déshonneur ouvertement fait à Dieu ; le second est un tort qu’on se fait en se privant de sa propre bénédiction. Ni l’un, ni l’autre ne devraient avoir lieu, mais la différence entre les deux est facile à saisir.

 

Puisse le Seigneur, dans sa grâce infinie, nous faire toujours habiter dans la retraite cachée de sa sainte présence, demeurant dans son amour, et nous nourrissant de sa vérité. Ainsi nous serons préservés du « feu étranger » et de la « boisson forte » — c’est-à-dire de tout culte faux, et de l’excitation charnelle, sous toutes ses formes. Ainsi aussi, nous serons rendus capables de nous comporter droitement dans tous les détails du ministère sacerdotal, et de jouir de tous les privilèges de notre position de sacrificateurs. La communion du chrétien est comme la sensitive. Elle est aisément affectée par les rudes influences d’un monde méchant (lien). Elle se développera sous l’action bienfaisante de l’atmosphère du ciel, mais devra se fermer résolument au souffle glacial du monde et des sens. Souvenons-nous de ces choses, et tâchons de demeurer toujours dans l’enceinte sacrée de la présence divine. Là, tout est pur, heureux et sûr.

 

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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 16:30

Notes sur le Lévitique – Chapitre 8 et 9

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Livre du Lévitique – chapitres 8 et 9

Notes sur le LévitiqueChapitres 8 et 9

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitres 8 et 9

Ayant considéré la doctrine du sacrifice, telle qu’elle est développée dans les sept premiers chapitres de ce livre, nous arrivons maintenant à la sacrificature. Ces deux sujets sont intimement liés. Le pécheur a besoin d’un « sacrifice »; le croyant a besoin d’un « sacrificateur ». Nous trouvons l’un et l’autre en Christ qui, après s’être offert lui-même à Dieu, sans tache, est entré dans les fonctions de son ministère de sacrificateur, dans le sanctuaire céleste. Nous n’avons besoin d’aucun autre sacrifice, d’aucun autre sacrificateur. Jésus est divinement suffisant. Il communique la dignité et la valeur de sa propre Personne à tous les offices qu’il remplit, à toutes les œuvres qu’il accomplit. Quand nous le voyons comme sacrifice, nous savons que nous avons en lui tout ce qu’un sacrifice pouvait être ; et quand nous le voyons comme sacrificateur, nous savons que toutes les fonctions de la sacrificature sont parfaitement accomplies par lui. Comme sacrifice, il introduit les croyants dans une relation intime avec Dieu ; et comme sacrificateur, il les y maintient, selon la perfection de ce qu’il est. La sacrificature est pour ceux qui ont déjà certains rapports avec Dieu. En tant que pécheurs, par nature et de fait, nous sommes « approchés de Dieu par le sang du Christ » ; nous sommes mis en relation positive avec lui ; nous sommes devant lui comme les fruits de son œuvre. Il a ôté nos péchés d’une manière digne de lui, afin que nous puissions être devant lui, à la louange de son nom, comme monuments de ce qu’il peut accomplir par la puissance de la mort et de la résurrection.

 

Mais, quoique nous soyons si complètement délivrés de tout ce qui pouvait être contre nous ; quoique si parfaitement acceptés dans le Bien-aimé ; quoique si parfaits en Christ ; quoique si souverainement élevés, nous sommes pourtant en nous-mêmes, aussi longtemps que nous vivons ici-bas, de pauvres et faibles créatures, toujours portées à nous égarer, prêtes à tomber, exposées à diverses tentations, épreuves et embûches. Comme tels, nous avons besoin du ministère incessant de notre « Grand Souverain Sacrificateur », dont la présence dans le sanctuaire d’en haut nous maintient dans toute l’intégrité de la place et de la relation où nous sommes, par grâce. « Il est toujours vivant pour intercéder pour nous » (Héb. 7:25). Nous ne pourrions nous tenir un instant debout, ici-bas, s’il n’était pas vivant pour nous, là-haut. « Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez » (Jean 14:19). « Car si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Rom. 5:10). La « mort » et la « vie » sont inséparablement liées dans l’économie de la grâce. Mais, remarquez que la vie vient après la mort. C’est à la vie de Christ ressuscité d’entre les morts, et non à sa vie ici-bas, que l’apôtre fait allusion, dans le passage que nous venons de citer. Cette distinction est éminemment digne de l’attention du lecteur. La vie de notre Seigneur Jésus sur la terre était infiniment précieuse, cela va sans dire, mais il n’entra pas dans la sphère de ses fonctions sacerdotales, avant d’avoir accompli l’œuvre de la rédemption. Et il ne pouvait en être autrement, puisqu’« il est évident que notre Seigneur a surgi de Juda, tribu à l’égard de laquelle Moïse n’a rien dit concernant des sacrificateurs » (Héb. 7:14). « Car tout souverain sacrificateur est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; c’est pourquoi il était nécessaire que celui-ci aussi eût quelque chose à offrir. Si donc il était sur la terre, il ne serait pas sacrificateur, puisqu’il y a ceux qui offrent des dons selon la loi » (Héb. 8:3, 4). « Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle… Car le Christ n’est pas entré dans des lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (Héb. 9:11, 12, 24).

 

C’est le ciel et non la terre, qui est la sphère du ministère sacerdotal de Christ ; et il y entra lorsqu’il se fut offert lui-même, sans tache, à Dieu. Il n’entra jamais dans le temple terrestre, comme sacrificateur. Il monta souvent au temple (*) pour enseigner, mais jamais pour y sacrifier ou y offrir le parfum. Personne ne fut jamais établi de Dieu pour exercer les charges de la sacrificature sur la terre, sauf Aaron et ses fils. « S’il était sur la terre, il ne serait pas sacrificateur ». C’est un point d’un grand intérêt et de beaucoup de valeur, en connexion avec la doctrine de la sacrificature. Le ciel est la sphère, et la rédemption la base, de la sacrificature de Christ. Sauf dans le sens que tous les croyants sont des sacrificateurs (1 Pierre 2:5), il n’y a plus de sacrificateurs ou de prêtres sur la terre. À moins qu’un homme ne puisse prouver qu’il descend d’Aaron, à moins qu’il ne puisse faire remonter sa généalogie jusqu’à cette source antique, il n’a aucun droit d’exercer l’office sacerdotal. La succession apostolique elle-même, pût-on la prouver, n’aurait absolument aucune valeur ici, puisque les apôtres eux-mêmes n’étaient pas des sacrificateurs, si ce n’est dans le sens que nous venons de rappeler. Le membre le plus faible de la maison de la foi est tout aussi bien un sacrificateur que l’apôtre Pierre lui-même. Il est un sacrificateur spirituel ; il adore dans un temple spirituel ; il se tient à un autel spirituel ; il offre un sacrifice spirituel ; il est revêtu de vêtements spirituels. « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom. Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Héb. 13:15, 16).

(*) Le Nouveau Testament distingue très exactement entre le temple proprement dit (naos), la maison même, divisée en lieu saint, où les sacrificateurs entraient tous les jours pour faire le service (Luc 1:9), et lieu très saint, où le seul souverain sacrificateur entrait une fois par an, au jour des "expiations" (Héb. 9:7) — et l’ensemble des cours et des bâtiments consacrés, autour du temple (hiéron — Matt. 21:23, Actes 3:1, 2, 3, etc.). En tenant compte de cette différence, comme toutes les traductions auraient dû le faire, on voit que le Seigneur Jésus n’est, en effet, jamais entré dans la maison même (naos), parce qu’il n’était pas sacrificateur selon la loi (Trad.).

 

Si un descendant direct de la famille d’Aaron se convertissait à Christ, il entrerait dans un genre entièrement nouveau de service sacerdotal. Et remarquez-le bien, les passages que nous venons de citer présentent les deux grandes classes de sacrifices spirituels, que le sacrificateur ou prêtre spirituel a le privilège d’offrir. Il y a le sacrifice de louange à Dieu et le sacrifice de bienfaisance envers les hommes. Un double courant sort continuellement du chrétien qui réalise son caractère et son office de sacrificateur — un courant de louanges reconnaissantes montant vers le trône de Dieu, et un courant d’active bienfaisance descendant vers les malheureux et les pauvres. Le sacrificateur spirituel se tient, une main levée vers Dieu, présentant le parfum de la louange et de la gratitude ; et l’autre, grande ouverte pour soulager, avec une sincère bienveillance, toutes les formes de misères humaines. Si ces choses étaient mieux comprises, quelle sainte élévation et quelle grâce morale ne communiqueraient-elles pas au caractère chrétien ? Élévation, puisque le cœur serait toujours dirigé vers la source divine de tout ce qui peut élever ; grâce morale, puisque le cœur serait toujours ouvert à tout ce qui réclame ses sympathies. Ces deux choses sont inséparables. Le contact immédiat du cœur avec Dieu doit nécessairement l’élever et l’élargir. Mais, au contraire, si l’on marche à distance de Dieu, le cœur se resserrera et languira. Une communion intime avec Dieu — la réalisation habituelle de notre dignité de sacrificateurs, est le seul remède efficace contre les tendances avilissantes et égoïstes de notre vieille nature.

 

Après ces considérations générales sur la sacrificature, envisagée sous ses deux aspects, principal et secondaire, nous en venons à l’examen du contenu des chapitres 8 et 9 du Lévitique. « L’Éternel parla à Moïse, disant : Prends Aaron et ses fils avec lui, et les vêtements, et l’huile de l’onction, et le jeune taureau du sacrifice pour le péché, et les deux béliers, et la corbeille des pains sans levain ; et convoque toute l’assemblée à l’entrée de la tente d’assignation. Et Moïse fit comme l’Éternel lui avait commandé, et l’assemblée fut convoquée à l’entrée de la tente d’assignation ». Une grâce spéciale se dévoile ici. Toute l’assemblée est convoquée à l’entrée de la tente d’assignation, afin que tous puissent avoir le privilège de voir celui à qui allait être confiée la charge de leurs plus importants intérêts. Les chap. 28-29 de l’Exode nous enseignent la même vérité générale à l’égard des vêtements et des sacrifices sacerdotaux ; mais, dans le Lévitique, l’assemblée est introduite, et il lui est permis de suivre des yeux chaque détail du solennel et imposant service de consécration. Le membre, le plus humble de l’assemblée avait, ici, sa place. Chacun, le dernier comme le premier, pouvait contempler la personne du souverain sacrificateur, le sacrifice qu’il offrait et les vêtements qu’il portait. Chacun avait ses besoins particuliers, et le Dieu d’Israël voulait que chacun vît et sût qu’il était amplement pourvu à ses besoins par les divers attributs du souverain sacrificateur qui était devant lui. Les vêtements sacerdotaux étaient l’expression typique de ces attributs. Chaque partie du vêtement était destinée et adaptée à représenter quelque qualification spéciale, propre à intéresser profondément l’assemblée en entier, et chaque membre en particulier. La tunique brodée, la ceinture, la robe, l’éphod, le pectoral, l’urim et le thummim, la tiare, le diadème saint — tout déclarait les diverses vertus, qualifications et fonctions de celui qui devait représenter l’assemblée et en soutenir les intérêts en la présence divine.

 

C’est ainsi qu’avec l’œil de la foi, le croyant peut contempler son grand Souverain Sacrificateur dans les cieux, et voir en lui les réalités divines dont les vêtements d’Aaron n’étaient que les ombres. Le Seigneur Jésus Christ est le Saint, l’Oint, celui qui porte les saints vêtements. Il est tout cela, non en vertu de vêtements extérieurs, qu’on peut mettre ou ôter, mais en vertu des grâces éternelles et divines de sa Personne, de l’immuable efficace de son œuvre et de l’action impérissable de ses offices sacrés. C’est ce qui rend si particulièrement précieuse l’étude des types de l’économie mosaïque. Dans tous, l’œil éclairé par l’Esprit voit Christ. Le sang du sacrifice et le vêtement du souverain sacrificateur le montrent également, et ont été l’un et l’autre destinés de Dieu à le figurer. S’il surgit une question de conscience, le sang du sacrifice y répond selon les justes exigences du sanctuaire. La grâce a satisfait aux demandes de la sainteté. Et, s’il est question des besoins en rapport avec la position du croyant ici-bas, il les voit tous divinement satisfaits dans les vêtements officiels du souverain sacrificateur.

 

Ici, je dirai qu’il y a deux manières de contempler la position du croyant — deux aspects sous lesquels cette position est présentée dans la Parole, et il faut en tenir compte pour pouvoir saisir avec intelligence la vraie notion de la sacrificature. Le croyant est représenté comme faisant partie d’un corps dont Christ est la tête. Ce corps, avec Christ sa tête, est présenté comme formant un seul homme, complet à tous égards. Il a été vivifié avec Christ, ressuscité avec Christ et assis en Christ dans les cieux. Il est un avec lui, complet en lui, accepté en lui ; il possède sa vie, il est dans sa faveur, devant Dieu. Tous les péchés sont effacés. Il n’y a aucune tache. Tout est beau et aimable aux yeux de Dieu (voyez 1 Cor. 12:12, 13 ; Éph. 2:5-10 ; Col. 2:6-15 ; 1 Jean 4:17).

 

Ensuite le croyant est considéré dans sa position de besoin, de faiblesse, de dépendance, ici-bas, dans ce monde. Il est toujours exposé aux tentations, porté à s’égarer, sujet à broncher et à tomber. Aussi a-t-il constamment besoin de la parfaite sympathie et du puissant ministère du Souverain Sacrificateur, qui se tient toujours en la présence de Dieu, dans la pleine valeur de sa personne et de son œuvre, et qui représente le croyant et défend sa cause devant le trône.

 

Il est nécessaire de bien considérer ces deux aspects du croyant, afin de voir non seulement quelle place élevée et privilégiée il occupe avec Christ, en haut, mais aussi quelle ample provision il y a, pour répondre à tous ses besoins et ses infirmités, ici-bas. Cette distinction pourrait encore être formulée de cette manière : Le croyant est représenté comme étant de l’Église et dans le royaume. Dans le premier état, le ciel est sa place, sa demeure, sa portion, le siège de ses affections. Dans le dernier, il est sur la terre, lieu d’épreuve, de responsabilité et de combat. C’est pourquoi la sacrificature est une ressource divine pour ceux qui, quoique étant de l’Église et appartenant au ciel, sont néanmoins dans le royaume et marchent sur la terre. Cette distinction est fort simple, et quand elle est bien comprise elle explique nombre de passages de l’Écriture qui offrent de grandes difficultés à plusieurs (*).

(*) La comparaison de l’épître aux Éphésiens avec la première épître de Pierre donnera au lecteur une instruction précieuse, relativement au double aspect de la position du croyant. La première le montre comme assis dans les cieux ; la seconde comme un pèlerin souffrant sur la terre.

 

En étudiant les chapitres qui sont sous nos yeux, nous remarquons que trois choses y sont surtout mises en relief, savoir : l’autorité de la Parole, la valeur du sang, la puissance de l’Esprit. Ce sont là des sujets importants — d’une importance inexprimable — des sujets dont chacun doit être considéré par tout chrétien, comme incontestablement et foncièrement vital.

 

Et d’abord, quant à l’autorité de la Parole, il est des plus intéressants de voir que, dans la consécration des sacrificateurs, de même que dans toute la série des sacrifices, nous sommes placés immédiatement sous l’autorité de la parole de Dieu. « Et Moïse dit à l’assemblée : C’est ici ce que l’Éternel a commandé de faire » (chap. 8:5). Et encore : « Et Moïse dit : "C’est ici ce que l’Éternel a commandé" ; "faites-le", "et la gloire de l’Éternel vous apparaîtra" » (chap. 9:6). Prêtons une oreille attentive à ces paroles. Pesons-les avec soin et avec prière. Ce sont des paroles d’une valeur inestimable. « C’est ici ce que l’Éternel a commandé ». Il n’est pas dit : « C’est ici ce qu’il est expédient, ou agréable, ou convenable de faire » ; ni : « C’est ici ce qui a été ordonné par la voix de vos pères, par le décret des anciens ou par l’opinion des docteurs ». Moïse ne reconnaissait pas de telles sources d’autorité. Pour lui, il n’y avait qu’une source d’autorité, sainte, élevée, souveraine : c’était la Parole de l’Éternel, et il voulait que chaque membre de l’assemblée fût mis en contact direct avec cette source bénie. Cela donnait de l’assurance au cœur et de la stabilité à toutes les pensées. Il ne restait aucune place pour la tradition à la voix incertaine, ni pour l’homme avec ses doutes et ses discussions. Tout était clair, concluant, péremptoire. L’Éternel avait parlé, et tout ce qu’il y avait à faire, c’était d’écouter ce qu’il avait dit, et d’obéir. Ni la tradition, ni les expédients ne trouvent de place dans le cœur qui a appris à apprécier, à révérer la parole de Dieu et à lui obéir.

 

Et quel devait être le résultat de cette stricte adhésion à la parole de Dieu ? Un résultat vraiment béni : « La gloire de l’Éternel vous apparaîtra ». Si la Parole n’avait pas été écoutée, la gloire ne serait pas apparue. Ces deux choses étaient intimement liées. La plus légère déviation du « ainsi a dit l’Éternel » aurait empêché les rayons de la gloire divine de briller devant l’assemblée d’Israël. Si l’on avait introduit un seul rite ou une seule cérémonie non ordonnés par la Parole, ou si l’on avait omis quoi que ce soit de ce que cette Parole avait commandé, l’Éternel n’aurait pas manifesté sa gloire. Il ne pouvait pas sanctionner, par la gloire de sa présence, la négligence ou le rejet de sa parole. Il peut supporter l’ignorance et la faiblesse, mais il ne peut autoriser la désobéissance.

 

Oh ! si tout cela était plus sérieusement considéré dans ce siècle de traditions et d’expédients ! Je voudrais, en toute affection et dans le vif sentiment de ma responsabilité personnelle envers mon lecteur, l’exhorter à donner la plus sérieuse attention à l’importance d’une stricte, — je dirais presque d’une sévère adhésion, d’une respectueuse soumission à la parole de Dieu. Qu’il éprouve toutes choses par cette règle et qu’il rejette tout ce qui ne s’y rapporte pas ; qu’il pèse tout dans cette balance, et mette de côté ce qui n’est pas de bon poids. Si je pouvais seulement être le moyen d’amener une âme à bien comprendre quelle place appartient à la parole de Dieu, je n’aurais pas écrit mon livre en vain. (lien : L’Église dite Catholique Apostolique et Romaine - Œcuménisme : où est la vraie unité des chrétiens ? - Échanges spirituels entre moines catholiques et moines bouddhistesMariequi est-elle ?)

 

Lecteur, arrêtez-vous ; et, en présence de Celui qui sonde les cœurs, posez-vous à vous-même cette simple question : « Est-ce que je sanctionne par ma présence, ou est-ce que j’adopte dans ma conduite quelque déviation ou quelque négligence de la parole de Dieu ? » Faites de cela une affaire solennelle et personnelle devant le Seigneur. Soyez sûr que c’est de la plus grande importance. Si vous découvrez que vous avez été, de quelque manière, impliqué dans une chose quelconque qui ne porte pas le cachet distinct de la sanction divine, rejetez-la à l’instant et pour toujours. Oui, rejetez-la, quoiqu’elle puisse se présenter revêtue du manteau imposant de l’antiquité, accrédité par la voix de la tradition, et mettant en avant les motifs presque irrésistibles de la convenance. Si vous ne pouvez pas dire de tout ce en quoi vous êtes engagé : « c’est ici ce que l’Éternel a commandé », alors rejetez-le sans hésiter, renoncez-y pour toujours. Rappelez-vous ces paroles : « L’Éternel a commandé de faire comme on a fait aujourd’hui ». Oui, rappelez-vous le « comme » et le « ainsi » ; veillez à ce qu’ils soient liés dans vos voies, dans votre marche et dans vos pensées, et ne les laissez jamais être séparés.

 

« Et Aaron et ses fils firent toutes les choses que l’Éternel avait commandées par Moïse » (chap. 8:36). « Et Moïse et Aaron entrèrent dans la tente d’assignation ; puis ils sortirent et bénirent le peuple : et la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple ; et le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et ils poussèrent des cris de joie, et tombèrent sur leurs faces » (chap. 9:23, 24). Nous avons ici une scène du « huitième jour » — une scène de la gloire de la résurrection. Aaron, ayant offert le sacrifice, élève ses mains pour bénir le peuple ; puis Moïse et Aaron entrent dans le tabernacle et disparaissent, tandis que tout le peuple attend au dehors. Enfin, Moïse et Aaron, représentant Christ dans son double caractère de Sacrificateur et de Roi, sortent et bénissent le peuple ; la gloire apparaît dans toute sa splendeur, le feu consume l’holocauste, et toute l’assemblée adore et se prosterne devant la présence du Seigneur de toute la terre.

 

Tout cela se faisait, à la lettre, lors de la consécration d’Aaron et de ses fils. Et de plus, tout cela était le résultat d’une stricte adhésion à la parole de l’Éternel. Mais, avant de quitter cette partie du sujet, je rappellerai au lecteur que tout le contenu de ces chapitres n’est qu’« une ombre des biens à venir ». Cela, du reste, peut se dire de toute l’économie mosaïque (Héb. 10:1). Aaron et ses fils réunis représentent Christ et sa maison sacerdotale. Aaron seul représente Christ dans ses fonctions de sacrificature et d’intercession. Moïse et Aaron ensemble représentent Christ comme Roi et Sacrificateur. « Le huitième jour » représente le jour glorieux de la résurrection, où le peuple d’Israël verra le Messie assis sur son trône, comme Sacrificateur et Roi ; et où la gloire de l’Éternel remplira toute la terre, comme les eaux couvrent la mer. Ces vérités sublimes sont amplement développées dans l’Écriture ; elles brillent comme des joyaux d’un éclat céleste d’un bout à l’autre des pages inspirées ; mais de peur que quelque lecteur ne les prenne pour une nouveauté suspecte, je le renvoie aux passages suivants, comme à autant de preuves scripturaires : Nomb. 14:21 ; Ésa. 9:6, 7 ; 11 ; 25:6-12 ; 32:1, 2 ; 35 ; 37:31, 32 ; 40:1-5 ; 54 ; 59:16-21 ; 60-66 passim ; Jér. 23:5-8 ; 30:10-24 ; 33:6-22 ; Ézé. 48:35 ; Dan. 7:13, 14 ; Osée 14:4-9 ; Soph. 3:14-20 ; Zac. 3:8-10 ; 6:12, 13 ; 14.

 

Venons-en maintenant au second point de notre sujet, savoir l’efficace du sang. Il est largement développé et occupe une place prééminente. Soit que nous considérions la doctrine du sacrifice ou celle de la sacrificature, nous voyons que l’effusion du sang y a une place importante. « Et il fit approcher le taureau du sacrifice pour le péché, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du taureau du sacrifice pour le péché ; et on l’égorgea, et Moïse prit le sang, et en mit avec son doigt sur les cornes de l’autel, tout autour, et il purifia l’autel ; et il versa le sang au pied de l’autel, et le sanctifia, faisant propitiation pour lui » (chap. 8:14, 15). « Et il fit approcher le bélier de l’holocauste, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du bélier ; et on l’égorgea, et Moïse fit aspersion du sang sur l’autel, tout autour » (vers. 18, 19). « Et il fit approcher le second bélier, le bélier de consécration ; et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du bélier ; et on l’égorgea, et Moïse prit de son sang, et le mit sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron, et sur le pouce de sa main droite, et sur le gros orteil de son pied droit ; et il fit approcher les fils d’Aaron, et Moïse mit du sang sur le lobe de leur oreille droite, et sur le pouce de leur main droite, et sur le gros orteil de leur pied droit ; et Moïse fit aspersion du sang sur l’autel, tout autour » (vers. 22-24).

 

Le sens des divers sacrifices a été, en quelque mesure, développé dans les premiers chapitres de ce volume ; mais les passages que je viens de citer font ressortir la place importante que le sang occupe dans la consécration des sacrificateurs. Il fallait une "oreille "aspergée de sang pour écouter les divines communications, une "main" teinte de sang pour exécuter les services du sanctuaire, et un "pied" taché de sang pour marcher dans les parvis de la maison de l’Éternel. Tout cela est parfait en son genre. L’aspersion du sang était le grand fondement de tout sacrifice pour le péché, et le sang était en connexion avec tous les vaisseaux du sanctuaire et avec toutes les fonctions de la sacrificature. Dans tout l’ensemble du service lévitique, nous remarquons la valeur, l’efficace, la puissance et la large application du sang. « Et presque toutes choses sont purifiées par du sang selon la loi » (Héb. 9:22). Christ est entré, avec son propre sang, dans le ciel même. Il apparaît sur le trône de la majesté dans les cieux, en vertu de tout ce qu’il a accompli sur la croix. Sa présence sur le trône atteste la valeur et l’acceptation de son sang expiatoire. Il est là pour nous. Assurance bénie ! Il est toujours vivant. Il ne change jamais, et nous sommes en lui, et comme il est. Il nous présente au Père, dans sa propre perfection éternelle ; et le Père prend plaisir en nous, présentés de la sorte, tout comme il prend plaisir en Celui qui nous présente. Cette identification est typiquement représentée par « Aaron et ses fils » posant leurs mains sur la tête de chacune des victimes. Ils étaient tous devant Dieu dans la valeur du même sacrifice. Que ce fût « le taureau du sacrifice pour le péché », « le bélier de l’holocauste », ou « le bélier de consécration », ils posaient ensemble les mains sur tous. Il est vrai qu’Aaron seul était oint avant l’aspersion du sang. Il était revêtu des robes de son office et oint de la sainte huile, avant que ses fils le fussent. La raison en est évidente. Aaron, quand il est seul, est le type de Christ dans son excellence incomparable et dans sa dignité propre ; et nous savons que Christ parut dans toute sa valeur personnelle, et fut oint du Saint Esprit, avant l’accomplissement de son œuvre expiatoire. En toutes choses il tient le premier rang (Col. 1). Cependant, plus tard, il y a la plus entière identification entre Aaron et ses fils, comme il y a la plus entière identification entre Christ et son peuple. « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un » (Héb. 2:11). La distinction personnelle rehausse la valeur de l’unité mystique.

 

Cette vérité de la distinction et en même temps de l’unité de la Tête et des membres, nous amène tout naturellement à notre troisième et dernier point, savoir la puissance de l’Esprit. Nous pouvons remarquer tout ce qui se passe entre l’onction d’Aaron et celle de ses fils avec lui. Le sang est répandu, la graisse consumée sur l’autel, et la poitrine tournoyée devant l’Éternel. En d’autres termes, le sacrifice est accompli, la bonne odeur en monte jusqu’à Dieu, et Celui qui l’a offert monte, dans la puissance de la résurrection, et prend sa place en haut. Tout cela se passe entre l’onction de la Tête et l’onction des membres. Lisons et comparons les passages. D’abord, quant à Aaron seul, nous lisons : « Et il mit sur Aaron la tunique, et le ceignit avec la ceinture, et le revêtit de la robe, et mit sur lui l’éphod, et le ceignit avec la ceinture de l’éphod, qu’il lia par elle sur lui ; et il plaça sur lui le pectoral, et mit sur le pectoral les "urim" et les "thummim" et il plaça la tiare sur sa tête, et, sur la tiare, sur le devant, il plaça la lame d’or, le saint diadème, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse. Et Moïse prit l’huile de l’onction, et oignit le tabernacle et toutes les choses qui y étaient, et les sanctifia ; et il en fit aspersion sur l’autel sept fois, et il oignit l’autel, et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement, pour les sanctifier, et il versa de l’huile de l’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit, pour le sanctifier » (chap. 8:7-12).

 

Nous avons ici Aaron seul. L’huile de l’onction est répandue sur sa tête, en même temps que sur tous les vaisseaux du tabernacle. Le peuple tout entier peut voir revêtir le souverain sacrificateur de ses vêtements officiels, de la tiare, puis recevoir l’onction ; et non seulement cela, mais à mesure que chaque partie du vêtement était mise, que chaque acte s’accomplissait, que chaque cérémonie se célébrait, on pouvait voir que tout était directement basé sur l’autorité de la Parole. Il n’y avait rien de vague, rien d’arbitraire, rien qui vînt de l’imagination humaine. Tout était divinement stable. Il était amplement pourvu aux besoins du peuple, et pourvu de telle manière qu’on pouvait dire : « C’est ici ce que l’Éternel a commandé de faire ». (liens : Le croyant et les organisations religieuses NOTRE POSITION SUR LA TERRE - LE CAMP - Ce que les hommes ont fait de l’Église - Témoignage de Dieu - en un temps d'infidélité ou de ruine - ELDAD et MÉDAD prophétisent dans le camp (Nombres 11) – L’affaire du veau d’or (Exode 32 et 33))

 

Or, dans l’onction d’Aaron, seul, préalablement à l’effusion du sang, nous avons donc un type de Christ qui, jusqu’à ce qu’il s’offrît lui-même sur la croix, était entièrement seul. Il ne pouvait y avoir d’union entre lui et son peuple, si ce n’est sur le principe de la mort et de la résurrection. Cette vérité de toute importance a déjà été mentionnée et, en quelque mesure développée, en rapport avec le sujet du sacrifice ; mais elle gagne encore en force et en intérêt quand on la voit si distinctement présentée, en rapport avec la question de la sacrificature. Sans effusion de sang il n’y avait pas de rémission — le sacrifice n’était pas complet. De même aussi, sans effusion de sang, Aaron et ses fils ne pouvaient pas être oints ensemble. Lecteur, remarquez ce fait qui, soyez-en bien sûr, est digne de la plus grande attention. Prenons toujours garde de laisser passer légèrement aucun détail de l’économie lévitique ; chacun d’eux a une voix et un sens spécial, et celui qui a dessiné et développé cet ordre de choses peut expliquer au cœur et à l’intelligence ce que cet ordre veut dire.

 

« Et Moïse prit de l’huile de l’onction et du sang qui était sur l’autel, et il en fit aspersion sur Aaron, sur ses vêtements, et sur ses fils et sur les vêtements de ses fils avec lui : il sanctifia Aaron, ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui » (chap. 8:30). Pourquoi les fils d’Aaron ne sont-ils pas oints avec lui au verset 12 ? Simplement parce que le sang n’avait pas été répandu. Lorsque le sang et l’huile pouvaient être associés, alors Aaron et ses fils pouvaient être oints et sanctifiés ensemble, mais pas avant. « Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (Jean 17:19). Le lecteur qui pourrait passer à la légère sur une circonstance aussi remarquable, ou dire qu’elle n’a aucune signification, doit encore apprendre à apprécier dûment les types de l’Ancien Testament — « les ombres des biens à venir ». Et d’un autre côté, celui qui admet qu’il y a un sens caché sous ces détails, mais qui cependant refuse de chercher à comprendre, fait un grand tort à son âme et ne montre que peu d’intérêt pour les précieux oracles de Dieu.

 

« Et Moïse dit à Aaron et à ses fils : Cuisez la chair à l’entrée de la tente d’assignation, et vous la mangerez là, ainsi que le pain qui est dans la corbeille de consécration, comme j’ai commandé, en disant : Aaron et ses fils les mangeront. Et le reste de la chair et du pain, vous le brûlerez au feu. Et vous ne sortirez pas de l’entrée de la tente d’assignation pendant sept jours, jusqu’au jour de l’accomplissement des jours de votre consécration ; car on mettra sept jours à vous consacrer, L’Éternel a commandé de faire, comme on a fait aujourd’hui, pour faire propitiation pour vous. Et vous demeurerez pendant sept jours à l’entrée de la tente d’assignation, jour et nuit, et vous garderez ce que l’Éternel vous a donné à garder, afin que vous ne mouriez pas ; car il m’a été ainsi commandé » (vers. 31-35). Ces versets offrent un beau type de Christ et de son peuple se nourrissant ensemble des résultats de l’expiation accomplie. Aaron et ses fils, ayant été oints ensemble, en vertu du sang répandu, nous sont présentés ici, enfermés pour « sept jours », dans l’enceinte du tabernacle. Type remarquable de la position actuelle de Christ et de ses membres, pendant toute la durée de cette dispensation, enfermés avec Dieu et attendant la manifestation de la gloire. Position bénie ! Partage béni ! Bienheureuse espérance ! Être associé avec Christ, enfermé avec Dieu, attendre le jour de la gloire et, tout en attendant la gloire, se nourrir des richesses de la grâce divine, dans la puissance de la sainteté, ce sont là des bénédictions des plus précieuses, des privilèges des plus élevés. Oh ! si nous étions capables de les bien saisir, si nous avions des cœurs pour en jouir, et un sentiment plus profond de leur importance ! Puissent nos cœurs être détachés de tout ce qui appartient à ce présent siècle mauvais, pour que nous puissions nous nourrir du contenu de « la corbeille de consécration », qui est notre aliment propre en tant que sacrificateurs dans le sanctuaire de Dieu.

 

« Et il arriva, le "huitième jour", que Moïse appela Aaron et ses fils, et "les anciens d’Israël" ; et il dit à Aaron : Prends un jeune veau pour le sacrifice pour le péché, et un bélier pour l’holocauste, sans défaut, et présente-les devant l’Éternel. Et tu parleras "aux fils d’Israël, "en disant : Prenez un bouc pour le sacrifice pour le péché ; et un veau, et un agneau, âgés d’un an, sans défaut, pour l’holocauste ; et un taureau et un bélier pour le sacrifice de prospérités, pour sacrifier devant l’Éternel, et une offrande de gâteau pétri à l’huile, "car aujourd’hui l’Éternel vous apparaîtra" » (chap. 9:1-4).

 

Les « sept jours », pendant lesquels Aaron et ses fils étaient retirés dans le tabernacle, étant passés, toute l’assemblée est maintenant introduite et la gloire de l’Éternel se manifeste. Cela complète toute la scène. Les ombres des biens à venir passent ici devant nous dans leur ordre divin. « Le huitième jour » est une ombre de ce beau matin millénaire qui poindra sur cette terre, quand le peuple d’Israël verra le vrai sacrificateur sortant du sanctuaire (où il est maintenant, caché aux yeux des hommes), accompagné du corps des sacrificateurs, compagnons de sa retraite, et associés à sa gloire manifestée. En un mot, comme ombre ou type, rien ne pouvait être plus complet. En premier lieu, Aaron et ses fils, lavés avec de l’eau, — types de Christ et de son Église, considérés dans le décret éternel de Dieu, sanctifiés ensemble (chap. 8:6). Puis nous avons le mode et l’ordre dans lequel ce but devait être atteint. Aaron est vêtu et oint, dans l’isolement — type de Christ sanctifié et envoyé dans le monde, et oint du Saint Esprit (vers. 7-12 ; comp. Luc 3:21-22 ; Jean 10:36 ; 12:24). Ensuite nous avons la présentation et l’acceptation du sacrifice, en vertu duquel Aaron et ses fils étaient oints et sanctifiés "ensemble "(vers. 14-29), type de la croix, dans son application à ceux qui constituent maintenant la famille sacerdotale de Christ, qui sont unis à lui, oints avec lui, cachés avec lui, et attendant avec lui « le huitième jour », où il sera manifesté avec eux dans tout l’éclat de cette gloire qui lui appartient selon le conseil éternel de Dieu (Jean 14:19 ; Actes 2:33 ; 19:1-7 ; Col. 3:1-4). Enfin, nous avons Israël amené à la pleine jouissance des résultats de l’expiation accomplie. Ils sont assemblés devant l’Éternel : « Aaron éleva ses mains vers le peuple, et les bénit ; et il descendit après avoir offert le sacrifice pour le péché, et l’holocauste, et le sacrifice de prospérités » (chap. 9:1-22).

Maintenant que reste-t-il à faire ? c’est ce que nous pouvons à bon droit demander. Uniquement ceci, c’est que la pierre la plus haute soit posée avec des cris de victoire et des hymnes de louange. « Et Moïse et Aaron entrèrent dans la tente d’assignation ; puis ils sortirent et bénirent le peuple : et "la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple" ; et le feu sortit, de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et "ils poussèrent des cris de joie, et tombèrent sur leurs faces" » (vers. 23-24). C’était le cri de la victoire — l’adoration. Tout était accompli.

 

Le sacrifice — le sacrificateur avec ses robes et sa tiare — la famille sacerdotale associée à son chef — la bénédiction pontificale — l’apparition du Roi et Sacrificateur — en un mot, rien ne manquait ; c’est pourquoi la gloire divine se manifeste et tout le peuple se prosterne en adorant. C’est, en somme, une scène vraiment magnifique — une ombre merveilleusement belle des biens à venir. Et n’oublions pas que tout ce qui est ici représenté par des types, sera avant qu’il soit longtemps pleinement réalisé. Notre grand Souverain Sacrificateur est entré dans les cieux, dans la pleine vertu et la puissance d’une expiation accomplie. Il s’y tient caché, maintenant, et avec lui aussi, en principe, tous les membres de la famille sacerdotale ; mais, quand « les sept jours » seront écoulés, et que « le huitième jour » jettera ses rayons sur la terre, alors le résidu d’Israël — peuple repentant et attendant — saluera, avec un cri de victoire, la présence visible du Royal Sacrificateur ; et dans une intime union avec lui on verra une multitude d’adorateurs, occupant la position la plus élevée. Voilà quelles sont « les bonnes choses à venir » ; choses, assurément, qu’il vaut bien la peine d’attendre — choses dignes de Dieu qui les donne — choses par lesquelles il sera éternellement glorifié, et son peuple éternellement béni.

 

Lectures et méditations proposées :

Ce que Jésus a porté (J. A. Monard)

Christ a-t-il porté le péché du monde ? (Christian Briem)

Sur l’abolition du péché (J. N. Darby)

RACHETÉ POUR L’ÉTERNITÉ : Le croyant peut-il perdre le salut ? (Jacob G. Fijnvandraat)

À CELUI QUI VAINCRA… (Paul Fuzier)

L’ère chrétienne — Quelques caractéristiques (Michael Hardt)

Le Résidu

Les caractères d’un résidu, et comment Dieu s’en occupe (Pierre Combe)

Le Résidu juif (Christian Rosenthal)

Résidu Juif et Espérance chrétienne (Michael Hardt)

L’ENLÈVEMENT des SAINTS et le RÉSIDU JUIF (J.N.Darby)

Le Résidu juif dans la grande tribulation - Matthieu 24:15-28 (Arend Remmers)

Introduction à l’Étude de la Prophétie (Marc Tapernoux)

L’état d’Israël aujourd'hui et la Bible (Atwood Simon)

LE DERNIER MESSAGE -ou La PAROLE de L’ÉTERNEL DONNÉE par MALACHIE (H. Smith)

 

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5 décembre 2022 1 05 /12 /décembre /2022 19:07

Notes sur le Lévitique – Chapitre 6 et 7

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Livre du Lévitique – chapitres 6 et 7

Notes sur le LévitiqueChapitres 6 et 7

Troisième livre de Moïse

par Charles Henry Mackintosh

 

Chapitres 6 et 7

Les chapitres 6 et 7 renferment la loi des diverses offrandes dont nous nous sommes déjà occupés. La loi du sacrifice pour le péché et pour le délit présente, cependant, quelques points qui méritent d’attirer notre attention, avant que nous laissions cette importante section de notre livre.

La sainteté personnelle de Christ n’est présentée dans aucune des offrandes d’une manière plus frappante que dans le sacrifice pour le péché. « Parle à Aaron et à ses fils, en disant : C’est ici la loi du sacrifice pour le péché : au lieu où l’holocauste sera égorgé, le sacrifice pour le péché sera égorgé devant l’Éternel : "c’est une chose très sainte… "Quiconque en touchera la chair "sera saint… "Tout mâle d’entre les sacrificateurs en mangera : c’est une chose "très sainte" » (chap. 6 : 18-23). De même, en parlant de l’offrande de gâteau : « C’est une chose très sainte, comme "le sacrifice pour le péché "et comme le sacrifice pour le délit ». C’est des plus remarquables. Le Saint Esprit n’avait pas besoin, dans l’holocauste, de mettre une telle jalousie à sauvegarder la sainteté de Christ, mais de peur que l’âme ne perdît de vue cette sainteté en contemplant la place que le Seigneur a prise dans le sacrifice pour le péché, les mots, maintes fois répétés : « C’est une chose très sainte », sont là pour nous la rappeler. Il est vraiment édifiant et rafraîchissant de voir la sainteté divine et essentielle de la Personne du Christ briller avec éclat au milieu des profondes et horribles ténèbres du Calvaire. La même idée se remarque dans « la loi du sacrifice pour le délit » (chap. 7 : 1, 6). Le Seigneur Jésus ne fut jamais plus visiblement présenté comme « le saint de Dieu », que lorsqu’il fut « fait péché » sur le bois maudit. L’odieux et la noirceur de ce avec quoi il était identifié sur la croix, ne servait qu’à faire ressortir plus clairement qu’il était « très saint ». Quoique portant le péché, il était sans péché. Quoique endurant la colère de Dieu, il était les délices du Père. Quoique privé de la clarté de Dieu, il habitait dans le sein du Père. Précieux mystère ! Qui en sondera les immenses profondeurs ? Et que c’est merveilleux de le trouver si exactement figuré dans « la loi du sacrifice pour le péché » !

En outre, mes lecteurs doivent chercher à comprendre le sens de l’expression : « Tout "mâle" d’entre les sacrificateurs en mangera ». L’acte cérémoniel de manger la victime pour le péché, ou la victime pour le délit, était l’expression d’une entière identification. Mais, pour manger la victime pour le péché, pour faire des péchés d’un autre les siens propres, il fallait un haut degré d’énergie sacerdotale, comme l’expriment les mots : « Tout "mâle" d’entre les sacrificateurs ». « L’Éternel parla à Aaron : Et moi, voici, je t’ai donné la charge de mes offrandes élevées, de toutes les choses saintes des fils d’Israël ; je te les ai données, à cause de l’onction, et à tes "fils," par statut perpétuel. Ceci sera à toi des choses très saintes, qui n’ont pas été consumées : toutes leurs offrandes, savoir toutes leurs offrandes de gâteau et tous leurs sacrifices pour le péché, et tous leurs sacrifices pour le délit qu’ils m’apporteront ; ce sont des choses très saintes pour toi et pour "tes fils." Tu les mangeras comme des choses très saintes, "tout mâle" en mangera : ce sera pour toi une chose sainte. Et ceci sera à toi : les offrandes élevées de leurs dons, avec toutes les offrandes tournoyées des fils d’Israël ; je te les ai données, et à tes fils et à "tes filles" avec toi, par statut perpétuel ;" quiconque sera pur "dans ta maison en mangera » (Nomb. 18:8-11).

Il fallait une plus abondante mesure d’énergie sacerdotale pour manger de la victime pour le péché ou pour le délit, que pour avoir part aux offrandes élevées et tournoyées, en don. Les « filles » d’Aaron pouvaient manger de ces dernières. Les « fils » seuls pouvaient manger des autres. En général, le mot « mâle » exprime quelque chose en rapport avec l’idée divine ; le mot « femme », avec le développement humain. Le premier présente la chose dans toute sa force ; le second, dans son imperfection. Combien peu d’entre nous ont une énergie sacerdotale suffisante à les rendre capables de s’approprier les péchés et les délits d’un autre ! Le Seigneur Jésus l’a fait parfaitement. Il s’appropria les péchés de son peuple et en porta la peine sur la croix. Il s’est si complètement identifié avec nous que nous savons, d’une pleine et heureuse certitude, que toute la question du péché et du délit a été divinement résolue. Si l’identification de Christ a été parfaite, alors la solution a été parfaite aussi ; et, qu’elle ait été parfaite, la scène du Calvaire le proclame. Tout est accompli. Le péché, les délits, les exigences de Dieu, les exigences de l’homme, tout a été éternellement réglé ; et maintenant une paix parfaite est le partage de tous ceux qui, par grâce, reçoivent comme véritable le témoignage de Dieu. Il est aussi simple que Dieu pouvait le faire, et l’âme qui le croit est rendue heureuse. La paix et le bonheur du croyant dépendent entièrement de la perfection du sacrifice de Christ. Il n’est pas question ici de la manière dont il le reçoit, de ce qu’il en pense ou de ce qu’il sent à cet égard. Il s’agit simplement qu’il reçoive, par la foi, le témoignage de Dieu, rendu à la valeur du sacrifice. Béni soit le Seigneur pour son chemin de la paix, si simple et si parfait. Puissent beaucoup d’âmes troublées être amenées à le comprendre, par le Saint Esprit !

Nous terminerons ici nos méditations sur l’une des plus riches portions des Écritures. Nous n’avons pu y glaner que quelques épis. C’est à peine si nous avons pénétré sous la surface d’une mine inépuisable. Si, cependant, le lecteur a été conduit, pour la première fois, à considérer les offrandes comme autant de représentations diverses du grand Sacrifice, et s’il est amené à se jeter aux pieds du grand Docteur, pour apprendre à connaître mieux ces profondeurs vivifiantes, un but aura été atteint, pour lequel nous devrons être vivement reconnaissants.

 

Lectures et méditations proposées :

COMMENT AVOIR LA PAIX AVEC DIEU ? (H.L. Heijkoop)

COMMENT ON TROUVE LA PAIX AVEC DIEU (J. N. Darby)

Misérable homme que je suis ! Romains 7 (Arend Remmers)

 

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Jésus : le salut pour mon âme

 

9 Moi (Jésus), je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture.

La Bible – Évangile selon Jean 10 : 9

 

 

6 Jésus lui dit : Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi.

La Bible – Évangile selon Jean 14 : 6

 

 

13 Entrez par la porte étroite ; car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle ;

14 car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent.

La Bible – Évangile selon Matthieu 7 : 13 et 14

 

 

37 Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive.

La Bible – Évangile selon Jean 7 : 37

 

 

12 et il n’y a de salut en aucun autre ; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés.

La Bible – Actes 4 : 12

 

 

Recherche

La Bible – Ecclésiaste 11 : 9

 

Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et que ton cœur te rende heureux aux jours de ton adolescence, et marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux ; mais sache que, pour toutes ces choses, Dieu t’amènera en jugement.

 

La Bible – Ecclésiaste 11 : 9

 

Souviens-toi de ton Créateur

 

1 Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends point de plaisir ;

2 avant que s’obscurcissent le soleil, et la lumière, et la lune, et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie ;

3 au jour où tremblent les gardiens de la maison, et où se courbent les hommes forts, et où chôment celles qui moulent, parce qu’elles sont en petit nombre, et où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,

4 et où les deux battants de la porte se ferment sur la rue ; quand baisse le bruit de la meule, et qu’on se lève à la voix de l’oiseau, et que toutes les filles du chant faiblissent ;

5 quand aussi on craint ce qui est haut, et qu’on a peur sur le chemin, et quand l’amandier fleurit*, et que la sauterelle devient pesante, et que la câpre est sans effet** ; (car l’homme s’en va dans sa demeure des siècles, et ceux qui mènent deuil parcourent les rues ;)

6 — avant que le câble d’argent se détache, que le vase d’or se rompe, que le seau se brise à la source, et que la roue se casse à la citerne ;

7 et que la poussière retourne à la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné.

— v. 5* : ou : l’amande est méprisée. — v. 5** : ou : le désir est anéanti.

 

La Bible – Ecclésiaste 12 : 1 à 7

 

 

Repentez-vous et croyez à l’évangile

 

6 Voici, tu (Dieu) veux la vérité dans l’homme intérieur, et tu me feras comprendre la sagesse dans le secret de mon cœur.

La Bible – Psaume 51 : 6

 

 

30 Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ;

31 parce qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné [à cela], de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts.

La Bible – Actes 17 : 30 et 31

 

 

15 Le temps est accompli, et le royaume de Dieu s’est approché : repentez-vous et croyez à l’évangile.

La Bible – Évangile selon Marc 1 : 15

 

 

Choisis la vie, afin que tu vives

 

 

J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives.

La Bible – Deutéronome 30 : 19



3 Jésus répondit et lui dit : En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.

4 Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?

5 Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

6 Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit.

La Bible – Évangile selon Jean 3 : 3 à 6



14 Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé,

15 afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.

16 Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.

17 Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui.

18 Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

19 Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ;

20 car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises ;

21 mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu.

La Bible – Évangile selon Jean 3 : 14 à 21



35 Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains.

36 Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

La Bible – Évangile selon Jean 3 : 35 - 36



40 Car c’est ici la volonté de mon Père : que quiconque discerne le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

La Bible – Évangile selon Jean 6 : 40



10 Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et détruire : moi (Jésus), je suis venu afin qu’elles (les brebis = les hommes) aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance.

11 Moi, je suis le bon berger : le bon berger met sa vie pour les brebis

La Bible – Évangile selon Jean 10 : 10 - 11



Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur.

La Bible – Apocalypse 14 : 13